La Maison des Femmes (2026) de Mélisa Godet

par Selenie  -  5 Mars 2026, 17:18  -  #Critiques de films

Premier long métrage de Mélisa Godet après son court métrage "Les Enfants d'Oma" (2021) et après écrit pour d'autres notamment pour les films "Comment je suis devenu Super-Héros" (2021) de Douglas Attal et "La Gravité" (2023) de Cédric Ido. Son projet vient d'une idée qu'elle a en tête depuis fin 2016, lorsqu'elle entendu à la radio la gynécologue obstétricienne Ghada Hatem parler de la Maison des Femmes qu'elle venait de créer : "En tant que femme et citoyenne, je me suis dit que c'était formidable qu'un tel endroit puisse exister. Et, en tant que scénariste et réalisatrice, j'ai tout de suite pensé que ça ferait un sujet de film génial, le genre de sujet que j'avais envie de porter au cinéma. Un film choral, un film avec du fond suru n sujet important et un film lumineux aussi..." Sur ce sujet de la Maison des Femmes (Tout savoir ICI !) la cinéaste a dû bataillé pour construire son film et notamment convaincre Ghada Hatem qui a fini par collaborer, le personnage central de Diane Khoury jouée par Karin Viard est directement inspiré d'elle. Réalisatrice-scénariste, Mélisa Godet co-écrit son scénario en collaboration avec Catherine Paillé, scénariste habituée des sujets sociaux avec des films comme "Les Ogres" (2016) et "Sages-Femmes" (2023) tous deux de Léa Fehner, "Shéhérazade" (2018) de Jean-Bernard Marlin, "Le Sixième Enfant" (2022) de Leopold Legrand ou "Ma Frère" (2025) de Lise Akoka et Romane Gueret... Au sein de la Maison des Femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes. Ensemble, avec leurs forces comme avec leurs failles, Diane, Manon, Awa et leurs collègues soutiennent  de toutes leurs forces les femmes qui arrivent dans leur établissement... 

Au casting, citons Laurent Stocker vu récemment dans "La Petite Cuisine de Mehdi" (2025) de Amaine Ajina et "Vacances Forcées" (2025) de Stephan Archinard et François Prévôt-Leygonie après lequel il retrouve l'actrice Aure Atika vue récemment dans "Le Répondeur" (2025) de Fabienne Godet et retrouve aussi après "Le Skylab" (2011) de et avec Julie Delpy sa partenaire Karin Viard vue dans "Madame de Sévigné" (2024) de Isabelle Brocard, "Le Dernier Souffle" (2024) de Costa-Gravas et "Fils de" (2025) de Carlos Abascal Peiro, et retrouve également après "Les Chatouilles" (2018) de Andréa Bescond et Eric Métayer l'acteur Pierre Deladonchamps vu dernièrement dans "Les Enfants de la Résistance" (2026) de Christophe Barratier, et retrouve après "Reprise en Main" (2022) de Gilles Perret et "Le Procès du Chien" (2024) sa partenaire Laetitia Dosch, puis il retrouve aussi après "Hawaii" (2023) de Mélissa Drigeard sa partenaire Eye Haïdara vue dans "A Toute Allure" (2024) de Lucas Bernard et "Six Jours, ce Printemps-Là" (2025) de Joachim Lafosse, Oulaya Amamra révélation "Divines" (2016) de Houda Benyamina qui a confirmé avec "Le Sel des Larmes" (2020) de Philippe Garrel ou "Animale" (2024) de Emma Benestan avant malheureusement d'oser le navet "Toutes pour Une" (2025) de Houda Benyamina, Juliette Armanet vue dans "Partir un Jour" (2025) de Amélie Bonnin et "Les Enfants vont Bien" (2025) de Nathan Ambrosioni, puis enfin Jean-Charles Clichet aperçu dans "Alpha" (2025) de Julia Ducournau et "L'Etranger" (2025) de François Ozon... La bande-annonce occulte les difficultés, les confrontations ou les douleurs pour une sorte de film choral à la sauce feel good movie, une équipe solidaire où tous les membres aiment leur boulot et se battent corps et âmes pour les femmes victimes mais dans une certaine légèreté et un optimisme plein de bons sentiments. Le reste du film confirme cette sensation et ce n'est certainement pas une qualité, d'autant plus quand la réalisatrice-scénariste déclare d'emblée, en amont de la sortie en salles : "J'avais une conviction: je ne filmerais pas de séquences de violence. Ce n'est pas l'endroit où je voulais aller, je ne voulais pas faire de ces violences une matière esthétique." On a l'impression donc que la cinéaste ne veut montrer que le côté édulcorée mais elle oublie que la Maison des Femmes est bel et bien l'endroit où elle a voulu aller, qu'elle vante une authenticité que son film n'a donc pas.

Le sujet est important, nécessaire, passionnant, mais si on veut un minimum de sincérité et une immersion dans une certaine réalité il est étonnant de se mettre des oeillères et de rendre la violence invisible. Par là même, montrer que des effectifs soignants et autres tous plein d'abnégation, professionnels jusqu'à oublier qu'il s'agit aussi pour certain(e)s d'un travail et non pas de bénévolat, mais on est dans al démagogie le plus complète. Il suffit d'être intervenu dans ce genre d'établissement pour savoir que non ce n'est pas si rose. Le film montre quelques difficultés mais ce n'est pas exploités, seules comptent dans le film le personnel soignant et leur courage avec un panel de victimes incroyablement lisse et politiquement correct. On comprend la vision de la cinéaste mais l'image d'épinal ne rend pas service à son message. Le scénario est sans inspiration, sans aspérité, sans densité, c'est tellement calibré, mesuré, répété, on devine que le texte a été suivi de près, le tout manque ainsi de naturel. La cinéaste a surtout voulu trop édulcoré, caché la face sombre dans un film trop ancré dans une comédie chorale, elle aurait pu prendre conseil en revoyant des films plus ancrés dans la vérité comme par exemple "Jusqu'à la Garde" (2018) de Xavier Legrand, "Je verrai toujours vos Visages" (2023) de Jeanne Herry ou "Muganga - Celui qui soigne" (2025) de Marie-Hélène Roux - liste non exhaustive... 

 

Note :      

08/20
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