The Social Reckoning (2026) de Aaron Sorkin

par Selenie  -  8 Octobre 2026, 10:17  -  #Critiques de films

Rappelons que Aaron Sorkin a d'abord été un scénariste réputé et recherché après avoir écrit entre autre "Des Hommes d'Honneur" (1992) de Rob Reiner, "Malice" (1993) de Harold Becker ou "La Guerre selon Charlie Wilson" (2007) de Mike Nichols mais il connaît un réel succès avec le film "The Social Network" (2007) de David Fincher. Si entre temps le scénariste est aussi devenu réalisateur avec le très bon "Le Grand Jeu" (2017), l'excellent "Les Sept de Chicago" (2020) et le plus anecdotique "Being the Ricardos" (2021), Aaron Sorkin a toujours été attaché à une suite du film sur le genèse de la fameuse plateforme. Un serpent de mer depuis près de vingt ans donc, aussi parce que le scénariste voulait assumer une suite avec le retour de David Fincher derrière la caméra. Après plusieurs idées de scénario, plusieurs tentatives finalement un nouveau scandale va permettre une inspiration nouvelle avec le le scandale des Facebook Leaks de 2021 (Tout savoir ICI !). Finalement, Aaron Sorkin reçoit le soutien de ses producteurs de ses derniers films et devient le réalisateur-scénariste d'un récit adapté d'une série d'articles "The Facebook Files" dirigé par Jeff Horowitz et inspiré des documents divulgués par Frances Haugen, ex-employée de Facebook et lanceuse d'alerte. Mais le film n'est donc pas réellement une suite "narrative" à "The Social Network" (2007) mais plutôt une suite thématique ou même une sorte de spin-off ou cross-over selon le oint de vue... Jeune ingénieure chez Facebook, Frances Heugen sollicite l'aide de Jeff Horowitz, reporter au Wall Street Journal parce qu'elle veut divulguer des documents compromettant l'éthique de la plateforme. Ensemble ils vont enquêter pendant plusieurs mois pour révéler à tous les secrets les mieux gardés du puissant réseau social... 

La lanceuse d'alerte est incarnée par Mikey Madison aperçue dans "Once Upon a Time in Hollywood" (2019) de Quentin Tarantino ou "Scream" (2022) de Matt Bettinelli-Oplin et Tyler Gillett mais surtout révélée grâce à "Anora" (2024) de Sean Baker pour lequel elle gagne le BAFTA et l'Oscar 2025 de la meilleure actrice. Remplaçant Jesse Eisenberg dans le film de Fincher, le créateur de Facebook est cette fois incarné par Jeremy Strong qui retrouve son réalisateur après "Le Grand Jeu" (2017), l'excellent "Les Sept de Chicago" (2020), vu plus récemment dans "The Apprentice" (2024) de Ali Abbasi et "Deliver Me From Nowhere" (2025) de Scott Cooper après lequel il retrouve aussi son partenaire Jeremy Allen White vu dans "Iron Claw" (2024) de Sean Durkin ou "The Mandalorian and Grogu" (2026) de Jon Favreau, puis retrouve aussi après "Twelve" (2010) de Joel Schumacher l'acteur Billy Magnussen vu dans "Road House" (2024) de Doug Liman et "En Plein Vol" (2024) de F. Gary Gray. Citons ensuite Bill Burr apparu dans "The Front Runner" (2018) de Jason Reitman, "The King of Staten Island" (2020) de Judd Apatow ou "The Guilty" (2021) de Antoine Fuqua, Wunmi Mosaku remarquée dans la série TV "Loki" (2021-2023) dont elle reprend le rôle dans "Deadpool et Wolverine" (2024) de Shawn Levy et vue récemment dans "Sinners" (2025) de Ryan Coogler, Betty Gilpin aperçue dans "The Hunt" (2021) de Craig Zobel et "The Tomorrow War" (2021) de Chris McKay, Gbenga Akinnagbe qui retrouve Jeremy Strong après "Detroit" (2017) de Kathryn Bigelow et vu entre autre dans "Clair-Obscur" (2021) de Rebecca Hall ou "Du Sang dans la Neige" (2024) de Elliott Lester, Portia Doubleday apparue dans "Carrie : la Vengeance" (2013) de Kimberly Peirce, "Her" (2013) de Spike Jonze ou "Nightmare Island" (2020) de Jeff Wadlow, Patrick Fischler apparu dans "Muholland Drive" (2001) de David Lynch, "Red State" (2011) de Kevin Smith ou "Under the Silver Lake" (2018) de David Robert Mitchell, Sierra Capri surtout connue pour la série TV "On my Block" (2018-2021), puis Tehmina Sunny aperçue dans "Les Fils de l'Homme" (2006) de Alfonso Cuaron, "Argo" (2012) de et avec Ben Affleck ou "Running out of Time" (2015) de Johnnie To... Le film est le premier réalisé par Aaron Sorkin dont la musique n'est pas signée par Daniel Pemberton, mais par le français Alexandre Desplat oscarisé entre autre pour les B.O. de "The Grand Budapest Hotel" (2015) de Wes Anderson et "La Forme de l'Eau" (2018) de Guillermo Del Toro... A l'instar de "The Social Network" (2007), ce film s'impose comme un film "biographique", ou du moins siglé "Histoire Vraie" en assumant le fait que tout ce qui va être dit est véridique et authentique dans les faits qui y sont relatés. C'est toujours un écueil et ici on constate avant tout  un soucis au niveau des personnages et/ou interprètes. Le plus gênant est l'incarnation du patron de Facebook Mark Zuckerberg qui est incarné par Jeremy Strong, excellent acteur qui est ici à côté de la plaque, lui ou la direction d'acteur de Aaron Sorkin ; en effet, l'acteur joue Zuckerberg de façon très hautaine, autoritaire aussi sec que froid, mais surtout d'une stature ou d'un tenue statique, immobile même voir "robotique" sans âme ni humanité. Malheureusement il est humain, et non il n'est pas si monolithique et si poker face, il suffit de (re)voir des vidéos de ses interviews notamment dans le regard. Ici ce n'est qu'une caricature évidemment biaisé qui accentue le mal qu'on peut penser de lui. Un peu facile. Par là même, on note que trois des rôles principaux semblent pourtant fictif, à savoir les trois "conseillers" ou bras droit de Zuckerberg, quand on signe un film à forte base documentaire reposant sur les "Facebooks Files" entre autre, il est bizarre et/ou dommageable que trois protagonistes aussi centraux soient des personnalités sans bases réelles.

L'autre soucis est que le film reste 100% à charge, et donc forcément d'un parti pris et d'un manichéïsme toujours gênant quand le sujet épineux et actuel est aussi complexe et universel. En effet, les preuves et le dossier d'enquête solides et irréfutables d'autant plus que Zuckerberg ira jusqu'à s'excuser personnellement devant les familles et le Congrès américain. Néanmoins, jamais le film ne mentionne ou s'interroge sur le libre arbitre des gens. Il est étonnant que tout repose sur la liberté d'expression mais qu'on contrôlerait néanmoins pour dire au gens quoi dire ou faire. En effet, le film (et donc l'enquête) dénonce le manque de contrôle de Facebook sur les publications, mais dans le même temps personne ne se dit que les gens ne sont pas forcés à cliquer partager ou liker ! En fait le scénario occulte complètement le public, les membres de Facebook (et donc des réseaux sociaux), et même les victimes ne sont que des statistiques. C'est un peu dommage car c'est ce qui aurait pu amener de l'émotion à un récit très et trop technique. Idem, on perçoit que le réalisateur-scénariste a dû hésiter à créer un rapprochement entre Frances Haugen/Madison et le journaliste Jeff Horwitz/White, évidemment impossible cela aurait dévier la ligne directrice et aurait sans doute été trop fictif, néanmoins quelques passages restent légèrement hors sujet. Heureusement le film reste sur un fil funambule certe branlant mais prenant. L'enquête est passionnante, les états d'âmes de la lanceuse d'alerte/Madison intéressants, avec un contexte chronologique cohérent. Un film à conseiller donc.

 

Note :                 

13/20
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :