Talons Aiguilles (1991) de Pedro Almodovar

par Selenie  -  14 Octobre 2014, 10:05  -  #Critiques de films

Déjà le chef de fil du cinéma espagnol avec le mouvement artistique la Movida et des films  à succès comme "Matador" (1986), "Femmes au Bord de la Crise de Nerfs" (1988) ou "Attache-Moi !" (1990), Pedra Almodovar poursuit son oeuvre aussi cohérente que dense qui met souvent en valeur des personnages en marges qu'on appellera bientôt LGBT+ (etc) et des secrets de famille plus ou moins enfouis. Le film est un nouveau succès, critique et public avec en prime lme César du Meilleur film étranger 1993... Après des années d'absence, Becky Del Paramo, célèbre chanteuse pop des années soixante rentre à Madrid et retrouve sa fille Rebecca qu'elle n'a pas vu depuis des années et qui est désormais mariée à Manuel, un de ses anciens amants. Becky comprend que le mariage de sa fille est un naufrage, d'autant plus quand Manuel lui fait des avances sous couvert de leur passé tandis que Becky connaît une liaison avec un drag queen. Mais bientôt Manuel est retrouvé assassiné... 

La diva Becky est incarnée par Marisa Paredes qui retrouve Pedro Almodovar après "Dans les Ténèbres" (1983) et qui confirmera sa fidélité au cinéaste avec encore "La Fleur de mon Secret" (1995), "Tout sur ma Mère" (1999), "Parle avec Elle" (2002) et "La Peil que Habito" (2011), sa fille Rebecca est jouée par Victoria Abril remarquée dans "Je veux être Femme" (1977) de Vicente Aranda ou "J'ai épousé une Ombre" (1983) de Robin Davis qui retrouvera Almodovar dans "Attache-Moi !" (1990) et "Kika" (1994), et le retrouve après "La Loi du Désir" (1988) à l'instar de Bibiana Fernandez qui était dans ses deux derniers films ainsi que dans "Matador" (1986) retrouvant aussi Nacho Martinez qui jouait dans ces deux derniers films cités. Citons ensuite Miguel Bosé remarqué dans "Suspriria" (1977) de Dario Argento ou "Le Chevalier du Dragon" (1985) de Fernando Colomo et qui viendra en France pour "La Reine Margot" (1994) de Patrice Chéreau et avec Victoria Abril dans "Gazon Maudit" (1995) de et avec Josiane Balasko, Anna Lizaran apparue dans "El Vicari d'Olot" (1980) et "Actrices" (1997) tous deux de Ventura Pons, Cristina Marcos vue dans "Maravillas" (1981) de Manuel Gutierrez Aragon ou plus tard "L'Ecureuil Rouge" (1993) de Julia Medem, Feodor Atkine vu entre autre dans "Guerre et Amour" (1975) de et avec Woody Allen, "La Guerre des Polices" (1979) de Robin Davis ou "Henry and June" (1990) de Philip Kaufman, Miriam Diaz-Aroca vue ensuite dans "Belle Epoque" (1992) de Fernando Trueba ou "La Cripta" (2012) de Pablo Ibanez, Javier Bardem encore débutant qui va exploser avec "Jambon, Jambon" (1992) de Bigas Luna et retrouvera Almodovar dans "En Chair et En Os" (1997), sans oublier un caméo de Agustin Almodovar, frère du réalisateur et son producteur depuis les débuts... La B.O. est signée du japonais Ryuichi Sakamoto compositeur auréolée des succès de "Furyo" (1983) de Nagisa Oshima et "Le Dernier Empereur" (1987) de Bernardo Bertolucci... D'ailleurs, la partie musicale du film a son importance, si le genre traditionnel et les chants sont assez envoûtants on reste dubitatif et même plutôt gêné par le doublage vocal sur les chansons, en effet la voix chantée de Marisa Paredes (assurée par Luz Casal) est beaucoup trop différente et crée alors un décalage qui nous sort du film. 

Almodovar signe un énième film à la gloire des femmes dans un drame familial alambiqué, un peu trop alambiqué... Une star reprend contact avec sa fille qui s'est mariée entre-temps avec son ancien amant. Peu de temps après cet époux (et ex-amant) est retrouvé assassiné. La star est incarné par Marisa Paredes, absolument géniale, tandis que sa fille est jouée par Victoria Abril toute en fragilité. Cette dernière est d'ailleurs au coeur de la scène cultissime du cunnilingus ! Le film serait bien meilleur si le scénario ne s'était pas éparpillé sur des sous-intrigues dont on se fout royalement et qui n'apportent rien comme la prostituée en prison. Outre la partie prison peu inspirée on regrettera un sempiternel "oui j'avoue mais non..." trop appuyé au lieu de se focaliser sur le lien mère-fille et leur amant-époux. Néanmoins ça reste un beau film, avec des actrices sublimes et de belles scènes d'émotions.

 

Note :     

14/20
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