Colony (2026) de Yeon Sang-Ho

par Selenie  -  28 Mai 2026, 11:08  -  #Critiques de films

Réalisateur sud-coréen de "Psychokinesis" (2018) ou "Jung E" (2023), Yeon Sang-Ho revient surtout pour clore sa trilogie sur les zombies après "Dernier Train pour Busan" (2016) et "Peninsula" (2020). Cela faisait longtemps qu'il subissait des pressions pour qu'il poursuive avec cette seconde suite mais le cinéaste avoue avoir voulu "repartir d'une page blanche". Ainsi, il ne s'agit plus d'une mythologie sur des morts-vivants "individuels" mais sur une conscience collective, dans l'idée d'un "esprit de ruche". Producteur-réalisateur-scénariste Yeon Sang-Ho co-écrit son scénario avec Choi Kyu-Sok, créatuer de la série TV "Hellbound" (2021) qu'il retrouve après leur première collaboration sur "Revelations" (2025). Le réalisateur avoue s'être inspiré de grands classiques, du film catastrophe d'abord avec "L'Aventure du Poséïdon" (1972) de Ronald Neame et "La Tour Infernale" (1974) de John Guillermin, puis vu le contexte du cultissime "Piège de Cristal" (1987) de John McTiernan. Le film est interdit au moins de 15 ans en Corée du Sud, et interdit au moins de 12 ans en France...

Dans un gratte-ciel de Seoul, qui est un bâtiment de biotechnologie, une mystérieuse contamination se propage brusquement. Au départ, les personnes infectées rampent comme des insectes mais ils évoluent très vite de manière imprévisible... Les deux personnages principaux sont joués par Jun Ji-Hyun (aussi connue comme Gianna Jun) vue dans "Blood : the Last Vampire" (2009) de Chris Nahon ou "The Agent" (2013) de Ryoo Seung-Wan et qu'on n'avait plus vu sur grand écran depuis "Assassination" (2015) de Choi Dong-Hoon, puis Koo Kyo-Hwan vu dans "Kill Bok-Soon" (2023) de Byun Sung-Hyun et "Escape" (2024) de Lee Jong-Pil, Ji Chang-Wook vu dans "Hard Hit" (2021) de Kim Chang Ju ou "Revolver" (2024) de Oh Seung-Uk, Shin Hyun-Been vu dans "Lucky Strike" (2020) de Kim Yong-Hoon et retrouve son réalisateur Yeon Sang-Ho après "Revelations" (2025) et "The Ugly" (2025), Kim Shin-Rok vu dans "Burning" (2018) de Lee Chang-Dong ou "Soulèvement" (2024) de Kim Sang-Man, Go Soo vu dans "Gojijeon" (2011) de Jang Hoon, "Way Back Home" (2013) de Bang Eun-Jin, "The Last Princess" (2016) de Hur Jin-Ho ou "The Fortress" (2017) de Hwang Dong-Hyeok, puis enfin Kim Hyung-Mook aperçu dans "The Bad Guys" (2019) de Son Yong-Ho ou "Aucun Autre Choix" (2026) de Park Chan-Wook... Le film démarre assez vite, une bonne chose car il évite les premières parties souvent longues pour "présenter" les protagonistes principaux et ajouter des mélos trop imposants dans le récit. Ici, il y a sensiblement la même chose, nécessaire pour s'attacher un temps soit peu aux personnages, mais dans un timing plus serré et sans être surexplicatif. C'est concis et direct. Effectivement, on pense parfois à "La Tour Infernale" (1974) ou "Piège de Cristal" (1987) mais par la force des choses, via la tour et/ou la dimension labyrinthique inhérent au contexte architectural. L'immersion dans l'enfer biotechno-épidiologique ne se fait doncp as attendre et s'avère très efficace dès les premières minutes.

Niveau effets visuels c'est assez remarquables, les maquillages et les effets spéciaux sont bluffants, le côté viscéral et organique est bien rendu et rajoute au dégoût et à l'effroi. Si le discours du début reflète l'idée originale du cinéaste, à savoir la métaphore entre l'infection et notre soumission à l'I.A. on lui préfère très nettement le parallèle avec la société des fourmis ; une société structuré et communautaire fascinante que le bioterroriste a copié pour imaginer son projet. Une grande partie des rebondissements de l'intrigue repose donc sur ces "capacités cognitives" qui créent une évolution des "zombies" logiques et cohérentes dans ce contexte de SF d'anticipation. C'est un très bon point, même si d'autres films du genre avait déjà abordé ce genre de "possibilité", il est ici organisé, voulu et inventé par un "génie du mal". L'autre bon point est qu'on ne peut savoir qui va survivre, on le comprend très vite avec un mort auquel on ne s'attend certainement pas. Yeon Sang-Ho signe son meilleur film face aux précédents, surpassant légèrement le déjà très bon "Dernier Train pour Busan" (2016) et faisant oublier le râté "Peninsula" (2020). A conseiller.

 

Note :                 

15/20
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :