Le Virtuose (2026) de Daniel Roher

par Selenie  -  29 Mai 2026, 15:00  -  #Critiques de films

Premier long métrage de fiction pour Daniel Roher jusqu'ici réalisateur de documentaires qui a connu la consécration avec le film "Navalny" (2022) lauréat des BAFTA et Oscar 2023 du meilleur film documentaire. Le cinéaste explique que malgré les honneurs et le succès il a connu juste après une période de doute qui a amené à un manque d'inspiration. Petit à petit il s'est interrogé sur "son identité sans créativité", dans une démarche introspective qui l'a donc mené petit à petit à imaginer cette histoire une autre facette de la "perte de repères artistiques". Réalisateur-scénariste il co-écrit son scénario avec Robert Ramsey co-scénariste sur les films "Intolérable Cruauté" (2003) des frères Coen ou "Soul Men" (2008) de Malcolm D. Lee... Doté dune ouïe exceptionnelle, un jeune accordeur de piano voit sa vie basculer lorsque son talent attire l'attention de criminels. Niki se laisse d'autant plus séduire qu'il a besoin de trouver rapidement une somme importante nécessaire pour payer l'hôpital où est soigner son mentor...

Le jeune accordeur est joué par Leo Woodall aperçu dans "Cherry" (2021) des frères Russo, puis remarqué dans "Bridget Jones : Folle de Lui" (2025) de Michael Morris et "Nuremberg" (2025) de James Vanderbilt, tandis que son mentor est incarné par Dustin Hoffman monstre sacré des années 60 à 90 et qui surnage depuis d'ailleurs avec un film homonyme "Le Virtuose" (2015) de François Girard, et vu depuis notamment dans "The Program" (2015) de Stephen Frears ou "Megalopolis" (2024) de Francis Ford Coppola. Citons ensuite Havana Rose Liu apparue dans "Sans Issue" (2022) de Damien Power, "Bottoms" (2023) de Emma Seligman ou "L'I.A. du Mal" (2024) de Chris Weitz, Lior Raz aperçu dans "Marie Madeleine" (2018) de Garth Davis, "Six Underground" (2019) de Michael Bay ou "Gladiator 2" (2024) de Ridley Scott, Tovah Feldshuh apparue dans "Broadway Therapy" (2014) de Peter Bogdanovich ou "Armageddon Time" (2022) de James Gray, puis enfin notre frenchy Jean Reno vu dernièrement dans "En Plein Vol" (2024) de F. Gary Gray, "Loups-Garous" (2024) de François Uzan ou "Marsupilami" (2026) de et avec Philippe Lacheau... Vu le sujet on pense un peu à "Sound of Metal" (2021) de Darius Marder pour le travail remarquable sur le son, on pense surtout au magnifique film français "De Battre mon Coeur s'est arrêté" (2005) de Jacques Audiard. Si l'influence est évidente et qu'on pourrait croire à une variation plutôt qu'à un pur remake, Daniel Roher s'en détache tout de même avec des éléments moins déstabilisants et moins risqués, notamment sur une filiation ici moins nocive avec un mentor bienveillant, un "héros" plus lisse et moins ambigu, et un récit moins tendu car plus convenu.

Néanmoins, le jeune accordeur de piano est touchant, autant dans la gestion de son quotidien que sa relation avec son mentor (un Dustin Hoffman très sous-exploité) tandis que son rapport à la musique et à sa gestion des sons sont passionnantes même si il demeure une incompréhension profonde et gênante... ATTENTION SPOILERS !... il a été un pianiste virtuose avant l'éveil de son handicap, il semble avoir dû arrêter son évolution musicale sui te à son handicap mais son mentor sur son lit d'hôpital rappelle que son jeune protégé joue a priori de temps en temps pour lui (?!) alors pourquoi refuse-t-il de jouer pour sa petite amie ?! Puis enfin, s'il ne joue plus depuis son enfance comment pourrait-il jouer aussi parfaitement et de façon aussi fluide aussi longtemps après ?!... ATTENTION SPOILERS !... L'idée de se servir de son handicap qui est aussi un don est excellente, et est même très judicieusement utilisée pour le braquage de coffre. Le rapport son-silence est assez fascinante avec un très bon travail sur les sons. Mais là encore, on peut tout de même s'étonné que Niki/Woodall se lance aussi facilement, en étant même pas étonné de cette capacité que lui offre son don, comme si c'était naturel de percevoir des sons aussi spécifiques derrière une porte blindée, son jeu blasé alors qu'il n'a jamais essayé auparavant ce genre d'exercice d'écoute semble très peu crédible. Daniel Roher signe un polar "auditif" trop hollywoodien et passez audiardesque mais très plaisant à suivre. Un bon moment à défaut d'être unique et original.

 

Note :                 

14/20
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