Sham (2026) de Takashi Miike

par Selenie  -  25 Septembre 2026, 08:01  -  #Critiques de films

Nouveau long métrage du très prolifique réalisateur japonais (une centaine de films en moins de 35 ans) Takashi Miike dont on peut citer depuis "A Human Murder Weapon" (1992), "Graine de Yakuza" (1996), le trilogie "Dead or Alive" (1999-2001), "Ichi the Killer" (2001), "Zebraman" (2004), son western "Sukiyaki Western Django" (2007), sa version de l'icône "Zatoishi" (2007), "13 Assassins" (2010), un de ses plus grands films avec "Hara-Kiri : Mort d'un Samouraï" (2011) ou "First Love, le Dernier Samouraï" (2019). Réputé et connu pour son style souvent extravagant, explosif et délirant cette fois le cinéaste signe un drame plus réaliste et actuel qu'à son habitude avec un scénario inspiré d'une tragique histoire vraie écrit par Masami Fukuda (son premier scénario) et Hayashi Mori qui a surtout écrit pour l'animation dont les films "Les Murs Vagabonds" (2022) de Hiroyasu Ishida ou "Sand Land" (2023) de Toshihisa Yokoshima... Seiichi Yabushita, instituteur respecté, est accusé par une mère d'avoir harcelé et humilié son fils. Très vite, la machine s'emballe avec les médias et les rumeurs où chacun impose son récit. Yabushita est alors pris dans une spirale infernale où la vérité n'est plus qu'une version parmi d'autres... 

L'instituteur est incarné par Gô Ayano qui retrouve son réalisateur après "Crows Zero 2" (2009), et vu depuis dans "Kenshin le Vagabond" (2012) de Keishi Ôtomo, "Rage" (2016) de Lee Sang-Il ou "Let's Go Karaoke !"(2023) de Nobuhiro Yamashita après lequel il retrouve son partenaire Kazuki Kitamura acteur fétiche de Miike sur une douzaine de films depuis "The Way to Fight" (1996), vu aussi dans "L'Anguille" (1997) de Shohei Imamura, "Kill Bill" (2003-2004) de Quentin Tarantino, ou dans "Kenshin : l'Achèvement" (2021) et "Kenshin : le Commencement" (2021) tous deux de Keishi Ôtomo, puis retrouve après "La Mort en Ligne" (2003) de Miike et "Suspect X" (2008) de Hiroshi Nishitani l'actrice Kô Shibasaki vue dans "Battle Royale" (2000) de Kinji Fukasaku, "Les Epouvantails" (2001) de Norio Tsuruta, "47 Ronins" (2012) de Carl Erik Rinsch ou "La Voie du Serpent" (2024) de Kiyoshi Kurosawa. Citons ensuite Kôji Ohkura surtout aperçu à la télévision dont la série TV "Alice in Borderland" (2020), Fumino Kimura vue dans "Love Life" (2022) de Kôji Fukada, "Nicky Larson" (2024) de Yuichi Sato ou "L'Esquisse de nos Vies" (2024) de Takahiro Miki, Kaoru Kobayashi vu entre autre dans "Himitsu" (1999) de Yôjiro Takita, "Kamui le Ninja Solitaire" (2009) de Yoichi Sai, "Voyage avec Haru" (2010) de Masahiro Kobayashi ou "Kubi" (2023) de Takeshi Kitano, Kazuya Kamenashi qui retrouve son réalisateur après "Lumberjack the Monster" (2023), puis Masahiro Takashima vu dans "Safe Word" (2023) de Koji Shiraishi ou "Dreams on Fire" (2023) de Philippe McKie... Vu le speech et la première partie très évocatrice, on pense alors énormément sur un sujet similaire au très réussi "L'Innocence" (2023) de Hirokazu Kore-Eda. Ainsi, on retrouve évidemment le Japon et sa culture singulière qui pour nous occidentaux laisse impressionne par ce mélange entre honneur et soumission (entre autre), la maltraitance sur enfant, un système éducatif pervers (toujours via une culture du pardon à outrance) et enfin une construction narrative qui nous fait croire à un récit à plusieurs points de vue. C'est le premier bémol, en fait, petite feinte de samouraï, Takashi Miike instaure une première partie qui laisse penser mais en fait pas du tout, il évente voir se tire une balle dans le pied direct et impose un récit unilatéral qui ne laisse pas de place au doute, encore moins au suspense. C'est presque incompréhensible.

Ainsi, le prof se fait broyer par une machine infernale de la délation et des rumeurs, où le pauvre prof n'ets pas défendu par sa hiérarchie, sur des accusations sans preuves que les médias montent en épingle, et une justice aveugle autour d'une enquête inexistante. Sur le fond de l'affaire rien ne tient, mais le pire est que le film ne fait rien pour rendre crédible un temps soit peu le noeud du problème... ATTENTION SPOILERS !... accusation et la direction de l'école obtempère voir même obéit aux parents sans jamais émettre la moindre condition et/ou requête, le prof lui-même est amorphe et sans caractère, il n'est jamais question de police ou même d'enquête, pas le moindre témoignage et/ou audition,... etc... c'est le néant total, même les dictatures en font plus dans la crédibilité d'un faux dossier judiciaire. Et que dire de la fin, où même quand la mère est discréditée rien ne se passe vraiment... FIN SPOILERS !... Ainsi, rien n'est vraisemblable ou réaliste dans un état de droit. Plusieurs grands films sont plus fiables tout en dénonçant les mêmes tares administratives et/ou judiciaires. Ce n'est pas aidé non plus par le traitement des personnages, d'un côté une mère froide et antipathique qui a tout de la psychopathe mais que tout le monde trouve étonnamment crédible, de l'autre l'exact contraire un prof timide et effacé voir niais et faible qu'on se demande à ce niveau comment il gère une classe ?! La victime par excellence. Ensuite, étant la cible, on se dit qu'un rebondissement ou une révélation va éclairer tout ça... ou pas !? Evidemment, les thématiques du genre avec le pouvoir des rumeurs, le rouleau compresseur médiatique, la lâcheté des uns et des autres... etc... sont abordés mais jamais réellement exploités à fond. Takashi Miike signe un drame bancal et inabouti, sans réponses aux questions qu'il pose pourtant, sans enjeu réel au vu d'un épilogue bien vu et bien amené mais qui laisse le pourquoi du comment en suspens et donc dans un suspense qui n'aura jamais vraiment existé. Sans hésiter, regardez plutôt ou revoyez  "L'Innocence" (2023) de Hirokazu Kore-Eda...

 

Note :                 

10/20
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