Her Private Hell (2026) de Nicolas Winding Refn
Le grand retour au cinéma du danois Nicolas Winding Refn après dix années d'absence et son "The Neon Demon" (2016). Entre temps il a surtout travaillé pour la télévision dont la série TV "Too Old to Die Young" (2019), et il avait annoncé son retour avec un thriller d'espionnage intitulé "The Avening Silence" qu'il a ensuite mis en stand-by pour un autre thriller psychologique tourner à Tokyo. Le cinéaste s'est inspiré de son vécu : "J'ai eu l'idée de ce projet lorsque je suis mort et que j'ai été ramené à la vie." explique-t-il, une expérience traumatisante suite à son insuffisance cardiaque qui lui aurait insufflé ce besoin vital de création. Producteur-réalisateur-scénariste Nicolas Winding Refn co-écrit avec la scénariste Esti Giordani qui a écrit auparavant pour les séries TV "Vida" (2018-2020) et "Stick" (2025-...)... Tokyo dans un futur proche, une jeune femme part à la recherche de son père alors qu'une brume étrange engloutit la métropole et libère une présence insaisissable et meurtière...
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La jeune femme est incarnée par Sophie Thatcher vue dans "Le Croque-Mitaine" (2023) de Rob Savage, "MaXXXine" (2024) de Ti West, "Heretic" (2024) de Scott Beck et Bryan Woods et "Companion" (2025) de Drew Hancock. Citons ensuite Charles Melton vu dans "May December" (2023) de Todd Haynes ou "Warfare" (2025) de Ray Mendoza et Alex Garland, Kristine Froseth vue dans "Le Bon Apotre" (2018) de Gareth Evans, "Sabotage" (2022) de Daniel Goldhaber ou "Oh, Canada" (2024) de Paul Schrader, Havana Rose Liu vue dans "Sans Issue" (2022) de Damien Power, "L'I.A. du Mal" (2024) de Chris Weitz ou "Le Virtuose" (2025) de Daniel Roher, Dougray Scott vu entre autre "Dark Water" (2005) de Walter Salles, "My Week with Marylin" (2011) de Simon Curtis ou "Sea Fever" (2019) de Neasa Hardiman, Diego Calva vu dans "Babylon" (2022) de Damien Chazelle, "Bird Box : Barcelona" (2023) des frères Pastor et "Les Indomptés" (2024) de David Minahan, Shioli Kutsuna vue dans "The Outsider" (2018) de Martin Zandvliet ou deux "Deadpool" (2018-2024), Hidetoshi Nishijima vu dans "Dolls" (2002) de Takeshi Kitano, "Drive my Car" (2021) de Ryusuke Hamaguchi ou "La Voie du Serpent" (2024) de Kiyoshi Kurosawa, puis Parker Sawyers vu notamment dans "La Momie" (2017) de Alex Kurtzman, "Greta" (2018) de Neil Jordan ou "Jay Kelly" (2025) de Noah Baumbach... Dès les premières images on a particulièrement peur, avec un esthétique visuel fort mais superficiel et des actrices qui se meuvent au ralenti. Dans un premier temps le visuel niveau couleurs comme des décors on pense à la référence "Blade Runner" (1982) de Ridley Scott mais mixée à la sauce "Barbie" (2023) de Greta Gerwig sous prozac. Les intérieurs sont des panneaux en studios et les extérieurs ont la laideur 100% numérique. Dans un second temps les personnages féminins semblent des mannequins drogués, amorphes, certes jolies mais décérébrées. Ainsi la qualité esthétique est si artificiel que le film aurait tout d'une succession d'idées ou de projets pour des spots publicitaires.
Le scénario ensuite est d'une construction tout aussi opaque, on ne comprend pas franchement l'intrigue qui tient officiellement du cauchemar, assumé par Nicolas Winding Refn qui s'inspire des siens et de ce qu'il aurait vécu lors de sa crise cardiaque en 2023. Ok, mais le commun des mortels a déjà des difficultés à comprendre ses propres rêves alors le cauchemar personnel d'un cinéaste assez égocentrique pour se dire qu'il peut les montrer aux autres sans penser franchement à son public c'est une gageure. Plusieurs passages sont hallucinants de gratuité (des femmes qui dialoguent "sérieusement" en miaulant ?!), tandis qu'on tente de comprendre a minima le fond du propos qui repose sur un père et ses différentes facettes (du père aimant au monstre absolu en passant par le père indigne) où on décèle diverses perversités plus ou moins probantes, qui tombent souvent à l'eau tant les scènes alternent entre le ridicule et le pastiche involontaire. Quelle déception !... Nicolas Winding Refn était sans aucun doute l'un des meilleurs réalisateurs du cinéma mondial entre 1996 et 2016, d'abord avec un cinéma viscéral et organique entre sa trilogie "Pusher" (1996-2005) et "Valhalla Rising - Le Guerrier Silencieux" (2009), puis qui vira ensuite de plus en plus vers un esthétisme plus travaillé et une style plus surréaliste à partir de "Drive" (2011), qui se confirmera avec "Only God Forgives" (2013) puis le premier signe de "déclin" avec "The Neon Demon" (2016). Désormais le cinéaste danois trébuche fortement avec un film vain, vide de toute substance, peut-être trop personnel pour y avoir un semblant de message universel, trop abstrait à tel point que la compréhension est encore plus abscons que "2001, l'Odyssée de l'Espace" (1968) de Stanley Kubrick. Une des plus grandes déceptions de ces dernières années...
Note :
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