Garance (2026) de Jeanne Herry
Après "Elle l'Adore" (2014), "Pupille" (2018) et "Je verrai Toujours vos Visages" (2023), voici le nouveau long métrage de Jeanne Herry qui aborde une nouveau sujet de société, à savoir l'alcoolisme. La cinéaste s'est inspiré du parcours d'une jeune femme qui lui a raconté son addiction jusqu'à son sevrage : "Je me suis inspirée de sa manière de consommer de l'alcool et de sa trajectoire de vie tant familiale que sentimentale. C'est quelqu'un qui a vécu une révolution intime, et qui est parvenue à stopper sa consommation." Réalisatrice-scénariste Jeanne Herry a co-écrit son scénario en collaboration avec Roxane Bettinger pour son premier scénario, puis avec Gaëlle Macé qui a écrit auparavant "Vie Privée" (2025) de Rebecca Zlotowski et "La Femme de" (2026) de David Roux. Une fois le scénario terminé, la cinéaste l'a fait relire à des professionnels de l'addictologie pour valider son récit. Pour en savoir plus sur l'alcoolisme au cinéma c'est ICI !... Garance est une jeune actrice qui travaille mais qui est loin d'avoir le statut de vedette. Elle vit dans un petit appartement parisien et tente de rester la femme joyeuse, et vaillante mais elle cherche son carburant de plus en plus dans l'alcool. Etouffée de plus en plus dans une vie où ele ne construit pas grand chose l'alcool devient toujours plus présent, sa rencontre avec Pauline va peut-être être salvatrice...
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Le rôle titre est incarnée par Adèle Exarchopoulos qui retrouve sa réalisatrice après "Je verrai Toujours vos Visages" (2023) et vue depuis dans une dizaine de films dont "Le Règne Animal" (2023) de Thomas Cailley, "L'Amour Ouf" (2024) de Gilles Lellouche, "L'Accident de Piano" (2025) de Quentin Dupieux ou "Chien 51" (2025) de Cédric Jimenez. Citons ensuite Sara Giraudeau vue dernièrement dans "La Venue de l'Avenir" (2025) de Cédric Klapisch, "L'Affaire Bojarski" (2026) de Jean-Paul Salomé et "Derrière les Palmiers" (2026) de Meryem Benm'Barek, Sarajeanne Drillaud vue récemment dans "Une Pointe d'Amour" (2025) de Maël Piriou et qui retrouve sa réalisatrice après "Pupille" (2018) à l'instar de Anne Suarez vue dans "A Plein Temps" (2021) de Eric Gravel ou "Maria" (2024) de Jessica Palud, Mathilde Roehrich apparue dans "Le Retour du Héros" (2018) de Laurent Tirard ou "Dossier 137" (2025) de Dominik Moll, Brigitte Sy vue entre autre dans "La Guerre est Déclarée" (2011) de Valérie Donzelli, "Vie Sauvage" (2014) de Cédric Khan ou "Tout nous Sépare" (2017) de Thierry Klifa, Bruno Raffaelli vu récemment dans "Les Petites Victoires" (2023) de Mélanie Auffret, "Le Comte de Monte Cristo" (2024) de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière ou "La Fille d'un Grand Amour" (2025) de Agnès de Sacy, Jehnny Beth remarquée dans "Les Olympiades" (2021) de Jacques Audiard ou "Anatomie d'une Chute" (2023) de Justine Triet, puis enfin Raya Martigny révéle dans le tout récent "Les Matins Merveilleux" (2026) de Avril Besson... Le titre n'est pas anodin, tout bon cinéphile pense évidemment au personnage principal incarnée par Arletty dans le chef d'oeuvre "Les Enfants du Paradis" (1945) de Marcel Carné dont le référence est confirmée par Jeanne Herry : "L'un des plus beaux films au monde. Il parle des actrices, des acteurs, du spectacle vivant avec beaucoup de respect et d'amour sans ignorer les difficultés de ces vies-là. "Les Enfants du paradis" du titre sont ceux qui regardent les spectacles depuis le poulailler, tout là-haut. C'est le public populaire du théâtre. Et moi, j'essaie de faire des films fédérateurs, qui puissent plaire au plus grand nombre, toutes classes sociales confondues." Néanmoins, nous on perçoit autre chose, a contrario ce qui nous frappe c'est le paradoxe entre Garance/Exarchopoulos qui se détruit par l'alcool, qui survie dans une dépression incontrôlable et incontrôlée, alors que Garance/Arletty est le symbole de la liberté et de l'optimisme, et dont le charme va et vient avec son nom comme quand on le lui demande : "On m'appelle Garance, c'est le nom d'une fleur"... Il y a eu tellement de films sur le sujet qu'on se demande bien comment Jeanne Herry va aborder cette thématique si universelle et omniprésente dans nos quotidiens. Sur l'ensemble on constate un gros défauts, et une grande qualité.
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Le plus gros défaut débute pourtant avec une belle idée, à savoir que Garance/Exarchopoulos est une actrice intermittente du spectacle et donc dans une situation sociale et professionnelle précaire. Outre qu'on observe ainsi le petit monde du spectacle, on s'étonne que Garance puisse sortir tous les soirs et s'enivrer, profiter des bars restos etc chaque jour sans jamais se soucier de l'argent. Comment fait-elle ?! Ok, acheter des cubis premiers prix pour picoler pas cher chez soi c'est crédible, mais aller dans des bars à Paris tous les jours (c'est bien préciser) c'est impossible en étant simplement intermittent. La bonne idée est de pas se focaliser sur l'ivresse et l'alcoolisme lui-même, ni même trop sur le pourquoi du comment ("c'est la vie !") mais sur le processus de survie et/ou de sevrage, certe un peu trop facilement... ATTENTION SPOILERS !... à partir du moment où la décision d'arrêter est prise ça coule tout seul, sans rechute, tranquillement pour ne pas dire facilement, pas un ami ou proche qui la pousse à la consommation tous la soutient et sont même comme des lanceurs d'alerte sans être donneurs de leçon... FIN SPOILERS !... Bref tout l'environnement autour de Garance est idéal pour s'en sortir. Et pourquoi pas, le film est un beau message d'espoir surtout via la soeur cancéreuse il y a un constat simple et pourtant évident : la nécessité ou la chance d'être bien entouré et soutenu. D'ailleurs le film n'est pas un drame pur, il y a de l'humour et de la légèreté, même de la dérision, peut-être un peu trop tant Garance/Exarchopoulos semble toujours en sécurité voir même privilégiée. Néanmoins, Adèle Exarchopoulos est une fois de plus impressionnante, et ses partenaires ne sont pas en reste avec une Sara Giraudeau touchante, Mathilde Roehrich en soeur souffrante d'un cancer, gros point bonus pour le casting féminin. Le processus alcool festif, l'alcool addictif, le conflit entre ludicité et la fatalité... etc... reste plein d'acuité et si Garance est sans doute une version "cool" du sujet le film offre un optmisme qui fait aussi du bien...
Note :
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