The Full Monty (1997) de Peter Cattaneo

par Selenie  -  10 Août 2026, 09:14  -  #Critiques de films

Après deux longs métrages passés plutôt inaperçus avec "Dear Rosie" (1990) et "Tennage Health Freak" (1993), le britannique Peter Cattaneo porte à l'écran une adaptation de la pièce de théâtre "Ladies Night" (1987) de Anthony McCarten et Stephen Sinclair, et qui sera plus tard porté sur les planches de Broadway en 2000. Le scénario est écrit par Simon Beaufoy qui signe la même année "Les Géants" (1998) de Sam Miller et qui connaîtra la consécration avec "Slumdog Millionnaire" (2008) et "127 Heures" (2010) tous deux de Danny Boyle. Le film est un énorme succès amassant près de 260 millions de dollars au box-office Monde pour seulement 3,5 millions de budget, dont 3,5 millions d'entrées France. Un succès couronné dans son pays avec 4 BAFTA avec meilleur film, meilleur acteur, meilleur acteur dans un second rôle puis Prix du Public. Précisons que le scénariste a porté des années plus tard la suite du film avec la série TV "The Full Monty, la série" (2023) dans laquelle tous les rôles principaux reprennent leur rôle. Plus étonnant, l'interdiction éventuelle du film est particulièrement hétérogène, au vu du sujet sans doute, ainsi les plus conservateurs interdisent le film au moins de 15 ans pour le Royaume-Uni, ou au moins de 17 ans aux Etats-Unis, mais en France le film reste logiquement et honnêtement grand public... Aujourd'hui, Sheffield qui fut l'orgueil industriel de l'Angleterre est une ville socialement sinistrée. Le taux de chômage est élevé, et un groupe d'anciens collègues d'une usine fermée tentent désespérément de s'en sortir. Un jour, une troupe de Chippendales font sensation auprès de la population féminine, et donne alors une idée à Gaz qui convainc ses amis que eux aussi ils pourraient offrir un spectacle similaire. Mais danser est une chose, se déshabiller en est une autre... 

La bande de chômeurs près à se dévêtir est composé de Robert Carlyle remarqué dans "Riff Raff" (1990) de Ken Loach, mais est surtout devenu une star avec le succès du cultissime "Trainspotting" (1996) de Danny Boyle, et retrouve après "Prêtre" (1994) de Antonia Bird son partenaire Tom Wilkinson aperçu dans "Au Nom du Père" (1993) de Jim Sheridan, et remarqué dans "Raison et Sentiments" (1995) de Ang Lee et juste avant "Shakespeare in Love" (1998) de John Madden, Mark Addy vu plus tard dans "Chevalier" (2001) de Brian Helgeland, "Robin des Bois" (2010) de Ridley Scott ou la série TV "Game of Thrones" (2011), Steve Huison qui retrouvera son scénariste pour "Les Géants" (1998) et vu dans "I Love L.A." (1998) de Mika Kaurismaki ou "The Navigators" (2001) de Ken Loach, Paul Barber qui retrouvera Robert Carlyle dans "Le 51ème Etat" (2001) de Ronny Yu, puis Hugo Speer apparu dans "Barnie et ses Petites Contrariétés" (2001) de Bruno Chiche ou "L'Interprète" (2002) de Sydney Pollack avant de surtout écumer différentes séries TV. Parmi les proches citons le fils de Gaz/Carlyle joué par le jeune William Snape qui fera quelques séries TV en signant surtout son retour avec ses autres partenaires pour la série TV "The Full Monty, la série" (2023), dont sa mère et ex de Gaz jouée par Emily Woof aperçue dans "Forever" (1997) de Nick Willing et "The Woodlanders" (1997) de Phil Agland, puis "Velvet Goldmine" (1998) de Todd Haynes et "Mariage à l'Anglaise" (1999) de David Kane avant de progressivement changer de cap et de devenir romancière, puis enfin l'épouse de Dave/Addy jouée par Lesley Sharp apparue dans "Rita, Sue and Bob Too" (1986) de Alan Clarke, "L'Amour Tabou" (1991) de Stephen Poliakoff ou "Naked" (1993) de Mike Leigh et retrouve ses partenaires de "Prêtre" (1994). Citons encore Paul Butterworth vu plus tard dans "Frank" (2014) de Lenny Abrahamson ou "Anemone" (2025) de Ronan Day-Lewis, puis enfin Dave Hill vu dans "Meurtre dans un Jardin Anglais" (1982) de Peter Greenaway ou "Au Coeur de la Tourmente" (1997) de Beeban Kidron... Avant qu'arrive "Titanic" ce film fut le plus gros succès du Royaume-Uni, un succès colossal pour cette comédie sociale so british qui devait s'appeler à l'origine "Eggs, Beans and Chippendales" (oeufs, haricots et chippendales !). Où comment une bande de chômeurs désemparer tente de se raccrocher aux branches, des gars lambdas qui se disent que même s'ils n'ont plus rien ils peuvent encore valoir quelques choses là où on ne les attend pas. Dans le style des comédies sociales britanniques, lorgnant vers Ken Loach, un panel de chômeurs pour aussi montrer que la misère amène à d'autres problèmes mais ce qui n'empêĉhe pas non plus de rêver. 

Des chômeurs qui restent pourtant bel et bien des citoyens qui tentent d'assumer leur famille ou leur statut social. Si l'idée du strip-tease paraît forcément saugrenue la somme a gagné envisageable explique facilement la bascule, mais aussi une solution parmi d'autres pour regagner confiance en soi, et celui qui a la plus grande gueule n'est pas forcément celui qui a le plus de courage. Mené au rythme d'une B.O. géniale de Tom Jones à Sister Sledge en passant par Gainsbourg ou Donna Summer, Robert Carlyle et ses acolytes passent de l'ANPE à l'entrainement en mode chippendales. Entre soucis sociaux-économiques et humour dû aux préparations des chorégraphies ce film est un bon exemple du film social british. Les dialogues sont à la fois ciselés et ancrés dans la réalité, l'humour joue autant sur la personnalités du groupe que sur le choc des "cultures". Très sympa, marrant et encore d'actualité (au vu de la crise) on se dit que Danny Boyle ou Ken Loach aurait peut-être fait encore mieux. Un excellent film dont on sort avec bonne humeur.

 

Note :        

17/20
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