Metro Manila (2013) de Sean Ellis
Après son premier film auteuriste personnel à dose autobiographie "Cashback" (2006) et son thriller "The Broken" (2008) le réalisateur anglais a osé un virage brutal pour un drame philippin plutôt inattendu qui lui a été inspiré par une expérience traumatisante, quand il a assisté à une rixe violente entre deux convoyeur de fonds alors qu'il se trouvait à Manille en 2008. Il a ainsi cherché à écrire en partant de cette scène qui l'a longtemps obsédé. Il a co-écrit son scénario avec Frank E. Flowers à qui on doit le film "Haven" (2008) et qui sera plus tard un co-scénariste de "Bob Marley : One Love" (2024) de Reinaldo Marcus Green. Le film est considéré par le réalisateur-scénariste lui-même comme son meilleur film : "Avec Metro Manila, je suis devenu le réalisateur que je voulais être. Je cherchais un sujet qui me passionne et l'histoire du film est une histoire que je trouve particulièrement forte. Metro Manila est une sorte d'accomplissement, il m'a fallu trois longs métrages pour y parvenir !" Le film reçoit un accueil chaleureux, il remporte entre autre le Prix du Public international au Festival de Sundance, puis remporte les British Independant Film Awards 2013 du meilleur film et du meilleur réalisateur. Le film est sans aucun doute son meilleur, suivent "Cashback" (2006) et plus tard notons son "Anthropoïd" (2016)...
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Oscar et Mai décident de quitter leurs rizières du nord des Philippines avec leurs deux enfants et partent pour la megalopole Manille en espérant trouver une vie moins miséreuse. Mais l'effervescence de la capitale les submergent, et après quelques déconvenues Mai trouvent un travail ingrat et indigne dans un bar, tandis que Oscar est engagé comme convoyeur de fonds grâce à Ong qui devient son formateur et coéquipier. Mais très vite Oscar se sent mal à l'aise entre les services trop généreux de Ong et un travail qui reste particulièrement dangereux... Le couple est incarné par Althea Vega vue auparavant dans "Parfum de Manille" (2008) de Joel Lamangan, "Two Funerals" (2010) de Gl Portes ou "Diablo" (2012) de Mes de Guzman, puis Jake Macapagal vu dans "John John" (2007) de Brillante Mendoza mais surtout retrouve après "Sakay" (1993) de Raymond Red et "Compound" (2003) de Will Fredo son partenaire John Arcilla vu dans "Diskarte" (2002) de Edgardo Vinarao, "Thelma" (2011) de Paul Sorinao ou "Jason Bourne : l'Héritage" (2012) de Tony Gilroy. Citons ensuite Ana Abad Santos vue dans "Apocalypse Child" (2016) de Mario Cornejo ou"A Very Good Girl" (2025) de Pedersen Vargas, Mailes Kanapi vue dans "Live Show" (2000) de Jose Javier Reyes, "Tukso" (2007) de Dennis Marasigan ou "Dolores" (2009) de Lito Casaje, Moises Magisa vu dans "Sisa" (2008) de CJ Andaluz et Frank Rivera ou "Aparisyon" (2012) de Isabel Sandoval, JM Rodriguez vu dans "9 Mornings" (2002) de Jose Javier Reyes ou "Keka" (2003) de Quark Henares, puis enfin Erin Panlilio surtout connue pour la série TV "May Puskas Pa" (2009-2010)... Le réalisateur-scénariste avoue s'être inspiré de "Training Day" (2001) de Antoine Fuqua, on reconnaît effectivement et surtout le duo en uniforme entre le mentor et son coéquipier qui passe le plus clair de leur temps dans leur véhicule dans un boulot sous tension. Mais le film de Sean Ellis a une dimension sociale beaucoup plus centrale avec une plongée réaliste dans les bas-fonds de Manille.
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Le seul bémol vient du choix de travail de Mai/Vega qu'elle saisit très et trop vite, tandis que Oscar devrait logiquement lui demander d'arrêter son travail après avoir été engagé (?!). Mais sinon, Sean Ellis signe pour un budget de seulement 1 million de dollars un thriller tendu, prenant, touchant et tragique. C'est aussi un beau film d'amour, qui n'évite pas quelques clichés inévitables, mais qui offre son lot d'émotion sentimentale comme forte. Un bon suspense et un scénario non balisé font de ce film une oeuvre solide et efficace autant dans le fond que dans la forme. Peut-être un peu long au début, néanmoins nécessaire pour instaurer les bases émotionnelles pour une histoire terriblement pessimiste. Excellent point pour la confiance du réalisateur en son public, les scènes se suffisent à elle-même (comme celle du "dentiste"). Une très bonne surprise à conseiller fortement.
Note :
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