Le Passage (2026) de Brandt Andersen
Premier long métrage comme réalisateur de l'américain Brandt Andersen, qui n'est pourtant pas un néophyte dans le cinéma puisqu'il était producteur notamment de "Silence" (2016) de Martin Scorcese ou de "Barry Seal : American Traffic" (2017) de Doug Liman. Ce projet lui tient à coeur car reprend un sujet qui reste comme un prolongement de son implication dans l'humanitaire. Le point de départ est une citation de William Shakespeare, qui ouvre d'ailleurs le film, elle vient du seul texte manuscrit de l'auteur qui nous est parvenu et qui est conservé au British Museum, et sur lequel le dramaturge prend la défense des réfugiés : "A l'époque, plusieurs auteurs s'étaient réunis pour écrire cette pièce autour de Sir Thomas More, et ce que je trouve frappant, c'est que cela montre que nous faisons face aujourd'hui aux mêmes enjeux qu'il y a 400 ou 500 ans. C'est un cycle qui ne s'est jamais interrompu. Pour moi, le film est aussi assez shakespearien dans la manière dont il se déploie..." Brandt Andersen est Réalisateur-scénariste de son film qui est une co-production americano-jordanienne. Film tous publics mais avec avertissement... Amira travaille dans un grand hôpital de Chicago mais un coup de téléphone la fait se replonger dans des souvenirs douloureux. Plusieurs années plus tôt, le soir de ses 40 ans, une bombe pulvérise son logement à Alep en Syrie. Aussitôt elle décide de fuir avec sa fille. Un chemin vers l'exil semé d'embûches mais elle va découvrir aussi que l'espoir a parfois le visage d'un inconnu...
Amira est incarnée par l'actrice américano-libanaise Yasmine Al Massri révélée dans le magnifique "Caramel" (2007) de et avec Nadine Labaki, connue ensuite pour la série Tv "Quantico" (2015-2018), et qui retrouve respectivement après "Miral" (2010) de Julian Schnabel et "Palestine 36" (2025) de Annemarie Jacir, les frères Ziad Bakri et Saelh Bakri qui ont tourné ensemble dans "Le Temps qu'il reste" (2009) de Elia Suleiman, Ziad vu aussi dans "Le Traducteur" (2020) de Rana Kazkaz et Anas Khalaf ou "Les Barbares" (2024) de et avec Julie Delpy, puis Saleh vu dans "Le Bleu du Caftan" (2022) de Maryam Touzani ou "Ce qu'il reste de Nous" (2025) de Cherien Dabis. Citons ensuite le frenchy Omar Sy vu dernièrement dans "Tirailleurs" (2023) de Mathieu Vadepied, l'inutile "The Killer" (2024) de John Woo et "Dis-Moi juste que tu m'Aimes" (2025) de Anne Le Ny, le franco-canado-syrien Yahya Mahayni apparu dans "L'Homme qui a vendu sa Peau" (2022) de Kaouther Ben Hania et "Palestine 36" (2025), les grecs Constantine Markoulakis apparu dans "Hardcore" (2004) de Dennis Iliadis, "Eden à l'Ouest" (2009) de Costa Gravas ou "Success Story" (2017) de Nicos Perakis, Angeliki Papoulia remarquée chez Yorgos Lanthimos avec "Canine" (2009), "Alps" (2011) et "The Lobster" (2015), puis enfin l'américain Jason Beghe aperçu souvent frutivement dans "Thelma et Louise" (1991) et "A Armes Egales" (1997) tous deux de Ridley Scott ou "X-Men : le Commencement" (2012) de Matthew Vaughn et "Phantom" (2013) de Todd Robinson... Il s'agit d'un film choral, chapitré, où plusieurs destins vont se croiser et s'entrecroiser à la façon de Alejandro Gonzales Inarritu, qui est devenu un maître du concept entre autre "Amours Chiennes" (2001) ou "Babel" (2006), mais évidemment l'américain Brandt Andersen souffre de la comparaison. D'abord le sujet touche forcément même si d'entrée on sort les forceps à émotion avec cette citation de Shakespeare permet d'entrer dans le film avec des sabots sur une thématique beaucoup plus complexe qu'une simple citation dont le contexte d'il y a 400 ou 500 ans est bien différent.
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Précisons que notre frenchy Omar Sy est un personnage parmi tant d'autres, voir même plutôt secondaire. Néanmoins, le début du film en plein marasme de guerre civil en Syrie est efficace, avec une première partie qui définit l'environnement et un contexte géo-politique sans pour autant être surexplicatif. Mais si on comprend très vite le chapitrage narratif on remarque aussi deux gros défauts : on a pas le temps de s'attacher aux personnages à l'exception de la doctoresse, on ne fait que croiser nous-même spectateurs des personnages à peine esquissés, caricaturaux car servant un panel représentatif lisse et démago (ils sont évidemment tous honnêtes, touchants, courageux...), et enfin les fins de segments sont coupés grossièrement comme si il y avait un suspense à l'issue alors qu'au contraire tout est limpide et évident ce qui fait que ce découpage s'avère gratuit, un simple effet de style narratif. Mais évidemment le récit s'ancre dans des actualités et des faits divers tragiques qui nous parlent, nous émeuvent, et à cela le réalisateur évite le pathos facile pour un récit qui va droit au but.
Note :
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