De la Comédie Française (2026) de Martin Darondeau et Bertrand Usclat
Martin Darondeau créateur de la série TV "Fleur Bleue" (2021-...) et scénariste pour les comédies "On ira" (2025) de Enya Baroux et "Vacances Forcées" (2025) de François Prévôt-Leygonie, puis Bertrand Usclat avant tout acteur notamment sur les comédies "Abdel et la Comtesse" (2018) de Isabelle Doval, "Second Tour" (2023) de et avec Albert Dupontel ou "L'Arnaqueuse" (2026) de Wilfried Méance, avaient au départ l'idée d'une série TV sur les coulisses de la fameuse et prestigieuse Comédie Française (Tout savoir ICI !) mais le projet s'est vite enlisé avant qu'un élément essentiel précipite les choses ; en effet la salle Richelieu s'est retrouvée disponible pendant plusieurs jours en raison de travaux, une occasion inespérée. Ainsi les co-scénaristes ont réécrit leur scénario en deux mois pour en faire un long métrage. Martin Darondeau et Bertrand Usclat, réalisateurs-scénaristes ont co-écrit leur scénario avec Clémence Dargent créatrice de la série TV "OVNI(s)" (2021-2022) qui écrit également les scénarios des films "Bernadette" (2023) de Lea Domenach et "Bis Repetita" (2024) de Emilie Noblet, puis avec Pauline Clément, nouvelle sociétaire de la Comédie Française, actrice et comédienne notamment nommée au Molière de la révélation féminine pour la pièce "La Puce à l'Oreille" (2020) qui écrit ici son premier scénario. Les auteurs ont construit leur récit après plusieurs entretiens avec les pensionnaires et sociétaires de la Comédie Française, recueillants anecdotes, habitudes de travail, situations insolites etc... Précisons que les comédiens de la Comédie Française sont composés de 23 sociétaires, 17 pensionnaires et 20 sociétaires honoraires, les pensionnaires sont engagés et peuvent devenir sociétaire après au moins une année de contrat... La plupart des scènes du film sont donc tirées de faits réels et/ou d'histoires vécues plus ou moins condensées et amplifiées pour les besoins de la comédie... Dans 3 heures, Nina dévoile sa première mise en scène à la Comédie Française. Mais dans l'agitation et le stress des dernières répétitions rien ne se passe comme prévu : retards, oublis, angoisses, conflits d'ego et soucis techniques pourtant Nina na d'autres choix que de trouver des solutions car il y a une règle d'or à la Comédie Française : on n'annule pas !...
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Au casting, on retrouve que des pensionnaires et sociétaires de la Comédie Française pour plus d'authenticité mais aucune dans son propre rôle, bien au contraire... Nina est incarnée justement par Pauline Clément vu au cinéma dans "Une Fille en Or" (2026) de Jean-Luc Gaget ou "Chers Parents" (2026) de Emmanuel Patron. Parmi les plus connus citons Laurent Stocker vu dans "La Petite Cuisine de Mehdi" (2025) de Amine Adjina et "La Maison des Femmes" (2026) de Mélisa Godet, Marina Hands vue dans "Le Principal" (2023) de Chad Chenouga ou "Cinq Hectares" (2023) de Emilie Deleuze, Benjamin Lavernhe vu dans "En fanfare" (2024) de Emmanuel Courcol ou "Le Mélange des Genres" (2025) de Michel Leclerc, Denis Podalydès vu tout récemment dans "Maigret et le Mort Amoureux" (2026) de Pascal Bonitzer qui ne prête ici que sa voix, Eric Ruf vu dans le dyptique "Les Trois Mousquetaires" (2023) de Martin Bourboulon ou "Cassandre" (2025) de Hélène Merlin, Adeline d'Hermy qui outre les planches, après "La Vie devant Moi" (2025) de Nils Tavernier son partenaire Guillaume Gallienne vu récemment dans "Le Crime du 3ème Etage" (2026) de Rémi Bezançon, puis retrouve aussi après son propre film "Maryline" (2017) la comédienne Julie Sicard aperçue dans "Guermantes" (2021) de Christophe Honoré dans son propre rôle aux côtés aussi de Serge Bagdassarian aperçu dans "Le Comte de Monte Cristo" (2024) de Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte. Puis citons encore Danièle Lebrun vue dans "Une Année Difficile" (2023) de Eric Toledano et Olivier Nakache ou "Noël Joyeux" (2023) de Clément Michel, Julien Frison apparu dans "Lune de Miel avec ma Mère" (2025) de Nicolas Cuche ou "La Guerre des Prix" (2026) de Anthony Dechaux, Christian Hecq apparu dans "La Syndicaliste" (2023) de Jean-Paul Salomé ou "Le Larbin" (2024) de Alexandre Charlot et Franck Magnier, Florence Viala aperçue dans "Marcello Mio" (2024) de Christophe Honoré et "Dossier 137" (2025) de Dominik Moll, Françoise Gillard vue dans "La Passagère" (2022) de Héloïse Pelloquet ou "Finalement" (2024) de Claude Lelouch, puis enfin Suliane Brahim apparue dans "Rien ni Personne" (2024) de Gallien Guibert ou "Le Fil" (2024) de et avec Daniel Auteuil... La première gageure est d'avoir tourné en seulement trois semaines, sur les lieux mêmes de la Comédie Française, dans la salle Richelieu tout en s'adaptant au planning du théâtre mais aussi des nombreux comédiens. On remarque qu'il y a une vingtaine de rôles parlants, pour une dizaines de rôles centraux soit un joli panel de la troupe de la Comédie Française. La scène d'ouverture est celle quasi dévoilée en entière dans la bande-annonce, et en intégrale elle se confirme comme une scène vraiment magnifique de drôlerie, de mesquinerie aussi et démontre par là même une introspection savoureuse des coulisses de la fameuse institution.
En effet, les anecdotes ou les expériences des membres ont nourris le scénario et on a aucun mal à croire à l'ensemble des ces "aventures" intérieures qui n'est pas sans faire écho à l'excellent "L'Objet du Désir" (2026) de Agnès Jaoui dans une thématique beaucoup plus auto-centrée. Ainsi ici il y a l'hommage à l'institution elle-même, au théâtre, à Shakespeare mais aussi évidemment à Molière, à ceux qui restent dans l'ombre (maquilleurs, techniciens...), à l'implication et à l'abnégation au service de l'art, pour ce qui est un vaudeville pétillant, réaliste et surtout plein d'autodérision salvatrice. En prime, outre la scène d'ouverture, quelques passages assez géniaux dont un monologue de Molière/Lavernhe qui a tout de la séquence culte. Finalementle plus gros bémol tient à sa durée, avec 1h15 seulement on se dit finalement que le récit manque un peu de densité, ou plutôt que certains personnages et/ou événements auraient mérités d'être plus exploités ou approfondis. Néanmoins, les références, la dérision, la fantaisie ambiante avec en filigrane tout de même le stress inhérent au sérieux qu'impose un tel art, font un film théâtral à conseiller fortement. Un très bon moment.
Note :
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