Mort de Guy Bedos

par Selenie  -  29 Mai 2020, 15:02  -  #Décès de star - Bio

Le cinéma français aura rarement été frappée aussi fort aussi rapidement. Après les disparitions de Michel Piccoli et, celui qui fût d'une si grande importance pour lui, Jean-Loup Dabadie voici qu'on apprend la mort de Guy Bedos ce 28 mai 2020 à l'âge de 85 ans.

Né en 1934 à Alger, d'un père visiteur médical et de la fille du proviseur de son lycée. Ses parents se séparent très tôt et il passe alors de différentes maisons à différents hôtels en passant par la pension dès ses 7 ans. A 13 ans il est inscrit au lycée. Sa vie devient plus difficile dès lors que sa mère se remet en couple avec ouvrier qui deviendra patron de scierie. Bedos expliquera que sa conscience politique s'éveillera auprès et à cause des idées racistes du beau-père et pétainistes du côté de sa mère. Ce beau-père bat Guy et sa mère et son fils ce qui, pour Guy, aura pour conséquence d'avoir des troubles obsessionnels compulsifs. C'est à son oncle, qui travaille alors à Radio Alger, qu'il doit sa vocation d'artiste. Il arrive en France en 1949 avec sa famille. Son premier travail consiste à vendre des livres au porte-à-porte dès 1950. A la même époque il s'inscrit à l'école de la Rue Blanche et joue au théâtre et dans les cabarets. Il joue de nombreuses pièces mais il met aussi en scène notamment "Mon Ami le Cambrioleur" (1951) avec un certain Jean-Paul Belmondo. C'est sa rencontre avec Jacques Prévert qui l'incite à écrire et jouer des sketchs. Son premier sketch est pourtant signé Jacques Chazot, "La Galerie 55".

 

Néanmoins il est rattrapé par le service national alors que la guerre d'Algérie devient un marasme. Il fait la grève de la faim jusqu'à se faire réformer pour "maladie mentale".

 

Après plusieurs scènes, au théâtre comme au cabaret, Guy Bedos apparaît dans un petit rôle pour la première fois au cinéma dans "Futures Vedettes" (1955) de Marc Allégret dont les stars sont Jean Marais et Brigitte Bardot. Il tourne alors régulièrement pour le grand écran mais essentiellement dans des rôles secondaires. A ses débuts on peut citer "Les Tricheurs" (1958) de Marcel Carné, "Ce Soir ou Jamais" (1961) de Michel Deville ou encore "Le Caporal Epinglé" (1962) de Jean Renoir.

En 1962, il rencontre un certain Jean-Loup Dabadie avec qui il devient ami. L'auteur lui signe plusieurs sketchs qu vont faire de Guy Bedos un humoriste vedette. En 1965 il est co-vedette avec la chanteuse Barbara pour un spectacle de music-hall à Bobino puis se lance dans un duo humoriste avec Sophie Daumier (ci-dessous) qui devient sa seconde épouse la même année. Le couple est notamment célèbre pour son sketch "La Drague" (ci-dessous) écrit par Dabadie.

 

Il délaisse le théâtre, il devient un humoriste connu et populaire, et joue de plus en plus au cinéma en gravissant les échelons petit à petit.

Sur grand écran on le voit dans "les Copains" (1965) de Yves Robert, "Sept Hommes et une Garce" (1967) de Bernard Borderie et surtout "Le Pistonné" (1970) de Claude Berri où il incarne le rôle principal celui de Claude Barri lui-même quand il s'appelait encore Claude Langmann.

Alors qu'il se sépare de Sophie Daumier, il débute une carrière solo d'humoriste alors même qu'il connaît un succès populaire important au cinéma. Aux côtés de Victor Lanoux, Claude Brasseur et Jean Rochefort il joue un médecin étouffé par une mère juive pied-noir dans "Un Eléphant, ça Trompe Enormément" (1976) de Yves Robert et écrit par Jean-Loup Dabadie. Cette histoire de quatre copains est un grand succès qui offre la suite "On ira Tous au Paradis" (1977) avec la même équipe et le même succès critique et public.

Guy Bedos est alors à son apogée. Dans les années 80 il monte notamment le spectacle "Coup de Soleil" à l'Olympia avec Michel Boujenah et Smaïn. 

 

Au cinéma il ne tourne pas plus, bien au contraire, mais il obtient des rôles dans des genres plus diversifiés en abordant le drame par exemple. On le voit dans "Réveillon chez Bob" (1984 - ci-dessous) de Denys Granier-Deferre, "Sauve-Toi Lola" (1986) de Michel Drach et participe à la glorieuse distribution de "Le Bal des Casse-Pieds" (1992) de Yves Robert où il retrouve Victor Lanoux et Claude Brasseur.

Entre temps il obtient le Molière du meilleur One Man Show avec "Guy Bedos au Zénith" en 1990 suivi d'une spectacle en do avec Muriel Robin en 1992.

 

A partir de la din des années 90 on le voit plus souvent à la télévision et au théâtre dont quelques pièces fameuses comme "La Résistible Ascension d'Arturo Ui" de Bertolt Brecht en 1993 ou "Dérapages" (1997) de Arthur Miller.

 

Au cinéma on peut citer "Sous les Pieds des Femmes" (1997) de Rachida Krim, "Les Clefs de Bagnole" (2003) de et avec Laurent Baffie, "La Jungle" (2006) de Mathieu Delaporte et "Survivre avec les Loups" (2007) de Vera Belmont.

 

Il revient au one man show et au théâtre avec l'émergence d'un talent filial puisque son fils Nicolas Bedos (ci-dessous) est en train de se faire connaître pour ses talents d'écriture. Aussi le fils écrit-il plusieurs sketch pour son père en 2000 suivi d'une tournée dans toute la France.

 

Guy Bedos continue à collaborer avec et pour son fils dans plusieurs pièces de théâtre avec "Guy Bedos" (2003), "Sortie de Scène" (2004) et "Le Voyage de Victor" (2009). Guy Bedos signe aussi avec son ami Jean-Loup Dabadie la pièce "Hier, Aujourd'hui, Demain" (2007) tandis qu'il signe également la pièce au titre évocateur "Rideau !" (2011).

 

Ses derniers films sont "Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du Monde" (2011) de Stephane Kazandjian puis "Et si on vivait tous Ensemble ?" (2012 - ci-dessous) de Stephane Robelin où il a pour partenaire des noms prestigieux comme Jane Fonda, Claude Rich et Geraldine Chaplin. Mais son dernier rôle restera pour les planches en jouant dans "Moins 2" (2015) de Samuel Benchetrit.

Guy Bedos aura été un humoriste très engagé politiquement, considéré même par certain comme le "premier humoriste politique". Il se revendiquait comme "homme de gauche", ses adversaires le désignant comme "gauche caviar" auxquels il rétorquait être "gauche couscous". Engagé dans plusieurs mouvement comme le Droit au Logement, l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité il n'est pas exempt de plusieurs scandales et autres polémiques. Ainsi il apporte son soutien au tueur Yvan Colonna, invective l'ancienne ministre Nadine Morano qui l'attaquera en justice, soutenant Jean-Luc Mélenchon à l'éléction présidentielle il vote pourtant Emmanuel Macron car "battre le Front National est une urgence absolue" tandis qu'il a connu une condamnation en 1995 pour avoir licencié abusivement des employés.

 

Il a contribué à l'hebdomadaire satirique Siné Hebdo, soutenant le dessinateur Siné contre le directeur de Charlie Hebdo Philippe Val.

 

Guy Bedos a été marié trois fois, avec la comédienne Karen Blanguemon avec qui il a une fille, avec Sophie Daumier avec qui ila une fille et dont il adopte le fils qui mourra de la maladie de Huntington comme sa maman. Puis enfin il épouse Joelle Bercot dont il anura une fille et un fils, Nicolas.

 

Guy Bedos aurait été fiancé à Françoise Dorléac (soeur de Catherine Deneuve). Cette dernière morte tragiquement en 1967 dans un accident de voiture à seulement 25 ans aurait particulièrement touché le comédien qui ne touchera dès lors plus jamais un volant.

Malgré ce qu'on peut appelé familièrement ici sa "grande gueule, ce grand fumeur aura été un comédien majeur, aussi bien sur scène que sur les écrans même si la scène reste la partie qui lui aura apporté gloire et reconnaissance.

 

Guy Bedos est mort ce jeudi 28 mai 2020 à l'âge de 85 ans. Une mort annoncée par son fils Nicolas via le réseau social Twitter. L'acteur sera accueilli là-haut sans nul doute par ses compères Victor Lanoux, Jean Rochefort et surtout Jean-Loup Dabadie.

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