Leviticus (2026) de Adrian Chiarella

par Selenie  -  15 Octobre 2026, 08:43  -  #Critiques de films

Premier long métrage de l'australien Adrian Chiarella après quelques courts métrages comme "Black Lips" (2018) ou "Dwarf Planet" (2020) et quelques séries TV dont "Five Bedrooms" (2023). Le cinéaste explique qu'il a voulu croiser sa passion pour le cinéma d'horreur avec des thèmes intimes et sociétaux (il semble oublier que c'est la base de la plupart des films du genre), il explique ainsi l'évidence : "Un film d'horreur raconte toujours l'irruption d'un monstre dans le quotidien des personnages, mais ce monstre est avant tout une métaphore. Il incarne généralement un traumatisme profondément réel." Précisons que le titre est le latin du mot Lévitique. Film interdit au moins de 12 ans... Deux adolescents doivent échapper à une entité violente qui prend la forme de la personne qu'ils désirent le plus : dans leur cas, l'un l'autre... 

Les deux adolescents sont joués par Stacy Clausen apparu dans des séries TV comme "Crazy Fun Park" (2023) ou "High Country" (2024-2026), puis Joe Bird remarqué dans le film d'horreur "La Main" (2023) des frères Philippou, tandis que sa mère est incarnée par Mia Wasikowska, star de "Alice au Pays des Merveilles" (2010) de Tim Burton, "Stoker" (2013) de Park Chan-Wook ou "Crimson Peak" (2015) de Guillermo Del Toro et qu'on n'avait pas vu depuis "Club Zero" (2023) de Jessica Hausner pour revenir ainsi dans son premier rôle de mère. Citons ensuite Nicholas Hope vu dans "Truth : le Prix de la Vérité" (2015) de James Vanderbilt, "Invisible Man" (2020) de Leigh Whannell ou "Limbo" (2023) de Ivan Sen, Shannon Berry aperçue dans les séries TV "The Wilds" (2020-2022) ou "Les Survivants" (2025), Jeremy Blewitt apparu dans les séries TV "Les Fleurs Sauvages" (2023) ou "The Narrow Road" (2025), Ewen Leslie apparu dans "Sleeping Beauty" (2011) de Julia Leigh, "Sweet Country" (2017) de Warwick Thornton ou "The Nightingale" (2018) de Jennifer Kent, Davida McKenzie aperçue dans "Silent Night" (2022) de Camille Griffin ou "Klara et le Soleil" (2026) de Taika Waititi, puis Zahra Newman apparue dans "Treize Vies" (2022) de Ron Howard ou "Insidious : l'Invasion du Lointain" (2026) de Jacob Chase... Avant tout, petite réflexion quant au casting, où comment on remarque que Mia Wasikowska serait sans aucun doute la mère idéale de Ryan/Stacy Clausen et non pas de Naim/Joe Bird, simple logique évidente de la ressemblance physique. Pas spécialement grave mais plutôt gênant malgré tout. Si la possession d'un corps est un paramètre archi connu au cinéma, essentiellement dans le film d'horreur par ailleurs, le film se démarque avec une petite idée : une entité qui agit dans un flou artistique entre possession et illusion avec un double qui a visuellement tout de l'être aimé mais à la violence fatale. Le début du film mêle habilement chronique adolescente gay et l'environnement d'une communauté sociale sinistrée puritaine. Evidemment ces deux pans de leur société est antinomique et va forcément ouvrir la porte à un premier traumatisme.

Ainsi, dans le style immersif réaliste et sectaire on serait dans un mix "Ave Maria" (1984) de Jacques Richard et "Tom à la Ferme" (2014) de et avec Xavier Dolan avec cet atmosphère très marquée socialement et si anxiogène pour ne pas dire malsaine. Les jeunes gays qui se découvrent, la jalousie et les premiers émois se fracassent logiquement à la foi et l'autorité religieuse et amène au traumatisme des fameuses thérapies de conversion (Tout savoir ICI !), où comment tenter de retirer le vice de l'homosexualité à des jeunes ados. Peu de films abordent ce sujet du totalitarisme religieux homophobes et le film en montre parfaitement un des aspects, dans la même logique on penser aux "moeurs légères" dans "The Magdalene Sisters" (2003) de et avec Peter Mullan. Mais ce n'est pas vraiment le sujet du film, il n'est qu'un moyen ou une cause qui va amener au premier drame de "double personnalité". La moitié du film est passé quand le fantastique fait son incursion dans le récit. C'est un peu long, la première partie est réussit mais c'est un peu long comme mise en place puisqu'on attend avant tout la dimension fantastico-horrifique. La seconde partie est intéressante et bien menée d'un point de vue psychologique (peur vis à vis de l'Eglise, peur ensuite vis à vis de l'entité, jalousie, hypothèses de survie... etc...) par contre le côté horrifique est beaucoup trop sage, à tous points de vue. C'est le gros défaut du film. Un film qui tient plus de la chronique psycho-tragique que du film d'horreur.

 

Note :                 

12/20
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