Le Monde Perdu : Jurassic Park (1997) de Steven Spielberg
On continue la série des Jurassic Park avec ce deuxième volet, sorti en 1997. Cette fois, il n'est plus question d'une visite dans un parc d'attractions, mais d'une mission scientifique destinée à démontrer que les dinosaures sont avant tout des animaux qui ont le droit de vivre dans leur environnement naturel.
On retrouve le mathématicien spécialiste de la théorie du chaos Ian Malcolm, incarné par Jeff Goldblum, de retour, bien malgré lui, sur une île peuplée de dinosaures en liberté. L'étude scientifique qu'il doit mener va rapidement se transformer en une traque mortelle où chacun devra lutter pour survivre.
On remarque tout de suite les changements scénaristiques qui s'imposent dès les premières minutes : un avant-propos très court, un rythme effréné, mais surtout l'opposition de deux visions. D'un côté, ceux qui veulent protéger les dinosaures et prouver qu'ils peuvent vivre librement sur leur île. De l'autre, des hommes assoiffés de pouvoir et de profits, prêts à exploiter ces animaux coûte que coûte. Finalement, cette opposition constitue le véritable cœur du film : les dinosaures deviennent davantage un enjeu entre les deux camps que les véritables protagonistes de l'histoire.
D'un point de vue scénaristique, impossible de ne pas évoquer les nombreuses références à King Kong. Mais là où l'arrivée du singe en ville apportait une véritable dimension tragique au film, cette transposition ressemble surtout à une course-poursuite supplémentaire destinée à maintenir le rythme. Ce passage paraît finalement assez artificiel : on reprend une idée qui avait fonctionné ailleurs en espérant reproduire la même émotion... sans jamais y parvenir.
Autre bémol, et pas des moindres : les dialogues. On s'enfonce dans des banalités sans grand intérêt et Ian Malcolm, qui brillait dans le premier film par sa répartie, son cynisme et son mordant, semble ici avoir perdu tout ce qui faisait le charme de son personnage. C'est d'autant plus dommage que Jeff Goldblum reste toujours aussi convaincant dans le rôle.
Alors bien sûr, on ne cherche pas le réalisme dans un tel film. Si l'on pardonnait déjà beaucoup d'approximations scientifiques au premier opus, il en va de même ici. Mais cette fois, certaines scènes vont vraiment trop loin. Une fillette capable de tenir tête à un vélociraptor agile et rapide ? Il y a des limites que le film franchit sans hésiter, au risque de faire sortir le spectateur de l'histoire.
Finalement, le film fonctionne toujours, mais il se montre nettement moins efficace que son prédécesseur. Car lorsqu'on veut faire du spectaculaire, encore faut-il pouvoir s'appuyer sur un scénario solide et des personnages bien construits. Ici, ce qui nous fait tenir jusqu'au bout, c'est avant tout le plaisir de retrouver les dinosaures. Et, à lui seul, cela ne suffit pas à faire oublier les faiblesses du reste.
Note :
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