The Medium (2022) de Banjong Pisanthanakun

par Selenie  -  7 Juillet 2022, 16:07  -  #Critiques de films

Voici une co-production coréo-thaï qui ne paie pas de mine au départ et qui est plutôt prometteuse, d'abord parce qu'il y a du côté coréen un certain Na Hong-Jin à la production mais qui est surtout connu pour avoir signé quelques-uns des meilleurs thrillers coréens de ces dernières années avec "The Chaser" (2008), "The Murderer" (2010) et "The Strangers" (2016). Il est donc associé au réalisateur thaïlandais Banjong Pisanthanakun assez peu connu chez nous mais qui a déjà signé quelques films d'horreur sympathique comme "Shutter" (2004), un segment de "The ABCs of Death" (2012) ou "Pee Mak" (2013). Pour ce thriller horrifique tourné comme un faux documentaire s'intéressant à une chamane, le réalisateur ne fait que réaliser, alors que le scénario est co-signé du producteur Na Hong-Jin et des scénaristes thaïlandais Chantavit Dhanasevi et Siwawut Sewatanon qui avaient déjà collaboré au film "Pee Mak"...

Une équipe de télévision effectue un reportage sur le chamanisme dans une contrée reculée de la Thaïlande. Au fil de leur investigation l'équipe décide de se focaliser sur Nim, une chamane d'un petit village. Mais peu de temps après, Nim est inquiétée par sa nièce Mink qui commence à agir étrangement. Au fur et à mesure l'équipe apprend également les secrets de la famille de Mink et comment elle est devenue chamane... Le casting est thaïlandais et la plupart des acteurs sont inconnus chez nous ou sont des amateurs comme Narilya Gulmongkolpech alias Mink, Sirani Yankittikan alias Noi sa maman et soeur de Nim, ou encore Arunee Wattana et Thanutphon Boonsang. Citons tout de même quelques acteurs plus expérimenté avec évidemment Nim qui est incarnée par Sawanee Utoomma qui retrouve le réalisateur du film après "One Day" (2016), Yakasa Chaisorn qui interprète le frère aîné de Nim vu dernièrement dans "The Cave" (2019) de Tom Waller, puis enfin Boonsong Nakphoo l'autre chamane vu entre autre dans "Sherry Ann" (2001) de Charron Wattanasin, "Antapal" (2012) de Kongkiat Khomsiri ou "Scene and Life" (2018) de lui-même... D'emblée le côté documentaire est un peu lourd, on y croit peu, il faut un temps d'adaptation avant de comprendre que ce qui ne va pas c'est l'interprétation. Les acteurs sont terriblement mauvais, trop peu naturels on sent souvent la simple récitation et/ou le surjeu notamment et surtout quand le personnage de Mink/Gulmongkolpech entre en jeu.

Ces jeux d'acteur terriblement médiocres vont parasiter le récit de bout en bout. Mais on peut se poser la question de la direction d'acteurs et de la pertinence de certaines scènes comme quand Nim fouille la chambre de Mink en mode "j'entends rien je panique" et qui ne réponds pas à sa soeur à une simple question logique, ou insister sur le déni de Nim et pire sur sa maman alors qu'on est dans une campagne reculée qui croit aux esprits, alors que la maman devrait être la première à y croire sans tergiverser. Quelques autres incohérences comme un bébé qui change de pièce sans qu'on sache comment ?! Mais le pire c'est de s'éparpiller, passant du faux documentaire en "live" au found fountage puis en changeant de genre constamment, chamanisme, exorcisme, slasher puis zombies... Bref ça part dans tous les sens sans que la mise en scène soit adéquate ou que le scénario trouve des liens tangibles. Quel dommage... Le film dure un peu long de surcroît avec une montée en puissance et en tension trop abrupte après une première partie longuette. Par contre l'atmosphère anxiogène et étrange fonctionne bien, le decorum est parfait avec en prime une photographie très très belle. Mais les quelques séquences plus ou moins réussies sont trop rares pour sauver un film au potentiel énorme mais gâché par des acteurs trop mauvais et un mélange des genres fouillis peu convaincant. Une grande déception.

 

Note :      

 

06/20
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