Oklahoma Honey (2026) de Andrew Patterson
Second long métrage après "The Vast of Night" (2019) pour Andrew Patterson, cinéaste qui a la singularité de ne jamais avoir quitté son état natal de l'Oklahoma. Dès le lycée il a fondé sa propre société de production GED Media qui produit essentiellement des publicités et clips vidéos mais qui la a permis de produire son premier long métrage dont la sortie a été malheureusement parasitée par le Covid mais qui a reçu un accueil enthousiaste. Le cinéaste explique : "Je voulais rester fidèle au créateur passionné, caméra en main, qui cherche à fabriquer un film à partir du monde qui l'entoure, des lieux et de tous les éléments à sa portée. Je voulais réaliser un film original, façonné à la main, profondément ancré dans le monde qui est le mien." Au départ il a imaginé un western où une jeune femme choctaw partait venger la mort de son père, puis petit à petit le récit s'est étoffé en réunissant trois éléments, le western, une exploitation apicole et la musique bluegrass. Andrew Patterson est le Producteur-réalisateur-scénariste de son film, bien qu'il soit crédité de son pseudo James Montague pour la production et le scénario... Au coeur de l'Oklahoma, Kateri retrouve après des années son père adoptif, Amziah King qui gère la plus grande exploitation apicole de l'état. Alors que Amziah y voit l'occasion de bâtir une entreprise familiale pérenne son retour coïncide aussi avec une guerre commerciale sans pitié, les rivaux de Amziah sont prêt à tout pour ravir la production de miel...
La jeune choctaw adoptée Kateri est jouée par Angela LookingGlass, véritable amérindienne qui trouve là son premier rôle après une formation au Stella Adler Conservatory de New-York. Amziah est incarné par Matthew McConaughey souvent vu dans des films "sudistes" comme "Killer Joe" (2011) de William Friedkin, "Mud : Sur les Rives du Mississippi" (2013) de Jeff Nichols, "Dallas Buyers Club" (2013) de Jean-Marc Vallée ou "Free State of Jones" (2016) de Gary Ross. Citons ensuite Jake Horowitz qui retrouve son réalisateur après "The Vast of Night" (2019) et aperçu depuis dans "Bones and All" (2022) de Luca Guadagnino ou "Shut In" (2022) de D.J. Caruso, Scott Sheperd apparu dans "Hostiles" (2017) de Scott Cooper, "First Cow" (2019) de Kelly Reichardt ou "Killers of the Flower Moon" (2022) de Martin Scorcese, Rob Morgan apparu dans "Mudbound" (2017) de Dee Rees, "Impardonnable" (2021) de Nora Fingscheidt ou "Billie Holliday, une Affaire d'Etat" (2021) de Lee Daniels, Tony Revolori vu entre autre dans "Scream VI" (2023) de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, "Asteroid City" (2023) de Wes Anderson et "Roofman" (2025) de Derek Cianfrance, Owen Teague aperçu dans le dyptique "Ca" (2017-2019) de Andrès Muschietti, "I See You" (2019) de Adam randall ou "The Empty Man" (2020) de David A. Prior, Cole Sprouse aperçu dans "Moonshot" (2022) de Christopher Winterbauer ou "Lisa Frankenstein" (2024) de Zelda Williams, puis enfin Kurt Russell star de quelques films cultes comme "New-York 1997" (1981) de John Carpenter, "Stargate" (1994) de Roland Emmerich, "Boulevard de la Mort" (2007) de Quentin Tarantino ou "Bone Tomahawk" (2015) de S. Craig Zahler... Le film débute avec un générique et une première scène qui donne le ton, entre les frères Coen et Tarantino et évidemment quelques bons ingrédients sudistes dont le Bluegrass. Le soucis est qu'on flirte avec le conte moderne façon "O'Brother" (2000) des frères Coen justement mais sans assumer complètement, et que le scénario faussement alambiqué au montage faussement nerveux est à des années-lumières de Tarantino. Le réalisateur abuse de petits trucs qui font illusion que pour un certain public, on pense surtout à ces plans stoppés quelques millisecondes qui ne servent en réalité à rien. Le film est scindé en deux parties. La première est une sorte de mise en place, où Amziah/McConaughey est patron apiculteur entouré et fan de Bluegrass montre son univers à Kateri entre ses boeufs et ses concerts de Bluegrass et son exploitation de miel - c'est rigolo parfois, le style fable moderne qui frôle la comédie pure fonctionne bien avec des personnages attachants. Par contre on est pas franchement séduit par l'apiculture à l'américaine très industrielle et à grande échelle bien loin de chez nous et de nos petits apiculteurs artisans, jusqu'à ce passage surréaliste de sauvetage d'un essaim dans une école. C'est une première heure sympa mais sans jamais savoir où tout ça va nous mener.
La transition entre les deux parties est un peu facile, attendue, et amène à des petits détails qui prêtent à sourire par leur maladresse... ATTENTION SPOILERS !... Kateri/Lookingglass qui descend de voiture pour constater des vols qui se voient parfaitement de sa voiture, on nous montres les vols en transpalettes mais les palettes pour l'exploitation de Amziah sont restées sur place, Kateri est héritière aussitôt sans aucun lien filial ou légal (au départ)... FIN SPOILERS !... Plein de petits détails certes pas tous importants mais accumulés finissent par gêner, et surtout, au fur et à mesure le manque de crédibilité dans l'intrigue devient trop flagrant pour une conclusion tout aussi flagrante : Kateri fait mieux que quiconque en seulement quelques jours. Mais il y a aussi ce côté western ou prohibition, qui fonctionne bien avec le bétail en 1880 ou l'alcool en 1930 mais le miel en 2026 ça reste légèrement fantaisiste. Même le côté musical on a du mal à y croire, sur certains plans on voit bien que McConaughey ne joue pas, et certains du groupe semblent avoir été mal doublés. En conclusion, un film plein de bonnes petites idées, un potentiel certain, des personnages attachants, ce mix Coen-Tarantino maladroit mais sympa, dommage que tout ça manque de panache, de tension et/ou de réelle décalage fantaisiste. Ca peut rester un bon moment su on arrive à déconnecter le cerveau.
Note :
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