Christy (2026) de David Michôd

par Selenie  -  4 Mars 2026, 15:26  -  #Critiques de films

Quand la plateforme Netflix diffuse "Untold : Pacte avec le Diable" (2021) un documentaire sur le destin de Christy Martin (Tout savoir ICI !), considérée comme la première grande boxeuse une petite graine est semée car sa vie mérite en effet un détour. Très vite donc un biopic est lancé d'après un projet de Katherine Fugateproductrice-scénariste de la série TV "American Wives" (2007-2013) et accessoirement scénariste des soupes niaises "Valentine's Day" (2010) et "Happy New Year" (2011) tous deux de Garry Marshall, puis aux commandes l'australien David Michôd, réalisateur solide des excellents "Animal Kingdom" (2010), "The Rover" (2014), "War Machine" (2017) et "Le Roi" (2019). Le réalisateur-scénariste co-écrit le scénario avec Mirrah Foulkes réalisatrice notamment de "Judy and Punch" (2019) et également actrice vue dans justement "Animal Kingom" (2010) et aussi dans "Sleeping Beauty" (2011) de Julia Leigh. Le film prend une autre dimension quand le rôle principal est assumé par une des nouvelles stars de Hollywood qui est aussi productrice du film. Notons que si il existe plusieurs films sur des boxeuses comme "Girlfight" (2000) de Karyn Kusama ou, bien que ne ce soit pas le sujet réel, "Million Dollar Baby" (2004) de Clint Eastwood... 

Adolescente très sportive, Christy a joué au baseball et désormais au basket. Elle se sait lesbienne mais pour l'instant pas question d'assumer devant ses parents. Sans vraiment prendre ça au sérieux, elle accepte quelques combats de boxe en amateur mais elle est remarquée et on lui propose alors de devenir professionnelle. Alors âgée de 21 ans elle est présentée à James Martin un entraîneur expérimenté de 25 ans son aîné. Les débuts son prometteurs, et si l'entente n'est pas au mieux au début elle finit par avoir une liaison avec son entraîneur avec qui elle se marie. Le succès est au rendez-vous surtout quand elle signe un contrat avec le nabab de la boxe Don King. Mais très vite elle va s'apercevoir que devenir la première star féminine de la boxe ne la protège pas d'un époux toxique...  La boxeuse Christy Satters épouse Martin est donc incarnée par Sydney Sweeney vue dans "Echo Valley" (2025) de Michael Pearce, "Eden" (2025) de Ron Howard et "La Femme de Ménage" (2025) de Paul Feig. Son entrâneur et mari est joué par Ben Foster qu'on n'avait plus vu depuis "Emancipation" (2023) de Antoine Fuqua et "Finestkind" (2023) de Brian Helgeland et retrouve après "The Messenger" (2009) de Oren Moverman sa partenaire jouant la mère de la boxeuse Merritt Wever apparue dans "Marriage Story" (2019) de Noah Baumbach ou "Memory" (2023) de Michel Franco tandis que le père est joué par Ethan Embry aperçu dans "Blingspotting" (2018) de Carlos Lopez Estrada ou "First Man : le Premier Homme sur la Lune" (2018) de Damien Chazelle. Citons ensuite Chad L. Coleman alias Don King apparu dans "The Green Hornet" (2011) de Michel Gondry ou "Comment tuer son Boss ?" (2011) de Seth Gordon mais surtout vu à la télévision dont les séries TV "The Walking Dead" (2012-2015) ou "The Expanse" (2015-2021), puis Tony Cavalero vu dans la série TV "The Righteouse Gemstones" (2019-...)... Le film est un vrai biopic, d'abord parce qu'il reprend la grande partie du destin de Christy Satters devenue ensuite Martin soit en gros entre 1990 et 2011, qu'a priori tout ce qui est dit ou raconté dans le film est véridique ou très vraisemblable, et que le film a reçu l'aide et le soutien de la première intéressée, puis disons-le le réalisateur est resté sur un style classique et linéaire. On notera quelques incohérences dans les dates (premier contrat avec Don King en 1993 et non pas en 1995, mariage idem...) et quelques événements étonnamment occultés comme le combat considéré comme celui qui a donné en 1996 à la boxe féminine toute sa crédibilité en préambule à un combat de Mike Tyson.

Le plus décevant reste donc peut-être cette mise en scène, trop académique et monocorde alors qu'on aurait pu envisager autre chose avec ce réalisateur qui nous a montré plus créatif avec ses précédents films. La première chose qui frappe c'est encore la capacité de l'actrice Sydney Sweeney à s'effacer derrière son personnage, son physique de pin'up est toujours une appréhension mais elle prouve encore qu'elle reste une actrice investie et inspirée n'hésitant pas à s'enlaidir. Par contre, si elle est parfaite dans les parties hors du ring il faut bien avouer qu'elle est beaucoup moins crédible dans le combat de boxe malgré ses efforts certes évidents moins loin d'être suffisants ; s'entraîner juste assez n'est pas suffisants pour un tel sport il suffit de comparer avec ses prédécesseures. Le scénario est linaire, parfaitement limpide, révélation, ascension, apogée, chute et en arrière-plan sa bisexualité avec lutte intra-familiale, et surtout sa relation aussi ambigüe que malsaine avec son entraîneur époux qu'on qualifierait aujourd'hui de gros pervers narcissique qui va aller jusqu'au drame de faits divers. La destin de Christy méritait clairement un film, tout y est avec une actrice qui se donne à fond devant la caméra (derrière un peu plus d'entraînement aurait été un plus), sans oublier un Ben Foster méconnaissable qui s'offre le physique de sa perversité. A défaut de convaincre sur tous les plans le film reste intéressant et efficace à conseiller.

 

Note :                 

14/20
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