On l'appelle Robin des Bois (2026) de Michael Sarnorski

par Selenie  -  2 Juillet 2026, 14:37  -  #Critiques de films

Enième adaptation sur grand écran d'un des héros les plus populaires, dont on peut citer "Robin Hood and his Merry Men" (1908) de Percy Stow, "Robin des Bois" (1922) de Allan Dwan, "Les Aventures de Robin des Bois" (1938) de Michael Curtiz, "Robin des Bois Prince des Voleurs" (1991) de Kevin Reynolds, "Robin des Bois" (1991) de John Irvin ou "Robin des Bois" (2018) de Otto Bathurst, mais avec ce nouveau projet porté par Michael Sarnorski, réalisateur de l'excellent "Pig" (2021) et "Sans un Bruit : Jour 1" (2024), il voulait explorer la fin de vie du fameux héros en s'inspirant d'une ballade ancienne "Robin Hood's Death" (entre XIIIe et XVIIe). Mais on peut rappeler que d'autres ce sont déjà intéressé à la fin de vie du héros, de façon réaliste avec le chef d'oeuvre "La Rose et la Flèche" (1976) de Richard Lester ou encore combatif avec "Robin des Bois" (2010) de Ridley Scott.  Film interdit au moins de 12 ans...

Laissé pour mort à l'issue d'un combat qu'il croyait être le dernier, Robin des Bois est recueilli par une femme mystérieuse. Hanté par son passé et une vie faite de violences il tente alors un chemin vers la rédemption... Le héros est incarné par Hugh Jackman vu récemment dans "The Son" (2022) de Florian Zeller ou "Deadpool et Wolverine" (2024) de Shawn Levy, et retrouve après "Free Guy" (2021) de Shawn Levy sa partenaire Jodie Comer qui retrouve le moyen-âge après le sous-estimé "Le Dernier Duel" (2021) de Ridley Scott et vue depuis dans "The Bikeriders" (2023) de Jeff Nichols ou "28 Ans Plus Tard" (2025) de Danny Boyle. Citons ensuite Bill Skarsgard vu dernièrement dans "The Crow" (2024) de Rupert Sanders, "Nosferatu" (2024) de Robert Eggers et "La Corde au Cou" (2025) de Gus Van Sant, Murray Bartlett apparu dans "O'Dessa" (2025) de Geremy Jasper et "Opus" (2025) de Mark Anthony Green, Noah Jupe vu notamment dans "Le Mans 66" (2019) de James Mangold, "No Sudden Move" (2021) de Steven Soderbergh et retrouve après "Hamnet" (2025) de Chloé Zhao la jeune Faith Delaney remarquée dans "Les Invisibles" (2025) de Uta Briesewitz puis enfin Elijah Ungvary qui retrouve son réalisateur de "Pig" (2021) et "Sans un Bruit : Jour 1" (2024)... Le film prend le parti de réinventer le mythe de Robin des Bois, mais au point où franchement le film raconte une histoire si éloignée de la légende que le seul point de repère qui nous y rattache est son nom : Robin des Bois. C'est court, c'est peu, et finalement notre première réflexion est de se demander juste pourquoi ?! Nous voilà donc avec un bandit de grand chemin qui a été un vrai criminel sanguinaire, sans foi ni loi au point où ce film est en fait une transposition médiévale du chef d'oeuvre "Impitoyable" (1992) de et avec Clint Eastwood, sur le fond, on pense aussi un peu à une antithèse de "The Northman" (2022) de Robert Eggers, et sur la forme on pense à une autre légende revisitée avec "The Return - le Retour d'Ulysse" (2026) de Uberto Pasolini avec une dimension contemplative, mais surtout pour son décor et son environnement âpre, austère et viscéral.

Ainsi, on suit Robin des Bois/Jackman vieillissant, une légende que poursuit bon nombre de personnes endeuillées qui souhaitent se venger du bandit comme le ferait tout bon corse dans leur vendetta pour l'honneur. Pour fuir il s'est exilé dans les terres sauvages battus par les vents de l'Irlande du Nord. Des décors et paysages réalistes, naturels, rudes qui accentuent les notions de solitude, de quête de rédemption et de destin crépusculaire. Un contexte magnifique. L'autre bonne idée est d'opter pour un réalisme froid et austère, dans les détails du quotidien ou les costumes, mais aussi et surtout dans les scènes d'action, le réalisateur ayant bannis les effets numériques pour des prothèses et maquillages "à l'ancienne" qui est toujours d'une efficacité bien supérieure pour le côté organique et authentique de la violence. Mais sinon, le scénario reste un peu trop cousu de fil blanc, paraît alors bien long surtout dans sa seconde partie, surtout quand on comprend que ce Robin des Bois est simplement hanté par ses crimes. Le film aurait gagné à être raccourci d'un bon quart d'heure. Néanmoins, la beauté plastique est assez envoûtante et Hugh Jackman offre une performance formidable, incarnant un Robin moribond de toute beauté. Un mythe revisité un peu vain, Robin aurait pu être aussi bien un Richard ou un Eudes dans une histoire originale mais on se dit aussi pourquoi pas ?!

 

Note :                 

13/20
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