Mémoire de Fille (2026) de Judith Godrèche
Second long métrage en tant que réalisatrice après "Toutes les Filles pleurent" (2010) pour Judith Godrèche, qui a entre temps signé la série TV "Icon of French Cinema" (2023) et le court métrage "Moi Aussi" (2024), mais surtout qui s'est imposée médiatiquement comme une militante féministe ces dernières années, d'abord en étant une des premières à accuser le nabad Harvey Weinstein en 2017 dans l'élan de #MeToo, suite à une agression qu'elle aurait subi en marge de la promotion du film "Ridicule" (1996) de Patrice Leconte, puis ensuite en déposant plainte en 2024 pour viol sur mineure contre les réalisateurs Benoît Jacquot qui a été son conjoint durant plusieurs années malgré un grand écart d'âge, et Jacques Doillon en marge du film "La Fille de 15 ans" (1989). Devenue une porte-parole incontournable sur la question des violences faites aux femmes, la cinéaste n'est plus apparue en tant qu'actrice depuis "The Climb" (2019) de Michael Angelo Covino, sans compter sa participation vocale au film "She Said" (2022) de Maria Schrader. C'est donc assez logiquement que la cinéaste se soit intéressé à un roman autobiographique où l'autrice raconte sa première fois, l'éponyme "Mémoire de Fille" (2016) de Annie Ernaux, Prix Nobel de littérature 2022, dont un autre roman avait été adapté il y a peu avec le très réussi "L'Evénement" (2021) de Audrey Diwan qui racontait son avortement quand elle était étudiante... L'écrivaine Annie Ernaux se rend à Rouen, ville de son enfance, pour une séance de dédicace. Alors qu'elle s'y rend elle est prise d'un vertige et replonge dans le souvenir d'un été 1958 où elle a passé sa première nuit avec un garçon...
Annie Ernaux est interprétée par deux actrices, âgée par Valérie Fréville vue notamment dans "Cette Femme-Là" (2003) de Guillaume Nicloux, "Elles" (2012) de Malgorzata Szumowska ou "Ulysse" (2026) de Laetitia Masson, jeune par Tess Barthélémy, fille de Judith Godrèche pour qui elle a déjà joué dans la série TV "Icon of French Cinema" (2023) et le court métrage "Moi Aussi" (2024), puis fille de Maurice Barthélémy pour qui elle est apparu dans "Pas Très Normales Activités" (2013). Parmi les adultes citons Loïc Corbery vu récemment dans "La Bataille de Gaulle" (2026) de Antonin Baudry et qui retrouve après "Les Survivants" (2022) de Guillaume Renusson sa partenaire Victoire Du Bois qui retrouve aussi juste après "L'Inconnue" (2026) de Arthur Harari l'actrice Valérie Dréville qui retrouve de son côté après "Saint Omer" (2022) de Alice Diop l'actrice Guslagie Malanda vue dans "La Bête" (2023) de Bertrand Bonello et "Dossier 137" (2026) de Dominik Moll, Séphora Pondi vue récemment dans "Soudain" (2026) de Ryusuke Hamaguchi et "De la Comédie Française" (2026) de Martin Darondeau et Bertrand Usclat, puis rerouve après "Avant l'Effondrement" (2023) de Alice Zeniter et Benoît Volnais l'actrice Ariane Labed vue dans "Le Vourdalak" (2023) de Adiren Beau et "The Brutalist" (2024) de Brady Corbet, Georgia Scalliet aperçue dernièrement dans "Un Monde Merveilleux" (2025) de Giulio Callegari et "L'Accident de Piano" (2025) de Quentin Dupieux, puis Sophie-Marie Larroux apparue dans "Les Chèvres !" (2024) de Fred Cavayé et "Nous, les Leroy" (2024) de Florent Bernard. Parmi la jeunesse enfin, citons Maïwène Barthélémy (rien à voir avec Tess) révélation du très réussi "Vingt Dieux" (2024) de Louise Courvoisier, Anja Verderosa révélation de "L'Epreuve du Feu" (2025) de Aurélien Peyre après lequel elle retrouve l'acteur Victor Bonnel vu dans "La Poupée" (2025) de Sophie Beaulieu, Louise Labèque vue notamment dans "Annie Colère" (2022) de Blandine Lenoir, "Toni, en Famille" (2023) de Nathan Ambrosioni et "Ceux qui Comptent" (2026) de Jean-Baptiste Leonetti, Manon Valentin vue dans "Coup de Chaud" (2015) de Raphaël Jacoulot, "Tout Schuss" (2016) de François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard et plus récemment remarquée dans la série TV "Stalk" (2020-2026), Esther Archambault remarquée dans "Les Pires" (2022) de Lise Akoka et Romane Guéret, Mamadou Sidibé révélé dans la série TV "Un Prophète" (2026), Thibault Bonenfant apparu dans "Jeanne du Barry" (2023) de et avec Maïwenn, "Les Enfants après Eux" (2024) des frères Boukherma et "Vacances Forcées" (2025) de François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard, Lacelot Courcieras aperçu dans l'excellent "Ni Chaînes Ni Maîtres" (2024) de Simon Moutaïrou, François-Xavier Raffier aperçu dans "Le Règne Animal" (2023) de Thomas Cailley, et Léa Leviant aperçue dans "Belle-Fille" (2020) de Méliane Marcaggi ou "Sous la Seine" (2024) de Xavier Gens... Passons sur le côté woke et démago (les personnages racisés n'existe pas dans le livre de Annie Ernaux, ce qui semble plus que plausible en 1958). D'emblée, vu qu'il s'agit de Judith Godrèche derrière ce film on s'attend logiquement à une énième dénonciation du coupable masculin et des violences faites aux femmes, ainsi on sait d'ores et déjà que va arriver la ou les scènes de viol et/ou d'agression sexuelle. Le film débute comme une immersion dans les souvenirs adolescents de Annie Ernaux, quand elle avait 17 ans 1/2 l'été 1958. Très vite, alors que le récit est assez classique et sans surprise soit une jeune qui s'apprête à quitter ses parents pour la première fois pour son premier job d'été, on remarque quelques passages soit gratuits et inutiles, soit qui insistent sur le fait que Annie/Barthélémy est surtout aussi naïve qu'influençable... ATTENTION SPOILERS !... La jeune Annie qui urine vite fait (souvent des passages tellement gratuit !) c'est bien on est content pour elle (?!) Son regard très satisfait lors de la visite médicale envers une collègue : pourquoi ?! Sa réflexion sortie de nulle part "pourtant j'ai des hanches larges", alors que pas du tout bien au contraire Tess Barthélémy est une brindille, jamais bue ou fumée mais suffit de quelques secondes pour goûter à tout ou encore courir comme une dératée en sachant très bien que c'est inutile pour ne pas dire assez stupide... FIN SPOILERS !... Ainsi, tout semble insister, pointer du doigt le fait que la pauvre Annie/Barthélémy, enfant choyée et trop protégée, est toute innocente, ingénue, victimisée ou victimisable et que tout ce qui pourrait se passer serait forcément pas de sa faute et, comme il faut obligatoirement un coupable, quoi qu'il arrive on sait que le premier bonhomme venu fera l'affaire.
Aussi simpliste et évident, pour caler le truc évidemment ce premier bonhomme est un macho peu tendre et égoïste. Outre que le fait que la pauvre Annie/Bathélémy est déjà mal intégrée dans le groupe, pas aidée non plus par les autres jeunes femmes, elle est dans un univers ou le flirt est omniprésent. Arrive donc le premier "bal" et la première scène "problématique", ou qui est montrée ainsi par la cinéaste... ATTENTION SPOILERS !... Annie/Bathélémy suit sans sourciller H/Bonnel avec qui elle passe la nuit. Si il est hautain, vantard, égoïste sur tous les points il n'en est pourtant pas un violeur, jamais Annie refuse ou dit non ou résiste, bien au contraire elle recommence, propose du chocolat, revient le voir, c'est elle qui revient vers lui, qui est jalouse... etc... FIN SPOILERS !... Finalement on sent que le tout se joue plus sur la morale, sur le décalage de la maturité à la rigueur et que Judith Godrèche veut fendre se soucie en insinuant les choses par sa mise en scène, notamment avec une judicieuse mise en place des scènes intimes, sans nudité, sans érotisation de la femme mais on peut se poser la question : est-ce que Judith Godrèche n'a pas été aussi et avant tout la protectrice de sa fille Tess Barthélémy ?! Et donc par ricochet aurait-elle fait les mêmes choix avec une autre actrice ?! Ainsi, tout repose sur "ce qui est arrivé", une expression lourd de sous-entendus alors même que justement il ne se passe rien d'extraordinaire, il n'est rien arrivé autre, au mieux à chaud, qu'un premier chagrin d'amour, ou au pire à froid un simple regret. Plus honnêtement le titre du film aurait dû être "Chronique d'une jeunesse passée". Néanmoins, les jeunes acteurs sont tous formidables, la chronique de le jeunesse de 1958 reste intéressante même si Judith Godrèche se prend un peu les pieds dans son tapis accusateur.
Note :
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