Hell in Paradise (2025) de Leïla Sy
Premier long métrage en solo pour Leïla Sy, surtout connue jusqu'ici pour sa collaboration avec le rappeur Kery James pour lequel elle a réalisé plusieurs dizaines de clips, mais aussi pour d'autres rappeurs oubliables, puis elle a vu plus grand avec le dyptique "Banlieusards" (2019-2023) co-signé avec Kery James, pusi elle a réalisé le film "Yo Mama" (2023) co-réalisé avec Amadou Mariko. Ce nouveau film en solo donc est écrit par Karine Silla, épouse de Vincent Pérez pour qui elle a écrit entre autre "Peau d'Ange" (2002) et "Une Affaire d'Honneur" (2023), puis elle est la soeur de Virginie Besson-Silla, épouse de Luc Besson, et ça tombe bien car ils sont les producteurs idéaux pour leur film qui s'avère ainsi une petite aventure familiale avec la "pièce rapportée" Leïla Sy... Espérant une vie meilleure Nina quitte Marseille pour un job de réceptionniste dans un hôtel de luxe dans l'océan indien. Mais une tragédie survient au sein de l'hôtel et Nina se retrouve accusée à tort et piégée dans une spirale de mensonges et de manipulations...
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Nina est incarnée par Nora Arnezeder vue notamment dans "Angélique" (2013) de Ariel Zeitoun, "Army of the Dead" (2021) de Zack Snyder, "Niki" (2024) de Céline Sallette ou "Tin Soldier" (2025) de Brad Furman. Citons ensuite Maria Bello vue dans "Coyote Girls" (2000) de David McNaily, "A History of Violence" (2005) de David Cronenberg, "Les Vies Privées de Pippa Lee" (2009) de Rebecca Miller ou "La 5ème Vague" (2016) de J Blakeson, Joséphine de La Baume aperçue dans "La Princesse de Montpensier" (2010) de Bertrand Tavernier, "L'Amour est une Fête" (2018) de Cédric Anger ou "Madame Claude" (2021) de Sylvie Verheyde, Alyy Khan apparu dans "Un Coeur Invaincu" (2007) de Michael Winterbottom ou "Mogul Mowgli" (2022) de Bassam Tariq, Shubham Saraf remarqué dans "The Cut" (2015) de Fatih Akin, Sartaj Garewall aperçu dans "Fezz" (2012) de Priyardashan Nair ou "Men in Black : International" (2019) de F. Gary Gray, puis Louka Meliava aperçu dans "Respire" (2014) de Mélanie Laurent, "Pourris Gâtés" (2021) de Nicolas Cuche ou "Un Ours dans le Jura" (2025) de Franck Dubosc... Se faire emprisonner ou être piégé dans un engrenage judiciaire à l'étranger est un sujet maintes fois traité au cinéma et quasiment toujours sur fond de trafic de drogues, côté judiciaire le plus bel exemple est sans doute le chef d'oeuvre "Midnight Express" (1979) de Alan Parker, côté action on peut citer le tout récent "Coka Chicas" (2025) de Roxine Helberg. Mais cette fois donc pas d'affaire de stupéfiants mais un accident mortel, où une française est présente au mauvais moment et qui sert de bouc émissaire idéal. Evidemment, le paradoxe entre le décor carte postale d'un voyage qui la plupart ne pourrait pas se payer avec la descente aux enfers accentue le drame, classique. On peut trouver facile quelques éléments tout aussi classiques, les nommer clichés comme les flics corrompus, où les méchants notables, la peur des "petites gens"... Mais si c'est souvent représentés c'est aussi, sans doute, parce que les exemples sont légions.
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Le piège est d'autant plus efficace qu'ici il ne s'agit pas d'un jeune homme qui s'est fait piégé par un sachet de drogues, mais d'une femme belle et indépendante qui est confronté à une société orientale et patriarcale. Elle se retrouve face à des hommes, juges, avocats, patrons, supérieurs ou policiers, tous des hommes de pouvoirs dans un pays musulmans où son statut est d'autant plus fragilisé que ces mêmes hommes ne peuvent pas comprendre que cette femme soit célibataire et qu'elle ne désire pas d'enfants. L'accident à la source de ses problèmes aurait été un problème pour un homme également, mais son statut de femmes lui complique les choses, sa position de victime est encore plus probante et inévitable dans un système oppressant et misogyne. L'évolution du récit joue sur le parallèle entre la chaleur tropicale et la tension d'un piège judiciaire viriliste, ainsi, le récit démarre comme un drame de faits divers, glisse doucement vers le polar psycho-judiciaire avant de flirter avec le thriller horrifique avec une montée sous pression pas spécialement très subtile mais très efficace. Les liens intra-familiaux (mère-frère) sont les parties les moins intéressantes, voir même encore plus clichés mais Nora Arnezeder reste un bel atout dont la détresse psychologique nous émeut autant qu'elle nous effraie.
Note :
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