Cowboy Bebop (2001) de Shin'Ichiro Watanabe

par Selenie  -  4 Août 2026, 09:25  -  #Critiques de films

Adaptation cinéma de la série TV animée culte éponyme créée en 1998 par Hajime Yatate, ce dernier étant en fait un pseudonyme collectif de l'équipe de Sunrise du studio d'animation quia aussi développé d'autres mangas comme "Mobile Suit Gundam", "the Bog O" ou "Vision d'Escaflowne". Pour ce long métrage le studio laisse la réalisation à un spécialiste maison, le réalisateur Shin'Ichiro Watanabe, qui a signé la série TV animée "Dan et Danny" (1987-1992) et qui a surtout travaillé sur la série originelle éponyme (1998). Plus tard il travaillera sur le film collectif "Genius Party" (2007), le manga "Lupin III" (2012) et signera même le court métrage "Blade Runner Black Out (2022) en préquelle du film "Blade Runner 2049" (2017) de Denis Villeneuve. Le cinéaste retrouve sur ce projet Keiko Nobumoto, scénariste de la série originelle qui a collabroé et collaborera encore plusieurs fois avec son réalisateur comme plus tard sur "Space Dandy" (2014) ou "Lazarus" (2025). Notons que si la série est composé de 26 épisodes, le film n'est pas adapté des épisodes, mais est une histoire originale qui se situe entre les épisodes 22 et 23. Si au départ la série a souffert d'une réputation de violence, son succès a permis néanmoins de produire le long métrage qui confirmera le succès télé, un succès tel qu'il est avant tout considéré comme un film adulte ou mature. Un succès tel justement que le film est diffusé encore aujourd'hui sur le programme Adult Swim de la chaîne américaine Cartoon Network. Le film est devenu culte et ouvre à l'époque les portes au genre manga pour le cinéma... 

A la suite de l'explosion d'un camion-citerne sur Mars, l'équipage du vaisseau spatial Bebop mène l'enquête pour retrouver le mystérieux auteur d'un attaque bactériologique. Au casting vocal, le film reprend logiquement les comédiens issus de la série animée. En premier lieu desquels Koichi Yamadera alias Spike Spiegel, qui outre de nombreux mangas télévisés est connu aussi pour prêter sa voix sur les films "Ghost in the Shell" (1995) de Mamoru Oshii ou "Paprika" (2006) de Satoshi Kon, retrouvant d'ailleurs dans ce dernier sa partenaire Magumi Hayashibara qu'on entend aussi sur les mangas "Bakuretsu Hunter R", "City Hunter", Doraemon", Hello Kitty", "Donkey Kong", "One Piece" ou "Pokemon", puis Unsho Ishizuka entendu également sur "Dragon Ball Super", "Fullmetal Alchemist : Brotherhood", "Naruto" ou "Tekken"... Les héros sont des chasseurs de prime qui ne sont pas sans faire penser au mythique "Nicky Larson" (1985-1987), avec le beau gosse as dans son boulot, le gros dur comme acolyte et une belle aussi sexy qu'efficace, soit une version de "Nicky Larson" plus sérieuse et plus mature. Exit l'humour potache voir limite grivois, le côté sexy est plus adulte même si on perçoit une certaine réserve ou un manque d'audace sur ce point. L'enquête est assez basique qui renvoie à quelques gros polars des années 80-90 où Hollywood aimait créer des terroristes trahis dans le passé par leur gouvernement. 

Ici le grand méchant a un charisme fou, dépassant sans soucis le héros Spike Spiegel, qui se fait aussi voler la vedette par les héroïnes dont le beauté n'é d'égal que leur courage. Le graphisme et l'animation est plaisante, fluide et limpide ne tombant ainsi pas dans l'écueil elliptique et sous acide de trop nombreux mangas. Dans le récit il a deux passages râtés, ou plutôt maladroits tant ils manquent de cohérence et de crédibilité, le premier il est incompréhensible que les associés ne s'inquiètent pas un seul instant de la disparition de leur amie Faye Valentine alors même qu'elle avait rendez-vous avec la jeune hackeuse Ed qui elle-même ne réagit jamais ensuite, puis la survie de Spike Spiegel, qui reste déjà assez inouïe mais surtout dont la guérison hyper rapide laisse perplexe. Ces deux "erreurs" coûtent les points, on aurait sinon aisément pu atteindre les 17-18/20. Néanmoins, on passe un super moment cinoche, l'intrigue située dans un avenir proche reste solide et prenante grâce à un méchant digne des meilleurs 007, un scénario qui est dans un bon équilibre entre action, rythme et instant plus intimiste, puis une B.O. rock qui colle idéalement à ce groupe de chasseurs de prime aussi bancal que touchant à l'instar par exemple des fameux "Les Gardiens de la Galaxie" (2014-...) de chez Marvel. Un long métrage solide et super efficace qu'on aurait aimé adorer encore plus...

 

Note :          

16/20
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