The Sadness (2022) de Robert Jabbaz

par Selenie  -  7 Juillet 2022, 10:23  -  #Critiques de films

Voilà un film d'horreur qui fait son petit buzz depuis quelques temps, après quelques festivals le film est souvent qualifié de "film le plus violent de l'année" ! Et pour appuyer cette "nouveauté" le média allemand rajoute : "Un film qui propose un cinéma extrêmement violent qui devrait laisser derrière lui tous les seuils de douleur." Rien que ça ! Production taïwanaise qui a doc logiquement droit à quelques interdictions dans le monde dont tout de même un "Interdit aux moins de 16 ans avec avertissement" en France, comme l'avait été des films comme "Saw 4" (2007) de Darren Lynn Bousman ou "Martyrs" (2008) de Pascal Laugier. Un projet audacieux pour ce qui reste un premier long métrage de Robert Jabbaz après quelques courts métrages dont le dyptique "Great Daena" (2013-2014) et "Clearwater" (2020). Le cinéaste réalise et écrit le scénario de son film. Un quasi débutant soutenu par des producteurs tout aussi novices avec David Barker qui vient de produire son premier film en tant que réalisateur avec le court métrage "I'll Meet a Better You" (2021), assisté de Eunice Chang qui a été assistante de production sur "L'Odyssée de Pi" (2012) de Ang Lee, et Li-Cheng Huang qui a été assistant de production sur "Machi Action" (2013) de Jeff Chang. Evidemment, vu le speech ce film s'inspire largement de la pandémie de Covid... 

 Après un an de lutte contre une pandémie aux symptômes relativement bénins, les habitants ont fini par baisser la garde. Mais soudain, le virus en question connaît une nouvelle mutation d'un nouveau genre qui cette fois a des répercussions terrifiantes. Ce nouveau variant touche l'esprit des gens au point où les personnes atteintes semblent incontrôlables et se déchaînent dans un déluge de violences gratuites et de dépravations ignobles. Dans ce carnage, un jeune couple va tenter de survivre... Le jeune couple est incarné par Regina Lei jeune actrice inconnue remarquée à Taïwan dans la série TV "76 Hao Kong bu Shu Dian" (2020), et Berant Zhu aperçu surtout dans le film "We are Champions" (2019) de Jung-Chi Chang. Citons trois autres jeunes acteurs débitants avec Ying-Ru Chen, Chi-Min Chou et Lue-Keng Huang. Parmi les acteurs plus expérimentés citons ensuite Tzu-Chiang Wang vu entre autre dans "Shi Yi" (2015) de Lingo Hsieh et "The Shooting of 3191" (2019) de Chang-Feng Fu, Emerson Tsai vu dans Sheng Chu" (2016) de Kai Fung, "The Big Power" (2016) de Chi-Li Hsin et "Tshiong" (2017) de Wen-Tang Chen, Wei-Hua Lan vu dans "Hotel Black Cat" (2010) de Herb Hsu, "Cai Niao" (2015) de Wen-Tang Chen et "The Defender" (2018) de Shih-Han Tsao, puis enfin Ralf Chiu vu dans "Machi Action" (2013) de Jeff Chang, "Design 7 Love" (2014) de Hang-i Chen ou encore "Happy Dorm" (2016) de Hero-Lin... Pour commencer, saluons le magnifique générique de début, aussi graphique que organique. Voici un énième film qui surfe sur la pandémie pour donner une variation tragique et trash d'une éventuelle mutation du virus, mais ajoute à son histoire une singularité pas si anodine, en effet il ne s'agit pas d'une histoire de morts-vivants puisque la métamorphose ne se fait pas par une blessure ou la mort mais bien par un simple virus qui éveille nos sens les plus primaires et les plus bestiaux. Résultat, les pires pires instincts se réveillent brutalement pour laisser libre court à toutes les violences les plus sauvages, les individus restent donc conscient de leurs actions mais sont complètement désinhibés, sans remords ni regrets. C'est là la vraie bonne idée.

Néanmoins, on aurait aimé sans doute que la conscience ainsi "ouverte" des contaminés aient plus d'impact ou de réaction dans le déroulement du récit. La violence est effectivement inouïe, elle va du simple massacre à l'arme blanche au viol le plus abject (un "baiser de l'oeil" inédit au cinéma !!!) en passant par des mutilation en tous genres. Le soucis est qu'on sent que le réalisateur a dû hésiter de nombreuses fois avant de choisir un angle de vue, à savoir rester dans un surréalisme "réaliste" ou aller vers un fantastique outrancier ?! Ainsi, une partie du film reste "vraisemblable" dans sa violence, alors qu'une autre partie est vire vers le manga et le cartoonesque, on penser là à du délire façon du réalisateur japonais Takashi Miike. Niveau jeu, on peu rester perplexe par quelques passages où les personnages ne réagissent pas de façon logique ou sensée, par exemple pas de panique ou un self-control peu plausible dans de telles circonstances. Par contre, on constate que le réalisateur est assez malin pour ne pas tout montrer de façon frontale, et quelques actions hors champs font aussi leur effet. Pour la crédibilité des massacres on est bluffé par la qualité des maquillages et des effets visuels qui rajoutent finalement à l'horreur, par contre dans le côté too much on tique sur certaines séquences où les flots d'hémoglobine sont invraisemblables façon geyser de sang. Le film est donc à l'image de ses deux facettes, entre une variation de film de zombies qui reste ancré dans un "fantasme réaliste", puis un délire grossier et sanguinolent avec une volonté de choquer. La critique sociétale perd alors un peu de sa force pour offrir une série B aussi désinhibée que ses personnages, un peu trop gratuit donc mais également dans un style si décomplexé que certains passages restent des musts qui gagneront sans aucun doute un statut culte. Un film ni-figue mi-raison donc, qui mérité d'être vu pour les amateurs du genre. Mais ATTENTION ! Film ultra-violent à éviter à ceux qui n'ont pas l'habitude de ce genre de film

 

Note :      

 

12/20
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