Tombé du Ciel (21026) de Mohamed Hamidi

par Selenie  -  13 Août 2026, 07:29  -  #Critiques de films

Ce film est avant tout le projet personnel d'un jeune humoriste, Ilyes Djadel, découvert par Kev Adams puis Jamel Debbouze notamment via le Jamel Comedy Club et justement via son sketch le plus connu qui s'inspire de son expérience réelle lorsqu'il a a dû aller à un lycée catholique. Jamel entre autre y a vu aussitôt un potentiel pour une comédie au cinéma, et assez logiquement a proposé la réalisation à un réalisateur qu'il connaît bien, Mohamed Hamidi qui a accepté pour son premier film dont il n'est ni à l'origine ni scénariste comme par exemple sur "La Vache" (2016), "Jusqu'ici tout va Bien" (2019) ou "Une Belle Equipe" (2020). Logiquement Ilyes Djadel est l'acteur principal et le scénariste, en collaboration avec Mathieu Ouillion spécialiste de la comédie avec entre autre "Radiostars" (2012) de Romain Lévy, "La Grande Boucle" (2013) de Laurent Tuel, "Un Peu, Beaucoup, Passionnément" (2015) de et avec Clovis Cornillac, "Ibiza" (2019) de Arnaud Lemort, mais aussi dans d'autres genres comme "Mystère" (2021) de Denis Imbert où le râté "Survivre" (2024) de Frédéric Jardin... Ilyes mène une vie joyeuse dans la banlieue de Roubaix, mais après avoir échoué à son bac à deux reprises et après un malheureux concours de circonstances il se retrouve inscrit dans un lycée catholique en Bourgogne. Il doit ainsi quitter son quartier et ses habitudes en arrivant dans un lycée éloigné de tout et dont le choc culturel va lui ouvrir de nouvelles perspectives...

Ilyes est donc légitimement incarné par Ilyes Djadel lui-même après une première apparition dans le film "Numéro 10" (2024) de David Diane. La mère supérieure du lycée est incarnée par Josiane Balasko vue récemment dans "Mauvaise Pioche" (2026) de et avec Gérard Jugnot et "L'Arnaqueuse" (2026) de Wilfried Méance. Citons ensuite Jamel Debbouze qui retrouve son réalisateur de "Né Quelque Part" (2013), "La Vache" (2016) et "Citoyen d'Honneur" (2022), et vu récemment dans "Marsupilami" (2026) de et avec Philippe Lacheau reprenant son rôle de "Sur la Piste du Marsupilami" (2012) de Alain Chabat après lequel il retrouve justement Fred Testot omniprésent ces derniers mois après "Les K d'Or" (2026) de et avec Jeremy Ferrari, "Cocorico 2" (2026) de Julien Hervé et "Les Gendarmes" (2026) de Stephan Archinard et François Prévôt-Leygonie, et retrouve aussi après "Lucky" (2020) de Olivier Van Hoofstadt et "En Passant Pécho" (2021) de Julien Royal son partenaire Bakary Diombéra surtout connu pour la trilogie "Banlieusards" (2019-2026) de Kery James et Leïla Sy. Citons encore Antoine Duléry vu dans "Maison de Retraite" (2022) de Thomas Gilou, "Umami" (2022) de Slony Sow et "Nice Girls" (2024) de Noémie Saglio, Max Baissette de Malglaive enfant vedette de "Mensch" (2009) de Steve Suissa ou "L'Immortel" (2010) de Richard Berry et vu plus récemment dans "Frère et Soeur" (2022) de Arnaud Desplechin, Abel Jafri apparu dans "Soeurs" (2020) de Yamina Benguigui ou "Les Miens" (2022) de et avec Roschdy Zem, Michel Bompoil apparu dans "Flo" (2023) de Géraldine Danon ou "Furcy, Né Libre" (2026) de Abd Al Malik et retrouve après "100 Millions !" (2025) de Nath Dumont son partenaire Ludovic Berthillot vu dans "Neuilly-Poissy" (2024) de Grégory Boutboul ou "Partir un Jour" (2025) de Amélie Bonnin, puis Brice Fournier aperçu dans le dyptique "Kaamelott" (2021-2025) de et avec Alexandre Astier ou entre temps "Trois Amies" (2024) de Emmanuel Mouret et "Leurs Enfants après Eux" (2024) des frères Boukherma... Le premier bon point est ce côté "histoire vraie" qui donne forcément une légitimité savoureuse, d'autant plus quand c'est pour une comédie assumée. Néanmoins, le sujet inter-religion n'est pas nouveau et à déjà son chef d'oeuvre depuis longtemps avec "Les Aventures de Rabbi Jacob" (1971) de Gérard Oury, sans compter plus récemment le très réussi "Coexister" (2017) de et avec Fabrice Eboué, et force ets de constater que le film souffre de la comparaison.

D'abord parce que Ilyes Djadel signe un scénario loin d'être subtil, on lui en veut pas c'est l'écueil de tout humoriste qui tente de passer du format court d'un sketch à un long métrage, un pari rarement probant. La succession de gags à répétition sur scène en quelques minutes et étirer un sketch dans un récit plus écrit sur 1h30 ce n'est pas la même chose. La caricature devient plus poussif sur un long métrage, c'est souvent drôle mais jamais surprenant, même si on ne connaît pas le sketch les gags sont souvent attendus, on les voit venir de trop loin. Ensuite, désolé pour Iliyes Djadel, mais s'il est convaincant et drôle sur scène en Live, il n'est pas un très bon acteur, il se regarde trop joué, à chaque réplique il semble regarder les autres comme pour attendre l'approbation par un retour ou un rire. Mais ça reste dans l'ensemble plutôt agréable, surtout la partie lycée catholique, beaucoup moins pour les parties "cités sympas de wesh". On pense beaucoup par moment à la comédie "Bienvenue chez les Ch'tis" (2012) de et avec Dany Boon notamment avec le face à face du "parrain" Jamel Debbouze et le parallèle le "chnord" avec l'école catholique. En conclusion une comédie bancale, maladroite, mais souvent juste dans son propos, (auto)dérision et critiques gentiment moqueuses fonctionnent bien, si on réussit à fermer les yeux sur la complaisance manichéenne de l'ensemble c'est plutôt amusant.

 

Note :                 

10/20
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