Key Largo (1948) de John Huston
5ème long métrage de John Huston après avoir quasiment signé le premier Film Noir avec "Le Faucon Maltais" (1941), avoir confirmé son talent avec "L'Amour n'est pas un Jeu" (1942) et "Griffes Jaunes" (1942) (deux films malheureusement introuvables en France !), et qui est alors auréolé du succès critique ey commercial de son chef d'oeuvre "Le Trésor de la Sierra Madre" (1948). Pour ce projet le cinéaste adapte la pièce de théâtre éponyme (1939) de Maxwell Anderson, auteur qui est aussi connu comme scénariste qui venait alors d'écrire le scénario de "Jeanne d'Arc" (1948) de Victor Fleming et surtout connu pour être co-scénariste plus tard de "Le Faux Coupable" (1956) de Alfred Hitchcock et "Ben-Hur" (1959) de William Wyler. Néanmoins l'auteur ne participe pas à l'adaptation sur grand écran de sa pièce. Réalisateur-scénariste, John Huston co-signe le scénario avec un certain Richard Brooks remarqué pour ses scénarios de "Les Tueurs" (1946) de Robert Siodmak et "Les Démons de la Liberté" (1947) de Jules Dassin et qui va surtout devenir un grand réalisateur avec des titres tels que "Graine de Violence" (1955), "La Chatte sur un Toit Brûlant" (1958) ou "Les Professionnels" (1966). Le réalisateur ajoute des éléments "réels" dans le récit, l'ouragan est inspiré d'un événement tragique réel survenu à l'archipel des Keys en 1935 où il y a eu 400 morts, il y a une référence à une bataille en Italie de fin 1943 qui a justement été le sujet du documentaire "La Bataille de San Pietro" (1945) de John Huston, puis enfin le personnage de la maîtresse du caïd serait inspiré de la véritable maîtresse du Parrain de la Mafia Lucky Luciano ; une maîtresse incarnée par Claire Trevor dont la performance sera primé d'un Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle... Frank, vétéran de 39-45 ayant combattu en Italie arrive sur une île au large de la Floride pour rencontrer Temple le père et Nora la veuve d'un compagnon d'armes. Ils sont propriétaires d'un hôtel mais Frank comprend vite que les lieux sont occupés par un gang de malfrats mené par Johnny Rocco. Alors qu'un ouragan se prépare la tension monte d'un cran alors que les gangsters attendent un rendez-vous...
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Le père propriétaire de l'hôtel est interprété par Lionel Barrymore, illustre membre de la dynastie Barrymore avant débuté dans "The Battle" (1911) de D.W. Griffith et vu entre autre dans "Capitaines Courageux" (1937) de Victor Fleming, "Vous ne l'emporterez pas avec Vous" (1938) et "La Vie est Belle" (1946) tous deux de Frank Capra ou "Duel au Soleil" (1946) de King Vidor, sa belle-fille veuve est jouée par Lauren Bacall qui retrouve après "Le Port de l'Angoisse" (1944) et "Le Grand Sommeil" (1946) tous deux de Howard Hawks puis "Les Passagers de la Nuit" (1947) de Delmer Daves pour la 4ème et ultime fois son époux d'alors, la star Humphrey Bogart qui est là dans le 4ème de ses 6 films avec John Huston entre "Le Faucon Maltais" (1941) et "Plus Fort que le Diable" (1953). Le chef de gang est incarné par Edward G. Robinson star depuis "Le Petit César" (11931) de Mervyn LeRoy devenu lui aussi une icône du Film Noir avec "Assurance sur la Mort" (1944) de Billy Wilder, "La Femme au Portrait" (1944) et "La Rue Rouge" (1945) tous deux de Fritz Lang ou "Le Criminel" (1946) de et avec Orson Welles, et retrouvera dans "Quinze Jours Ailleurs" (1962) de Vincente Minnelli sa partenaire Claire Trevor vue dans "La Chevauchée Fantastique" (1939) de John Ford ou "Né pour Tuer" (1947) de Robert Wise avec une apogée entre "Ecrit dans le Ciel" (1954) de William A. Wellman et "L'Homme qui n'a pas d'Etoile" (1955) de King Vidor. Citons ensuite Thomas Gomez apparu dans "Les Mains qui Tuent" (1944) de Robert Siodmak ou "L'Heure du Crime" (1947) de Robert Rossen, Monte Blue qui retrouve Bogart après "Griffes jaunes" (1942), "Casablanca" (1942) et "Passage pour Marseille" (1944) tous deux de Michael Curtiz, puis retrouve après "Pacific Express" (1939) et "Les Naufrageurs des Mers du Sud" (1942) tous deux de Cecil B. De Mille l'acteur William Haade qui retrouve Bogart entre "Une Femme Dangereuse" (1940) de Raoul Walsh et "Les Ruelles du Malheur" (1949) de Nicholas Ray, et retrouve aussi entre Johnny Appolo" (1940) de Henry Hathaway et "Quand la Ville Dort" (1950) de John Huston l'acteur Marc Lawrence qui retrouvera encore John Huston pour "La Lettre du Kremlin" (1970) puis retrouve après "Lona la Sauvageonne" (1944) de Ralph Murphy son partenaire Dan Seymour qui retrouve lui aussi Bogart après "Casablanca" (1942) et"Le Port de l'Angoisse" (1944) avant de devenir un fidèle de Fritz Lang dans 5 films entre "L'Ange des Maudits" (1952) et "L'Invraisemblable Vérité" (1956)... On savoure d'emblée la qualité de la photographie, signée du grand Karl Freund, Directeur Photo entre autre de "Metropolis" (1927) de Fritz Lang, "Dracula" (1931) de Tod Browning ou de son propre film "Les Mains d'Orlac" (1935). Si le film est considéré comme un Film Noir il s'avère qu'il est finalement bien plus un thriller psychologique avec des personnages bien écrit pour des acteurs qui sortent de leur zone de confort surtout pour celui du vétéran alias Humphrey Bogart. En effet, rarement on aura vu la star se faire aussi malmené, loin d'être un dur il est un soldat brisé par la guerre qui va même subir une humiliation sans réagir devant la belle Nora/Bacall. Face à lui le caïd Johnny Rocco est tout aussi intéressant, caïd réputé dont la réputation repose sur son apogée qui semble déjà bien loin et qui rêve d'une renaissance dans le Milieu, qui est un dur et dont la faiblesse se révèle face à la force des éléments hors de son contrôle dont la tornade.
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Une tornade qui fait son effet, tel un cauchemar et dont plusieurs scènes extérieures sont en fait tirées du film "Night unto Night" (1949) de Don Siegel. Parfaitement intégrées au film, la tornade est l'élément qui va faire vaciller Rocco/Robinson dans un huis clos anxiogène où le caïd impose sa loi par l'humiliation, avec le vétéran Frank/Bogart mais aussi envers sa petite amie Gaye/Trevor dans une scène particulièrement dure. Dans le même temps, un passage ne semble pas cohérent, avant tout menaçant, contrôle de soi en prime, Rocco/Robinson se laisse aussi influencé, pris d'un doute franchement peu crédible... ATTENTION SPOILERS !... Frank/Bogart qui instille le doute et l'hésitation à Rocco/Robinson alors qu'il veut tuer la fille/Bacall, mais en vérité trop facilement et peu crédible, d'abord parce qu'un assassin trouvera une solution autre pour se débarrasser du corps, puis surtout il n'hésite pas à tuer juste après un autre personnage, mais il est vrai que celui-ci est secondaire... FIN SPOILERS !... Il s'agit là du seul petit bémol du film qui reste parfaitement maîtrisé, avec un climax tendu à souhait, un rendez-vous entre malfrat qui mêle un savoureux mélange de confraternité, confiance et professionnalisme à la suspicion, hypocrisie et méfiance, tandis que l'orage et les éléments naturels forment un piège inattendu. Un superbe drame à conseiller.
Note :
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