Studio 54 (1998) de Mark Christopher

par Selenie  -  11 Août 2026, 09:10  -  #Critiques de films

Premier long métrage de Mark Christopher, qui a connu l'apogée du fameux Studio 54 (Tout savoir ICI !) alors qu'il était étudiant à la Columbia University Film School de New-York. Alors client qui foule les pistes de danse de la plus célèbre des discothèques il aurait déjà eu l'idée de faire un film façon "American Graffiti" (1973) de George Lucas sur les errances de la jeunesse et en aurait alors parlé avec son professeur d'alors, un certain Paul Schrader, accessoirement scénariste de "Taxi Driver" (1976) et "Raging Bull" (1980) tous deux de Martin Scorcese et réalisateur de "BlueCollar" (1978) ou "American Gigolo" (1980) : "Au fur et à mesure de nos discussions, nous avons décidé de situer l'histoire au Studio 54, et de mettre le héros derrière le bar. Ainsi j'ai commencé à travailler sur le trio barman - serveur-employée de vestiaire." Néanmoins, les années passent, après quelques courts métrages, un concours de circonstances rappelle au cinéaste les heures fastes du Studio 54 et en même temps son déclin quand la discothèque rouvre en 1994 après des années de fermeture et qu'il est ensuite recréé à l'hôtel-casino MGM de Las Vegas en 1997. Le réalisateur-scénariste s'active, reprend son projet avec quelques certitudes : "La nostalgie peut-être un piège. C'est sympa de revenir en arrière et de revisiter une époque dingue et géniale, mais il faut savoir être objectif, sans préjugé, ne pas dire "c'était mal". Je pense que le film à ce regard. La musique était l'âme et l'essence de l'époque disco - la liberté, la recherche de sensations fortes, le "fun". Mais c'était également une époque égoïste (...). Plus j'ai fait de recherches, plus j'ai vu de photos et de vidéos, plus il m'est devenu évident que rien n'avait égalé le Studio à son apogée." Malheureusement, malgré son ambition apparente, le réalisateur ne réunira pas le public autour de son film qui reçoit des critiques plutôt médiocres. Par la suite le cinéaste travaillera surtout pour la télévision et des programmes musicaux. Film interdit au moins de 12 ans à sa sortie... 

Fin des années 70, à Mahattan, la discothèque le Studio 54 devient la boîte incontournable de New-York. Dirigée par Steve Rubell, le night-club devient le seul lieu où les stars se bousculent et où tout devient possible. Shane, jeune homme de 19 ans parvient à se faire remarquer et se fait engager comme barman. Il va découvrir le monde de tous les excès, du luxe à la décadence... Le jeune barman Shane est joué par Ryan Phillippe alors plein dans sa décennie glorieuse entre "USS Alabama" (1995) de Tony Scott et "Collision" (2004) de Paul Haggis et entre "Souviens-Toi... l'Eté Dernier"(1997) de Jim Gillepsie et "Sexe Intentions" (1999) de Roger Kumble. Il est entouré de Salma Hayek alors en pleine ascensionavec "Desperado" (1995), "Groom Service" (1995), "Une Nuit en Enfer" (1996) et "The Faculty" (1998) tous de Robert Rodriguez, Breckin Meyer vu dans "Payback" (1995) de Anthony Hickox et "Los Angeles 2013) de John Carpenter, et retrouve après "Dangereuse Alliance" (1996) de Andrew Fleming l'actrice Neve Campbell alors auréolé des débuts de la saga "Scream" (1996-2026) et du succès de "Sexcrimes" (1998) de John McNaughton, et retrouvera dans "Scream 3" (2000) et "Scream" (2022) ainsi que dans "Company" (2003) de Robert Altman sa partenaire Heather Matarazzo remarquée auparavant dans "Bienvenue dans l'Âge Ingrat" (1995) de Todd Solondz et "L'Associé du Diable" (1997) de Taylor Hackford. Citons ensuite Mike Myers vu dans le dyptique "Wayne's World" (1992-1993) et "Austin Powers" (1997) de Jay Roach, et retrouvera dans "Hôtesse à Tout Prix" (2003) de Bruno Barreto l'acteur Mark Ruffalo aperçu auparavant dans "Le Dentiste" (1996) de Brian Yuzna et qui n'est pas encore la star qu'il va devenir avec Thpr à partir de "Avengers" (2012) de Joss Whedon, Sela Ward apparue dans "L'Homme à Femmes" (1983) de Blake Edwards ou "Le Fugitif" (1993) de Andrew Davis et retrouvera dans "Le Beau-Père" (2009) de Nelson McCormick l'actrice Sherry Stringfield aperçue dans "Un Automne à New-York" (2000) de Joan Chen, Ellen Albertini Dow remarquée dans le dyptique "Sister Act" (1992-1993) de Emile Ardolino, Michael York vu dans la trilogie "Les Trois Mousquetaires" (1973-1989) de Richard Lester puis retrouvera Mike Myers dans les suites de "Austin Powers" (1999-2002), puis enfin plusieurs personnes pour leur propre rôle donc la star du disco Thelma Houston... Le film veut donc raconter le destin du "Taj Mahal de la boîte de nuit, le Graal discomaniaque, du glam et du strass, les jardins suspendus de la sueur et de la coke" sur moins de six ans mais d'emblée on constate que ce ne sera pas vraiment le cas. D'abord parce que and le film débute le Studio 54 est déjà ouvert et déjà le Panthéon de la Nuit new-yorkaise, sur les trois fondateurs étonnamment seul Steve Rubell/Myers existe, exit le carnet d'adresses de Carmen D'Alessio, exit l'ami Ian Schrager. Ainsi, rien que sur ces deux constats le film n'assume pas la fresque dantesque du "véritable phénomène sociologique au carrefour de l'ère protestataire de la fin des années 1970 et du règne de l'argent des années 80." Le film joue finalement les petits bras, pratiquement pas de stars à l'image alors que c'était le rendez-vous ultime du star system et de la jet-set, pas de stars refoulées alors que Steve Rubell jouait aisément de ce "buzz", aucune info sur les origines de la discothèque, et même la fin funeste de Steve Rubell est occultée.

Pourtant, par exemple une chorégraphe réputée est engagée, Lori Eastside, vedette du groupe "Kid Creole & the Coconuts", ancienne fidèle du Studio 54 qui a ensuite été collaboré avec Mick Jagger, Chaka Khan ou encore Kool and the Gang... Mais on ne décèle aucune séquence de danse réellement marquante ou originale, les scènes de la piste de danse reste cantonnée à une foule basique filmée sans la moindre créativité ou envie, le réalisateur s'arrêtant à quelques courts plans ou passages sur une prise de drogue ou une scène de sexe. Tout ça paraît finalement sage et aseptisé. Dommage, car au final le potentiel est bel et bien là, on aurait aimé le mix parfait entre "La Fièvre du Samedi Soir" (1977) de John Badham et "Boogie Night" (1997) de Paul Thomas Anderson mais le résultat est un petit film sans envergure, sans panache, on effleure la tragédie et l'émotion à la toute fin pour finalement un condensé faineant, qui ressemble à un montage de quelques épisodes de séries TV. 

 

Note :          

09/20
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