Abuela (2022) de Paco Plaza

par Selenie  -  7 Juillet 2026, 08:40  -  #Critiques de films

Énième film d'horreur pour le spécialiste espagnol du genre Paco Plaza qui s'est fair remarqué d'abord avec la franchise "REC" (2007-2012), et qui a confirmé ensuite avec "Veronica" (2017) et "Eye for an Eye" (2019). Pour ce nouveau projet l'idée lui est venu après avoir assisté à la dégénérescence de sa grande-tante atteinte de la maladie d'Alzheimer. Pour cette histoire, le cinéaste co-signe le scénario avec Carlos Vermut lui-même réalisateur des films d'horreur "La Nina de Fuego" (2014) et "Quien te Cantara" (2018). Outre l'aspect personnel du sujet l'interruption du tournage pour cause de Covid a à priori changé des choses comme le précise le réalisateur-scénariste : "Cela nous a forcé à modifié le film, en bien. Rarement un film, en tous cas parmi ceux que j'ai réalisés, n'a été autant nourri par son contexte. Tout ce qui s'est passé autour de lui a participé à le modifier. Abuela avant la pandémie, aurait été un film différent. Cela tient à la manière dont nous percevons actuellement les seniors, après qu'un grand nombre d'entre eux soient morts."... 

Après des années, Susana est une mannequin qui est sur le point de percer dans le milieu de la mode parisien. Mais elle apprend que sa grand-mère se retrouve quasiment paralysée suit à un accident et Susana doit se rendre en urgence à Madrid pour gérer sa grand-mère qui demeure l'unique famille qui lui reste. Elle emménage dans le vieil appartement familial mais alors qu'approche leur anniversaire commun le comportement de sa grand-mère devient de plus en plus inquiétant, voir anormal... Susana est interprétée par Almuneda Amor vue dans quelques courts métrages et séries TV avant le film "El Buen Patron" (2021) de Fernando Leon de Aranoa, tandis que sa grand-mère est incarnée par Vera Valdez, ex-mannequin vedette chez Coco Chanel dans les années 50-60, ex-amante de Louis Malle pour qui elle joua dans "Le Feu Follet" (1963) et qui fait une sorte de carrière inédite depuis peu d'années vue notamment dans "Sol Alegria" (2018) de Tavinho Teixeira. Citons ensuite Chacha Huang vu dans le film d'horreur "Animas" (2019) de Laura Alvea, Pablo Guisa Koestinger vu dans les films d'horreur "The Similars" (2017) de Isaac Ezban et "L'Exorcisme de Tamara" (2020) de Guillermo Amoedo, Alba Bonnin vue dans "Pullman" (2019) de Toni Bestard et enfin Karina Kolokolchykova aperçue notamment dans "Paradise Hills" (2018) de Alice Waddington... On remarque d'emblée le générique qui renvoie au mythique "Rosemary's Baby" (1968) de Roman Polanski. Le début du film est un peu longuet, et s'avère en fait annonciateur d'un film long et lent, qui tient plus du thriller psycho-horrifique qu'un réel film d'épouvante. Très vite on comprend l'allégorie autour de la vieillesse avant de percevoir l'idée d'une jeunesse éternelle mais ça tourne en rond, on attend constamment que ça décolle , que ça évolue enfin.

En fait au fil du récit de plus en plus de questions se posent, sans jamais que les réponses n'arrivent, au contraire, les questions se bousculent au point qu'un éventuel suspense  se voit annihiler à chaque fois. Le fantastique de l'histoire en rajoute également. Y a-t-il une entité externe ?! Est-ce un rite ou une possession démoniaque ?! Disparaître et réapparaître comme une téléportation est-ce une illusion de l'esprit ou est-ce un réel pouvoir ?! Pourquoi la petite-fille ne se souvient pas de sa cahier intime ?!... etc... trop de questions,, d'interrogations qui partent dans tous les sens, moins ou plus pourtant ça ne changerait rien au récit qui pourrait durer 20mn de moins ou 15mn de plus sans que le rythme monocorde en souffre. La musique fait bien son job, idéalement angoissante mais sans image terrifiante pour la soutenir, pas un jumpscare ni porte qui grince, tout se focalise sur la petite-fille qui perd pied et une grand-mère cadavérique particulièrement inquiétante. Les deux actrices sont impeccables d'ailleurs, le petite-fille/Amor est parfaite en jeune femme touchante, pétrifiée et perdue, mais la plus impressionnante reste l'abuela/Valdez en grand-mère squelettique d'autant plus quand on sait que l'actrice fut une mannequin de renom. La fin confirme ce qu'on imaginait mais sans répondre à ce qui intéresse vraiment et notamment mais qui est cette blonde ?! Un film esthétiquement assez fascinant, mais pour le reste ça paraît aussi superficiel que vain. 

 

Note :                 

09/20
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :