Dégel (2026) de Manuela Martinelli

par Selenie  -  3 Septembre 2026, 14:01  -  #Critiques de films

D'abord vue très jeune comme actrice dans "Mon Ami Machuca" (2004) et "La Buena Vida" (2008) tous deux de Andrès Wood, la chilienne Manuela Martinelli est devenue ensuite réalisatrice avec quelques courts métrages avant d'être remarquée avec son premier long métrage "Chili 1976" (2022). La réalisatrice-scénariste signe une co-production americano-hispanico-mexicano-chilienne... Chili en 1992, dans un pays encore marqué par la récente dictature, alors qu'elle est gardée par ses grands-parents dans leur hôtel de station de ski, Inès 9 ans, se lie d'amitié avec Hanna une jeune sportive de haut niveau allemande. Mais un jour, Hanna dispararaît, Inès va alors chercher à comprendre... 

Les deux fillettes, Inès et Hanna, sont incarnées par Maya O'Rourke et Maia Rae Domagala dans leur tout premier rôle. Citons ensuite Saskia Rosendahl vue dans "Lore" (2012) de Cate Shortland, "Millenium : ce qui ne me tue pas" (2018) de Fede Alvarez ou "Fabian" (2021) de Dominik Graf, Jakub Gierszal  vu dans "La Chambre des Suicidés" (2011) de Jan Komasa, "Dracula Untold" (2014) de Gary Shore ou le dyptique "Les Couleurs du Mal" (2024-2026) de Adrian Panek, Paulina Urrutia apparue notamment dans "Fuga" (2006) de Pablo Larrain ou "Je tremble Ô Matador" (2022) de Rodrigo Sepulveda, puis Mauricio Pesutic apparu entre autre dans "Mirageman" (2007) et "Apportez-Moi la Tête de la Femme-Mitrailleuse" (2014) tous deux de Ernesto Diaz Espinoza ou "La Telenovela Errante" (2017) de Raoul Ruiz et Valeria Sarmiento... Le titre est déjà un spoiler à lui seul et c'est déjà le premier grand défaut du film. La musique ensuite, avec cette voix d'outre-tombe qui hante l'histoire de bout en bout confirme l'évidence. Ainsi l'intrigue repose sur la disparition d'une jeune ado de 14 ans, vu ce qui nous est montré et entendu dès le départ on sait donc deux choses, la petite ado a disparu parce qu'elle est morte et qu'on sera retrouvé grâce au dégel de la montagne... Et donc ce n'est forcément pas dans l'issue que réside l'intérêt du film, et donc toujours avec évidence soit le film repose sur le suspense autour du pourquoi et du comment avec un suspect qui va apparaître, et/ou sur la relation entre la maman de la disparue et la petite Inès, amie péruvienne de l'ado allemande.

On pense beaucoup au récent film français "L'Engloutie" (2025) de Louise Hémon, à la différence près que ce film chilien assure le genre du thriller et qu'en filigrane pèse l'héritage de la dictature Pinochet, surtout et avant tout subrepticement avec une allusion de la maman à la police chilienne. En parallèle l'enquête où se dessine trois hypothèses assez logiques (coupable le cousin Sebastian, ou l'entraîneur allemand ou est-ce peut-être qu'un accident ?!), puis cette relation entre la maman et la petite Inès où on décèle que la réalisatrice a voulu esquisser une relation ambigue mais sans jamais réellement l'exploiter. Si ce parallèle entre les deux parties est plutôt bien orchestré à l'écriture on constate vite que la cinéaste se repose trop sur le concept sans traité aucune des deux, l'enquête tourne en rond littéralement et ce jusqu'au bout, et la relation maman-Inès est à peine traitée. Résultat, le film se termine sans une vraie conclusion, sans réponses aux questions naturelles que posent le film et finalement on se dit tout ça pour ça... Dommage...

 

Note :                 

10/20
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