Nightburn (2026) de Hanna Bergholm

par Selenie  -  23 Juillet 2026, 15:02  -  #Critiques de films

Second long métrage de la finlandaise Hanna Bergholm après son très remarqué "Ego" (2022) et multiprimé notamment au Festival du film fantastique de Géradmer en 2022. Après ce succès la cinéaste souhaitait continuer son exploration autour de l'"horreur corporel" et son choix s'est porté assez logiquement sur la maternité pour une histoire qu'elle dit avoir imaginée comme un "conte de Grimm moderne". Réalisatrice-scénariste elle retrouve sa co-scénariste et compatriote Ilja Rautsi qui a signé entre temps le film "Memory of Water" (2022) de Saara Saarela en attendant son premier film en solo avec "Red Snow" (2026). Film interdit au moins de 12 ans... Rêvant de construire une vie familiale paisible, Saga et son mari Jon  s'installent dans la maison où elle a passé son enfance, dans la forêt finlandaise. Mais à la naissance de leur endfant, Saga perçoit chez son bébé quelque chose d'inexplicable et d'inquiétant. Malgré un entourage rassurant et le soutien de Jon, Saga perd de plus en plus pied face à un bébé qui semble de plus en plus terrifiant... 

Saga est incarnée par Seidi Haaria vue dans "Compartiment n°6" (2021) de Juho Kuosmanen et "Sally Bauer, à Contre Courant" (2024) de Frida Kempff, tandis que son époux est joué par le britannique Rupert Grint, révélation de la saga "Harry Potter" (2001-2011) et qui a bien du mal à se sortir de cette franchise à succès malgré quelques films comme "Petits Meurtres à l'Anglaise" (2010) de Jonathan Lynn, "Charlie Countryman" (2013) de Fredrik Bond ou "Knock at the Cabin" (2023) de M. Night Shyamalan. Citons ensuite Pamela Tola vue surtout dans "La Belle et le Vagabond" (2005), "Very Cold Trip" (2010) et "Heart of Lion" (2014) tous trois de Dome Karukoski avant de réaliser son premier film avec "Ladies of Steel" (2020), John Thomson vu dans la série TV "Cold Feet - Amours et Petits Bonheurs" (1998-2020) et les films "L'Homme qui en savait Trop Peu" (1998) de Jon Amiel ou "Coeur d'Encre" (2009) de Iain Softley, Satu Tuuli Karhu remarqué dans "Jamais Seul" (2025) de Klaus Härö, Amira Khalifa apparue dans "Addiction" (2004) de Minna Virtanen ou "Au Fin Fond de la Petite Sibérie" (2025) de Dome Karukoski, Mari Rantasila vue dans "Lovemilla" (2015) et "Nimby" (2020) tous deux de Teemi Nikki ou "Wonderland" (2017) de Iniari Niemi, ou encore Helena Rängman et Klaara Höglund... Les films d'horreur avec enfants sont légions, en se focalisant sur bébé c'est tout de même plus rares, la plupart du temps c'est comme une entrée en métière avant que la créature grandisse. Ici l'histoire reste focus sur les quelques premiers mois de bébé, avec un contexte de légende scandinave qui se dévoile très vite pour ne pas dire aussitôt, à savoir l'univers des trolls (Tout savoir ICI !) même si la Finlande est pourtant le pays nordique le moins sujet à cette mythologie. A première vue le film reprend le cahier des charges inhérent au genre, un bébé monstre, des parents qui ne vont évidemment pas être sur le même longueur d'ondes, une forêt étrange voir inhospitalière, une maison forcément isolée, mystère du passé, choc des cultures... etc... Rien de bien neuf donc... Pourtant le film nous prend un peu pas surprise dans les effets organiques autant charnels que forestière, et surtout dans l'intimité féminine et surtout maternelle et sa dimension sanguine. L'hémoglobine ne coule pas à flot, loin de là, mais s'impose dans un contexte qui ne manquera pas de mettre mal à l'aise une partie du public.

Il y a même une certaine audace sur quelques passages qui rappellent la singularité de devenir et d'être mère. Pour l'effet organique, on est a contrario plutôt déçu par le bébé, très bon point pour avoir privilégié l'animatronique plutôt que le numérique mais le bébé reste tellement dans l'ombre ou l'obscurité que les effets le concernant s'en trouve atténués. On apprécie beaucoup la forêt et la maison, les décors sont effectivement aussi magnifiques qu'inquiétants ; la forêt est à la fois si classique et si "fermée", un réel troisième personnage presque viscéral, qu'on entend respirer et exister, tandis que la maison évolue de ruine à maison presque douillette avant de nouveau dépérir progressivement, à l'image donc de la relation conjugale. Mais on s'agace un peu plus sur les actions-réactions des proches, et d'autant plus du mari qui paraissent toujours peu plausibles, plus cohérents voir même invraisemblables... ATTENTION SPOILERS !... l'époux/Grint ne réagit pas d'un iota quand sa femme saigne lors de la tétée ni à la première ni aux suivantes, l'épouse avoue que son bébé suce son sang ni le père ne réagit ni même le médecin ?! Il y a pourtant une différence entre saigner un peu lors des débuts et une réelle succion ! Et que dire de la soeur/tante qui ne veut directement à sa soeur sans une pensée au petit monstre cannibale ?!... FIN SPOILERS !... Ainsi y a-t-il des limites à la cécité paternel, tandis que le passé familial qui s'avère trouble reste au niveau des évocations floues et du questionnement sans réponses. On constate donc que sur le fond la réalisatrice tombe sur les écueils habituels du genre, mais se rattrape sur la forme avec un superbe travail sur l'environnement, une certaine audace dans les passages dérangeants et malsains, avec une réflexion sur la maternité intéressante, et en prime une performance de Seidi Haarla aussi bluffante que perturbante.

 

Note :                 

13/20
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