Digger (2026) de Alejandro Gonzales Inarritu
A ne pas confondre avec les films homonymes (1993) de Rob Turner ou "(2020) de Djordjis Grigorakis... Nouveau long métrage du réalisateur mexicain Alejandro Gonzales Inarritu après un retour chez lui au Mexique pour une production siglée Netflix avec "Bardo" (2022). Pour ce nouveau projet le cinéaste s'est entouré de ses producteurs-scénaristes Alexander Dinelaris Jr. et Nicolas Giacobone qui ont collaborés avec lui sur "Biutiful" (2010), "Birdman" (2014), son chef d'oeuvre "The Revenant" (2015) et "Bardo" (2022), et rejoint par Sabina Berman, poétesse et dramaturge mexicaine qui a aussi écrit pour plusieurs films dont les siens avec "El Arbol de la Musica" (1994) ou "Entre Pancho Villa y una Mujer Desnuda" (1996). Producteur-réalisateur-scénariste Alejandro Gonzales Inarritu s'essaie cette fois à la comédie noire avec un budget confortable de 125 millions de dollars, bien aidé par sa star et co-producteur Tom Cruise, ce qui permet aussi de réunir une équipe composée d'artistes parmi les meilleurs dans leur domaine avec la Chef décoratrice Anna Pinnock oscarisée pour "The Grand Budapest Hotel" (2014) de Wes Anderson, la Chef costumière Jacqueline West, ou le Directeur Photo Emmanuel Lubezi fidèle de Terrence Malick et Alfonso Cuaron et d'ailleurs unique lauréat de trois Oscars successifs pour sa photographie sur les films "Gravity" (2013) de Alfonso Cuaron, "Birdman" (2014) et "The Revenant" (2015) tous deux de Inarritu, sans compter Cosmo Sheldrake prestigieux musicien expérimental pour sa première B.O. de cinéma... Digger Rockwell est censé être l'homme le plus puissant du monde et pour le prouver il se lance dans une mission effrénée pour s'ériger en sauveur de l'humanité. Mais sa quête va provoquer de nombreux désastres jusqu'à la catastrophe ultime...
Dans le rôle titre on retrouve donc la star Tom Cruise vu dernièrement dans les suites "Top Gun : Maverick" (2022) de Joseph Kosinski et le dyptique "Mission Impossible : Dead Reckoning" (2023-2025) de Christopher McQuarrie. Il est entouré de Riz Ahmed vu dans "Sound of Metal" (2019) de Darius Marder, "L'Intermediaire" (2024) de David Mackenzie ou "The Phoenician Scheme" (2025) de Wes Anderson, John Goodman fidèle des frères Coen sur pas de six films entre "Arizona Junior" (1987) et "Inside Llewyn Davis" (2013) avec aussi "The Artist" (2011) de Michel Hazanavicius, "Atomic Blonde" (2017) de David Leitch ou "Captive State" (2019) de Rupert Wyatt, Sandra Hüller vue dans "La Belle Affaire" (2024) de Natja Brunckhorst, "Projet Dernière Chance" (2026) de Phil Lord et Chris Miller ou "Rose" (2026) de Markus Schleinzer, Michael Stuhlbarg vu dans "Bones and All" (2022) de Luca Guadagnino ou "The Amateur" (2025) de James Hawes, Jesse Plemons vu dans "Civil War" (2024) de Alex Garland, "Kinds of Kindness" (2024) et "Bugonia" (2025) tous deux de Yorgos Lanthimos, Emma D'Arcy apparue dans "Miss Revolution" (2020) de Philippa Lowthorpe ou "Entre les Lignes" (2021) de Eva Husson et surtout populaire depuis la série TV "House of the Dragon" (2022-...), Burn Gorman surtout vu ces dernières années chez Guillermo Del Toro dans cinq films entre "Pacific Rim" (2013) et "Frankenstein" (2025), Sophie Wilde apparue dans "La Main" (2022) des frères Philippou ou "Babygirl" (2024) de Halina Reijn, Robert John Burke surtout aperçu dans la série TV "New-York Unité Spéciale" (2002-2020) mais aussi sur grand écran dans "BlacKkKlansman" (2018) de Spike Lee, "L'Internat" (2018) de Boaz Yakin ou "L'Etrangleur de Boston" (2023) de Matt Ruskin, puis Pip Torrens vu dans "Blackwood, le Pensionnat" (2018) de Rodrigo Cortès ou "La Bataille de Gaulle : j'écris ton Nom" (2026) de Antonin Baudry... On pense beaucoup au mythique "Docteur Folamour" (1964) de Stanley Kubrick dans le style de l'incongru ubuesque mais si ancré dans notre réalité, dans le genre du conte moderne aussi satirique que cynique, mais alors qu'il était question de nucléaire et de Guerre Froide dans les années 60 aujourd'hui il est question du rapport difficile entre écologie et économie ; les enjeux entre écologie et économie ou l'impossible équation. Car le réalisateur-scénariste pose la question, comment sauver la planète, tout en sachant que chaque habitant ne veut pas perdre son confort ?! Et le réalisateur-scénariste de répondre dans un épilogue aussi savoureux que douloureux. D'ailleurs cette dernière partie est construit avec un twist en fait attendu, on le devine à partir du moment où arrive la mise en abyme... ATTENTION SPOILERS !... après près d'une demi-heure on comprend que tout ce qu'on a vu est en fait une troupe de théâtre qui répète sa pièce "Fossil Fools" qui aurait d'ailleurs dû être le titre du film ! Ainsi, ensuite Alejandro Gonzales Inarritu pousse le curseur et assume dans la forme ce qu'il veut raconter sur le fond, à savoir le paradoxe écolo-économique dans une pièce de théâtre plus vraie que nature, à tel point qu'on oscille constamment entre le jeu des acteurs dans la pièce et les personnages d'une réalité fictionnelle... FIN SPOILERS !... Vous comprendrez à la fin du film...
Le postulat de départ est géniale, le scénario malin, la construction narrative judicieuse, mais il y a aussi beaucoup de dialogues, des partes redondantes, une espèce de frénésie qui n'est pas toujours adéquate ou "mesurée" et donc on arrive logiquement au show Digger/Cruise, ou quid de la performance de Tom Cruise absolument dantesque, inspirée et inspirante qui renvoie à ces quelques rôles hors normes, à l'ampleur rock'n roll où on pense par exemple à "Entretien avec un Vampire" (1994) de Neil Jordan ou "Magnolia" (1999) de Paul Thomas Anderson mixé à ses caméos cultissime dans "Tonnerre sous les Tropiques" (2008) de et avec Ben Stiller ou "Rock Forever" (2012) de Adam Shankman. Sauf que cette fois il tient un film entier dans un rôle hors norme. Impressionnant et absolument jubilatoire on peut aussi penser que certains iront à l'overdose. Il n'est pas le seul, John Goodman (74 ans mais en fait tout de même 84) offre également une performance majeure. Tom Cruise reste un atout essentiel assurément. Néanmoins, le film est passionnant, même si il y a quelques longueurs, le propos aura rarement été aussi franc et direct (nous humains nous nous tirons une balle dans le pied, on critique mais personne à la solution), et amène jusqu'à une conclusion particulièrement pessimiste, et il fallait bien une satire caustique pour faire passer la pilule et qu'on aurait aimé encore plus drôle.
Note :
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