Si tu penses Bien (2026) de Géraldine Nakache

par Selenie  -  17 Septembre 2026, 08:11  -  #Critiques de films

Nouveau long métrage en tant que réalisatrice pour Géraldine Nakache après "Tout ce qui Brille" (2010), "Nous York" (2012) et "J'irai où tu Iras" (2019). Cette fois la cinéaste vire vers un genre plus dramatique avec un sujet toujours aussi épineux qu'actuel, les violences conjugales : "J'ai souhaité mettre en lumière la violence sourde, cachée et tue au sein du couple, qui se manifeste dans la sphère intime, au quotidien. Cette violence qui opère de manière insidieuse dans l'ombre des espaces domestiques, constitue un angle mort, un fait de société bien réel, mais peu représenté." Si elle a raison à l'évidence on mettra un bémol sur le dernier point car le sujet n'est certainement pas "peu représenté", sans aucun doute au 20ème siècle mais depuis le sujet inspire avec entre autre "Ne Dis Rien" (2004) de Iciar Bollain, "Darling" (2007) de Christine Carrière, "Tyrannosaur" (2011) de Paddy Considine, "Jusqu'à la Garde" (2018) de Xavier Legrand, "L'Amour et les Forêts" (2023) de Valérie Donzelli, "Il reste encore Demain" (2024) de Paolla Cortellesi ou "Christy" (2026) de David Michôd... Liste non exhaustive... Réalisatrice-scénariste Géraldine Nakache co-écrit son scénario avec David Lambert lui-même réalisateur-scénariste de "Hors les Murs" (2012), "Je suis à Toi" (2014) ou "Les Tortues" (2023)... 

Lorsque Gil rencontre Jacques, leur amour est évident. Mais l'intensité des débuts laisse place à une relation où elle se sent de plus en plus enfermée et cela va aller de mal en pis surtout après son accouchement... Gil est incarnée par Monia Chokri vue récemment dans "Simple comme Sylvain" (2023) d'elle-même, "Des preuves d'Amour" (2025) de Alice Douard ou "Les Enfants vont Bien" (2025) de Nathan Ambrosioni, et retrouve après "Les Amours Imaginaires" (2010) de Xavier Dolan et "La Femme de mon Frère" (2019) d'elle-même son partenaire Niels Schneider vu dernièrement dans "La Bataille de Gaulle" (2026) de Antonin Baudry ou "L'Inconnue" (2026) de Arthur Harari. Citons ensuite Clémentine Célarié vue dans "Finalement" (2024) de Claude Lelouch ou "Connemara" (2025) de Alex Lutz, Christian Benedetti vu dans "Les Promesses" (2022) de Thomas Kruithof ou "Novembre" (2022) de Cédric Jimenez, Mina Kavani apparue dans "Enquête surun Scandale d'Etat" (2021) de Thierry De Peretti ou "Lire Lolita à Téhéran" (2024) de Eran Riklis, Oussama Kheddam aperçu dans "La Petite Graine" (2025) de Mathias et Colas Rifkiss ou "L'Objet du Délit" (2026) de et avec Agnès Jaoui, Daniel Cohen vu dernièrement dans son propre films "Le Bonheur des Uns..." (2020) et "L'Affaire Annette Zelman" (2022) de Philippe Le Guay, Salomé Dewaels vue dans "Illusions Perdues" (2021) de Xavier Giannoli ou "L'Île de la Demoiselle" (2025) de Micha Wald, puis enfin Laurent Capelluto vu dans "L'Intérêt d'Adam" (2025) de Laura Wandel ou "La Vie d'une Femme" (2026) de Charline Bourgeois-Tacquet... Premier constat vis à vis des deux acteurs principaux, Monia Chikri et Niels Schneider étaient déjà ensemble dans "Les Amours Imaginaires" (2010) ce qui fait dire à la réalisatrice : "Etrangement, je n'ai pas pensé tout de suite au film de Xavier Dolan. Au moment où Niels a passé la porte du café où nous avions rendez-vous, j'ai revu leur couple des Amours Imaginaires se reformer, comme si enfin Marie avait réussi à séduire Nicolas." Là s'arrête la comparaison... Ce nouveau couple est formé de deux êtres dont on se dit que dès le départ leur rencontre n'est pas évident ou, du moins n'est pas si naturel que ça... ATTENTION SPOILERS !... ils se rencontrent alors qu'ils sont tous les deux en grande détresse émotionnelle,dont le deuil. Deux êtres dont la période de vie difficile a facilité le rapprochement... FIN SPOILERS !... 

Sur le fond, le film est en filiation directe avec "L'Amour et les Forêts" (2023), avec un sujet direct et principal commun celui d'un époux pervers narcissique, terme et sujet de société particulièrement  la mode depuis quelques années. Le scénario égrène toutes caractéristiques et le processus d'un tel individu, tout ce qu'on connaît tant on en parle, et montrer et décrypter ici tel une fiche wikipedia. C'est à la fois nécessaire et trop didactique, comme si la réalisatrice-scénariste avait chercher à cocher toutes les cases du parfait pervers narcissique. La cinéaste d'ailleurs explique : "Il 'm'importait de montrer, alors que les faits sont sous nos yeux depuis le premier joue, qu'on peut ne pas les voir. Ce système est fait de répétitions et se referme sur la victime petit à petit." Sur ce point précis, ce processus est montrer de façon plus subtil avec un époux plus pernicieux et plus nuancé. Le choix de la construction narrative est un premier bon choix, surtout parce qu'il déconstruit le côté linéaire du processus. L'autre point essentiel (comparé au film de Donzelli) est la question de la religion, et si ici le couple est juif il est évident que ça renvoie à (presque) toutes les religions, et comment le père profite d'une foi qui reste très patriarcale pour imposer ses règles. Un drame conjugal qui se déroule sur six ans, six années de calvaires pour un film très bien construit, très bien pensé, mais qui manque un peu de chair et d'âme souffrant de la comparaison mais un film qui reste à conseiller.

 

Note :                 

14/20
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :