L'Inconnue (2026) de Arthur Harari
Troisième long métrage de Arthur Harari après "Diamant Noir" (2015) et surtout "Onoda, 10000 Nuits dans la Jungle" (2021), avec entre temps, n'oublions pas, son travaille de scénariste pour et avec sa conjointe Justine Triet sur ses films "Sibyl" (2019) et "Anatomie d'une Chute" (2023). Réalisateur-scénariste, Arthut Harari adapte lui-même sa propre bande-dessinée "Le Cas David Simmerman" (2024) co-écrite avec son frère Lucas Harari qui co-signe logiquement le scénario avec son frère. Le cinéaste précis qu'il s'agit d'un "film fantastique mêlant chronique urbaine réaliste, de l'enquête, u mélodrame et de la rêverie". Le film est interdit au moins de 12 ans à sa sa sortie en salles... A bientôt 40 ans, David Zimmerman est photographe mais personne nele sait. Alors qu'il ne sort presque jamais de chez lui, des amis le traînent dans une fête insensée. Il y repère une femme dans la foule, ne pouvant la quitter des yeux il la suit. Quelques heures plus tard, David se réveille dans le corps de l'inconnue...
Le photographe est jouée par Niels Schneider qui retrouve son cinéaste justement après "Diamant Noir" (2015) et "Sibyl" (2019), puis vu plus récemment dans "Les Tourmentés" (2025) de Lucas Belvaux et "La Bataille de Gaulle" (2026) de Antonin Baudry, tandis que l'inconnue est incarnée par Léa Seydoux vue dans "La Bête" (2023) de Bertrand Bonnello, "Dune, Deuxième Partie" (2024) de Denis Villeneuve, "Le Deuxième Acte" (2024) de Quentin Dupieux et "Silent Friend" (2025) de Ildiko Enyedi. Citons ensuite Valérie Dréville apparue dans "Saint Omer" (2022) de Alice Diop et "Ulysse" (2026) de Laetitia Masson, Shanti Masud aperçue subrepticement dans "Petite Solange" (2021) de Axelle Ropert, Lilith Grasmug remarquée dans "Oranges Sanguines" (2021) de Jean-Christophe Meurisse, "Les Passagers de la Nuit" (2022) de Mikhaël Hers ou "Foudre" (2022) de Carmen Jaquier, Victoire Du Bois vue dans "Novembre" (2022) de Cédric Jimenez, "Les Survivants" (2022) de Guillaume Renusson ou "A son Image" (2024) de Thierry De Peretti, Radu Jude surtout connu comme étant lui-même réalisateur-scénariste entre autre de "Papa vient Dimanche" (2012), "Aferim !" (2015) ou "Kontinental 25" (2025°, puis enfin Anne Rotger aperçue dans "Une Jeune Fille qui va bien" (2021) de Sandrine Kiberlain, "La Grande Magie" (2022) de et avec Noémie Lovsky et "Anatomie d'une Chute" (2023) de Justine Triet... Après un générique aussi épuré que possible les premières minutes accumulent des séquences qui promettent du fond et de l'à-propos, entre le jeu des photographies entre passé et présent, un photographe si secret qu'on se demande comment il vit, et une pinata politiquement si marquante qu'elle ne peut être gratuite. Arthur Harari nous plonge ainsi dans un univers très actuel, dans un style très réaliste mais nous laisse d'emblée perplexe avec un processus de "changement de corps" plutôt nébuleux... ATTENTION SPOILERS !... David/Schneider avale une pilule, forcément pas anodin surtout que la caméra insiste dessus, puis il y a une scène de sexe qui appuie le "transfert" et filmé tel que ça ne peut être anodin également. Alors le processus est-il dû à la pilule et/ou au sexe ?! On peut aussi s'interroger sur le désir ou l'attirance, un regard et hop quick sex ?!Est-ce dû à une entité, à une drogue ou autre chose ?!... FIN SPOILERS !...
/image%2F0935117%2F20260830%2Fob_79b299_linconnue-lea-seydoux-niels-schneider.jpg)
Forcément, tant d'interrogations et de passages si présents à l'écran poussent à des attentes et/ou à des réponses. On comprend que David-Eva/Seydoux scrute son corps nu (qui ne le ferait pas ?!) après un choc émotionnel tout aussi logique et normal, et son enquête est tout aussi compréhensible avec toutes les interactions forcément attendues avec les autres, proches ou non. C'est prenant, mais aussi parfois assez malsain, ou plutôt instaure un malaise naturel quant à la relation corps et âme entre les corps mâle et féminin. Mais si l'intrigue impose un réel suspense, avec des hypothèses qui se multiplie, ou qu'on survole avec la réincarnation, la simple prise de drogue, la crise d'identité, la shyzophrénie ou évidemment la métempsychose (voilà un nouveau mot appris !), on comprend que le récit tourne un peu à vide et notre impatience finit par amener l'ennui poli. Ainsi, le pire arrive, soit avoir l'impression d'une durée interminable alors qu'il fait déjà 2h15. Malgré une idée originale et une ligne directrice passionnante, le scénario est semé de longueurs de longueurs inutiles (!) et sans apporté la moindre once de réponse et sans conclusion laissant le spectateur avec un néant qui méritait plus que ça. On tient surtout grâce au duo d'acteurs, Niels Schneider en sorte de marginal décharné et fantomatique qui offre son corps fragile à une hôtesse douce et tendre, puis Léa Seydoux qui offre son corps de femme et de mère que les années ont commencé à marquer à une âme masculine a priori fragile. Au vu de son potentiel le film reste une grande déception qui surnage surtout grâce à cette illusion et à la performance énorme de deux acteurs principaux.
Note :
![]()
![]()
/file%2F0935117%2F20241022%2Fob_cfab59_bf982c02ee39e172a259a3face755554.webp)