The Ugly (2026) de Yeon Sang-Ho

par Selenie  -  31 Juillet 2026, 11:41  -  #Critiques de films

A peine sortie de son dernier film "Colony" (2026) le réalisateur coréen Yeon Sang-Ho revient avec un film un peu différent de ses précédents films, autant sur le fond que sur la forme. S'il est surtout connu pour sa trilogie zombie avec "Dernier Train pour Busan" (2016), "Peninsula" (2020) et donc "Colony" (2026) le cinéaste est aussi un artiste qui a débuté dans l'animation avec les films "The King of Pigs" (2011), "The Fake" (2013) et "Seoul Station" (2016), ce qui l'a aussi amené à écrire des romans graphiques, et c'est justement une adaptation de son propre roman graphique "Face" (2018) qu'il porte ici à l'écran. Il a voulu via ce film faire une allégorie critique de on pays dans les années 70, une période où son pays était obnubilé par leur incroyable croissance économique. Réalisateur-scénariste Yeon Sang-Ho est aussi producteur via sa société de production Wow Point avec un budget ridicule de 200 millions de wons soit 120000 euros. Le cinéaste a réunit une équipe limité à une petite vingtaine de personnes, pour moins de un mois de tournage, recréant le Séoul des années 70 à moindre coût, et une équipe qui a accepté un salaire minimum pour que le film puisse se faire dans ses conditions... Aveugle de naissance, un maître artisan, admiré pour les sceaux qu'il grave, vit reclus avec son fils unique. Cette vie apparemment paisible vole en éclat quand les ossements de sa femme, disparue 40 ans plus tôt, sont découverts. Son fils entreprend alors une enquête sur un passé familial trouble et sur la laideur humaine... 

Le maître artisan est incarné par Kwon Hae-Hyo acteur fétiche de Hong Sang-Soo sur une dizaine de films depuis "In Another Country" (2012) et qui retrouve son réalisateur après "The Fake" (2013) et "Peninsula" (2020), son personnage jeune et son fils sont joués par Park Jung-Min vu dans "La Frappe" (2011) de Yoon Sung-Hyun, "Pandémie" (2013) de Kim Seong-Su ou "Deliver Us from Evil" (2020) de Hong Won-Chan et qui retrouve aussi son réalisateur après "Psychokinesis" (2018) et la série TV "Hellbound" (2021), tandis que la mère et épouse morte quarante ans auparavant est incarnée par Shin Hyun-Been vue dans "Gongio" (2017) de Kim Seong-Hoon, "Take Point" (2018) de Kim Byung-Woo ou "Lucky Strike" (2020) de Kim Yong-Hoon et retrouve son réalisateur après "Revelations" (2025) ainsi que l'acteur Han Ji-Hyun vu dans "Seobok" (2020) de Lee Yong-Ju ou "Sisterhood" (2025) de Yoon Eun-Kyoung. Citons encore Im Sung-Jae apparue dans "Heaven : to the Land og Happiness" (2020) de Im Sang-Soo et "Dark Market" (2024) de Park Hee-Kon, Cha Mi-Kyung apparue dans "Burning" (2018) de Lee Chang-Dong, "Retour à Séoul" (2022) de Davy Chou ou "Jangson" (2023) de Oh Jung-Min, puis Ko Seo-Jie vue dans "Peppermint Candy" (1999) et "Secret Sunshine" (2007) tous deux de Lee Chang-Dong, "Memories of Murder" (2003) de Bong Joon-Ho, "Hunt" (2022) de Lee Jung-Jae, et retrouve son réalisteur juste après "Revelations" (2025)... Le réalisateur coréen quitte le film d'horreur pour un film entre thriller psychologique et drame familial avec, et c'est le cinéaste qui l'affirme, un sujet central qui est que notre société porte aux nues la beauté et porte au pilori la laideur en sachant bien tous que tout ceci est bien subjectif... ou pas ! Une journaliste qui effectue un reportage justement sur le beauté des sceaux d'un artiste aveugle va vite montrer toute la laideur du journalisme à sensation, c'est-à-dire devenir le charognard opportuniste qui va fouiller dans un secret de famille pour un article qui promet forcément le goût du malaise et du sang, le tout à l'insu du plein gré d'un fils quarantenaire qui se laisse vampiriser pour connaître la vérité sur sa mère défunte. 

Ainsi, le film se construit autour d'un chapitrage au fil des interviews ou des entretiens que mènent la journaliste accompagné d'un fils qui se laisse manipuler sagement. Au fil des rencontres le puzzle des événements passés 40 ans plus tôt se révèlent jusqu'à deux gros dénouements, deux twists très différents sur le fond comme sur la forme... ATTENTION SPOILERS !... la premier est attendu, celui où se confirme la culpabilité du père, le second avec enfin la photo de la mère (et donc de sa laideur !) qui nous est dévoilé, au fils comme au spectateur... FIN SPOILERS !... Deux passages essentiels loin de convaincre, d'abord parce que la première révélation n'a rien d'inattendu, on le sait et on attend juste l'instant où ça arrive enfin, puis la second révélation n'aurait justement jamais dû l'être et laisser le mystère ouvert, aussi bien pour l'effet malaisant, l'imagination étant toujours plus forte, et enfin parce qu'au final l'intrigue en devient complètement incompréhensible. Outre le chapitrage, le montage s'avère laborieux, entre les flash-backs et les différents points de vue ça reste un peu fouilli, sans fluidité. Plus anecdotique, rappelons par ailleurs que la famille qui semblent malade à cause de l'odeur de la défunte est ridicule, un squelette à la morgue ne sent pas. Dommage, car l'idée est très bonne, les personnages et le matériau de base passionnant, mais le scénario oscille trop constamment entre l'évidence (ce qui est cousu de fil blanc) et l'incompréhension (tout ça pour ça ?!). Grande déception... 

 

Note :                 

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