Girl (2026) de Shu Qi
A ne pas confondre avec l'homonyme et non moins remarqué "Girl" (2018) de Lukas Dhont. Premier long métrage derrière la caméra pour la chinoise Shu Qi, grande star malgré des débuts difficiles mais remarquée notamment via le porno avec "Sex and Zen 2" (1996) de Man Kei Chin et qui atteindra les sommets avec "Millenium Mambo" (2001),"Three Times" (2005) et "The Assassin" (2015) tous trois de Hsou Hsiao-Hsien et qui se fera de plus en pus rare ensuite jusqu'au récent "Résurrection" (2025) de Bi Gan. Mais ce n'est pas si étonnant puisque l'actrice travaille sur ce projet depuis 2013, depuis que justement le cinéaste pygmalion Hsou Hsiao-Hsien l'encourage à réaliser et à écrire. Il aura fallu une dizaine d'années donc à la réalisatrice-scénariste pour arriver à une certaine maturité. Pour sa première expérience en tant que telle, elle a su avoir a confiance entre autre de production qui était derrière "City of Life and Death" (2009) de Chuan Lu ou "Le Retour des Hirondelles" (2022) de Li Ruijun, et a su réunir autour d'elle une équipe expérimentée notamment le monteur William Chang Suk-Ping fidèle du grand réalisateur Wong Kar-Wai ou le compositeur Lim Giong qu'elle a elle-même croisé sur plusieurs de ses films. Avec ce film Shu Qi s'impose puisqu'elle est lauréate toute récente du meilleur nouveau réalisateur aux derniers Hong Kong Film Award 2026. Shu Qi a choisi une histoire intime et dramatique pour un classement tout public mais avec avertissement...
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Taïwan, 1988, Hsiao-Lee, une adolescente timide, pein à trouver sa place au sein de sa famille dysfonctionnelle. Alors que le passé douloureux de sa mère ressurgit dans son quotidien elle rêve aussi de liberté, surtout après sa rencontre avec Li-Li, une jeune fille vive et insouciante... Hsiao-Lee est incarnée par Bai Xiao-Ying apparue dans "Xiao Shi de Qing Ren Jie" (2020) de Yu-Hsun Chen et "Man in Love" (2021) de Chen-Hao Yin après lequel elle retrouve son "père" joué par Roy Chiu vu dans "Dear Ex" (2018) de Chih-Yen Hsu et Mag Hsu ou "I Missed You" (2021) des mêmes réalisateurs après lequel il retrouve aussi l'actrice 9m88 vue dans "Tales of Tapei" (2023) films à sketchs après lequel elle retrouve son partenaire Kuan-Ting Liu qui retrouve Bai Xiao-Ying après "Xiao Shi de Qing Ren Jie" (2020) de Yu-Hsun Chen, puis après "Xiao Xiao" (2023) de Chia-Hua Chin l'actrice Lin Pin-Tung remarquée dans "American Girl" (2021) de Fang-I Fiona Roan. Citons ensuite Lai Yu-Fei vue dans "Eye of the Storm" (2023) de Chun-Yang Lin ou "Dead Talents Society" (2024) de John Hsu, Esther Liu aperçue dans "22nd Catch" (2016) de Kuang-Hui Liu, "The Painting of Evil" (2020) de Yung-Chi Chen ou "Salli" (2023) de Chien-Hung Lien, Bamboo Chu-Sheng Chen vu dans "The Great Buddha+" (2017) de Hsin-Yao Huang ou "Les Anges portent du Blanc" (2017) de Vivian Qu et qui était aussi dans "Xiao Shi de Qing Ren Jie" (2020), Peggy Tseng aperçue dans "I am the Secret in your Heart" (2024) de Meng-Shieh Lai et "The Pig, the Snake and the Pigeon" (2023) de Wong Ching-Po retrouvant ainsi juste après ce dernier l'acteur Chiung-Hsuang Hsieh vu dans "Xia Ban Chang" (2019) de Jung-Chi Chang... Le film débute avec une atmosphère pesante, anxiogène, où les jeunes filles semblent d'emblée en danger de façon presque impalpable. La construction narrative semble dans le même temps un peu floue, on perçoit deux époques, de petits flash-backs pour comprendre sans doute un passé traumatique, puis une ligne directrice où on suit deux soeurs, et surtout une petite ado qui souffre moralement et psychologiquement d'une situation familiale chaotique.
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Le scénario impose deux facettes, l'une avec le trauma passé de la mère qui explique plus ou moins son présent, puis l'autre via le contraste avec l'école bienveillante avec une infirmière compréhensive, les camarades sans conflits puérils et le seul lieu insouciant et heureux. La partie flash-backs s'intègre pas très bien au récit, les transitions sont trop poreuses et crée un manque de fluidité. Néanmoins l'histoire est intéressante et judicieuse avec le regard Hsiao-Lee/Xiao-Ying, jeune ado qui souffre d'un contexte familial insidieux et violent avec un père ivrogne, qui en profite surtout pour prendre son épouse comme puching ball et plus si affinité... ATTENTION SPOILERS !... mais le film suggère qu'il peut ou pourrait s'en prendre à sa fille sans qu'on le sache vraiment. Les cauchemars et les frayeurs de la petite ado l'affirment pourtant, mais aucune autre scène ne permet de le confirmer... Etrange, voir même frustrant... Le film évite les écueils habituels du genre, pas d'inceste a priori, pas de conflits scolaires, pas d'ado héroïne qui grandit trop vite et s'émancipe malgré les dangers et les épreuves, pas de sororités à la vie à la mort... FIN SPOILERS !... mais une ado en état de déprime qui ne peut plus rien gérer et encore moins ses émotions, au point peut-être (?!) de flirter avec la paranoïa, tandis que son salut ne vient pas d'elle et que la petite soeur semble omise dans tous ces drames. Malgré quelques maladresses narratives, la réalisation est un petit bijou de finesse, où les silences jouent avec les ombres (d'ailleurs appuyé par la réplique : "les vivants me font plus peur que les fantômes"), jamais dénuée de poésie même si elle s'avère sombre et angoissante. Shu Qi signe un drame au féminin qui sonne juste malgré quelques points légèrement troubles. A conseiller.
Note :
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