Sous le Ciel de Kyoto (2026) de Akiko Ohku
Réalisatrice de plusieurs films déjà donc "Koisiri Madori" (2007), "Tempura" (2020) et "Uedingu Hai" (2022), Akiko Ohku revient avec une histoire proposée et imaginée par Shusuke Fukutoku qui a écrit son premier roman alors qu'il est acteur, vu entre temps "Hirô Shô" (2010) de Kazuyuki Izutsu ou "My Favorite Girl" (2020) de Shinya Tamada. Réalisatrice-scénariste, Akiko Ohku adapte donc l'oeuvre tout en intégrant certaines thématiques. D'abord il a perçu dans le roman la notion sérendipité : "Ce mot m'est venu immédiatement à l'esprit. La sérendipité est le fait qu'une succession d'événements hasardeux puissent mener à une découverte bénéfique alors que l'on cherchait autre chose. Je me suis donc demandé si je pouvais aborder leur romance dans un style similaire à celui de la trilogie Before de Richard Linklater." Le cinéaste faisant référence à la trilogie "Before" (1995-2013) de Richard Linklater. Ensuite la cinéaste ajoute : "Face à une réalité comme la tragédie du monde, je me demande ce que je peux faire. Par exemple, un jeune conscient de la situation mais se disant "Je ne sais pas quoi faire", pourrait voir une manifestation et se dire : "Je vais marcher avec eux." Je voulais montrer des jeunes qui entreprennent de petits gestes comme celui-ci, même dans la fiction. J'ai inclus des scènes de ce genre en espérant que le film trouverait un écho dans la réalité." Et enfin, la cinéaste dédie son film à Kitamura Kanelo, première femme étudiante et féministe décédée prématurément (1903-1931) qui l'a inspirée entre autre depuis qu'elle a pu entendre sa voix dans un enregistrement de 1927 où elle lisait un extrait de son livre "Strange Chastity" : "Il est normal d'être en colère, d'être indigné"...
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Kyoto, entre l'université et un petit boulot dans les bains publics, Toru garde toujours ses parapluies àportée de main, tels des boucliers contre le monde extérieur. Quand il rencontre Hana, mystérieuse, lumineuse, fragile, l'évidence naît entre eux... avant qu'elle ne disparaisse soudainement... Toru est joué par Riku Hagiwara vu notamment dans "Assassination Classroom" (2015) de Eichiro Hasumi, "Inosento 15" (2016) de Hirokazu Kai", "12 Suicidal Teens" (2019) de Yukihiko Tsutsumi, "Ishikubi Village" (2022) de Takashi Shimizu ou "Kuchinai Satura" (2024) de Hiroto Hara. Hana est incarnée par Yumi Kawai vue dans "Plan 75" (2022) de Chie Hayakawa, "A Man" (2022) de Kei Ishikawa, "N'Oublie pas les Fleurs" (2022) de Genki Kawamura ou "Renoir" (2025) de Chie Hayakawa. Citons ensuite Aoi Itô vue dans "Her Love Boils Bathwater" (2016) de Ryôta Nagano, "Missing" (2021) de Shinzo Katayama ou "Love is Light" (2022) de Keichi Kobayashi, Kodai Kurosaki vue dans "Des Fleurs pour Tokyo" (2025) de Danzuka Yuiga ou "Soudain" (2026) de Ryusuke Hamaguchi, Kôdai Asaka vu dans "Lesson of Evil" (2012) de Takashi Miike, "Gekijo" (2020) de Isao Yukisada, "Inubu" (2021) de Tetsuo Shinohara, "11 Rebels" (2024) de Kazuya Shiraishi, Honoka Matsumoto remarqué dans "Love Like the Falling Petals" (2022) de Yoshihiro Fukagawa, puis Arata Furuta vu dans "Zebraman" (2004) et "13 Assassins" (2010) tous deux de Takashi Miike, "Hana" (2006) de Hirokazu Kore-Eda ou "The Village" (2023) de Michiito Fujii... Le film débute comme une romance adolescente douce-amère, où le jeune Toru/Hagiwara est un peu à l'écart, utilisant systématiquement un parapluie même quand il fait beau comme pour se protéger des autres, va rencontrer Hana/Kawai, une jeune femme qui a quasi les mêmes "marottes" au grand dam de Sacchan/Itô, sa jeune collègue dans leur job d'étudiant qui est amoureuse de lui. A première vue le film s'annonce donc comme un triangle amoureux entre des jeunes plus réservés et /timides que réellement en marge, avec un soupçon de légèreté, une poncée de fantaisie.
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Mais cette sensation de Rom Comm à la nippone ne dure pas, le film vire doucement vers l'écueil habituel du mélodrame puisque forcément un triangle amoureux annonce une déception pour l'un des trois, mais surtout une fois que la notion de sérendipité est expliquée et placée dans le récit, on constate que la relation entre Toru/Hagiwara et Hana/Kawai devient redondante, tourne en rond, le film de vient de plus en plus bavard avec deux passages particulièrement longs et poussifs... ATTENTION SPOILERS !... la déclaration d'amour de Sacchan/Itô débute de façon touchante, au verbe sincère et émouvant mais elle répète trois ou quatre fois les mêmes choses, ça devient gênant, très long et donc ennuyeux, idem vers la fin, où on se demande comment et pourquoi on doit subir (c'est peu de le dire) toute la description de comment Hana/Kawai a appris et géré l'annonce de la mort de sa soeur surtout sur une telle longueur et avec autant de détails, avec une évidence qu'il est difficile d'entendre puisque la plupart des gens connaissent le deuil... FIN SPOILERS !... Pendant longtemps on se demande où va nous mener ce récit insipide qui tourne en rond malgré une mise en scène qui tente des choses comme un split screen ou le travelling. Si on accepte et adhère à tout une culture certains passages laissent perplexes et/ou sonnent carrément faux, la faute souvent à l'acteur Riku Hagiwara ou à la direction d'acteur du moins, souvent en surjeu ou au contraire trop en mode monolithique. Le twist et la révélation donne soudain une vraie densité à l'intrigue, mais le film est bien trop long pour en arriver là. 15-20mn en moins n'aurait pas été une sinécure dans un film très bavard sans pour autant dire beaucoup plus que si il a avait été plus court.
Note :
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