Ni Vue, Ni Connue (2026) de Marc Fitoussi
8ème long métrage du cinéaste Marc Fitoussi depuis "La Vie d'Artiste" (2007) et après "Les Cyclades" (2022) sans compter sa participation au films à sketchs "Selfie" (2019) segment "Le Troll". Ce nouveau projet est à la jonction de trois idées, celle de tourner à nouveau avec sa star Isabelle Huppert, de poursuivre son expérience après la série TV "Dix pour Cent" (2018-2020), puis de s'inscrire dans la continiuté de son documentaire "Des Figurants" (2009) où il suivait entre autre une femme qui se définissait comme "saltimbanque et artiste" : "Je me suis demandé si le rôle qu'elle n'avait jamais tenu n'était pas celui d'une actrice qui ne jouerait pas, reléguée au second plan, voire invisible. Et c'est comme ça que m'est venue l'idée de la transformer en figurante de cinéma." ... Corinne Maclou est figurante. Elle enchaîne les tournages avec l'espoir d'être remarqué et de décrocher enfin un vrai rôle. Lorsque son chemin croise celui de Sandrine Kiberlain et qu'une relation commence à se nouer entre les deux, Corinne espère concrétiser son rêve. Mais la célèbre actrice va-telle vraiment l'aider à se faire une place au sein de la grande famille du cinéma ?
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La figurante Corinne est donc incarnée par Isabelle Huppert qui retrouve son réalisateur après "Copacabana" (2010) et "La Ritournelle" (2014) et vue dernièrement dans "La Femme la plus Riche du Monde" (2025) de Thierry Klifa et "Histoires Parallèles" (2026) de Asghar Farhadi. Elle est entourée de plusieurs acteurs et actrices dans leur propre rôle dont une autre fidèle de Marc Fitoussi après "La Vie d'Artiste" (2007) et "Pauline Détective" (2012), Sandrine Kiberlain vue récemment dans "Ceux qui Comptent" (2026) de Jean-Baptiste Leonetti, et qui retrouve aussi après "Polisse" (2011) de et avec Maïwenn sa partenaire et collègue Emmanuelle Bercot vue dans "Badh" (2025) de Guillaume de Fontenay et "L'Abandon" (2026) de Vincent Garenq, Anne Marivin vue dans "Sous la Seine" (2024) de Xavier Gens ou "Rapide" (2025) de Morgan S. Dalibert, Vincent Dedienne vu dans "Les Rêveurs" (2025) de Isabelle Carré ou "L'Espèce Explosive" (2026) de Sarah Arnold, Diane Kruger vue dans "Les Linceuls" (2024) de David Cronenberg ou "Une Enfance Allemande, Île d'Amrun, 1945" (2025) de Fatih Akin, Ana Girardot vue dans "Furcy, Né Libre" (2025) de Abd Al Malik ou "La Guerre des Prix" (2026) de Anthony Dechaux puis Hugo Backer vu dans "Ici et Là-Bas" (2024) de Ludovic Bernard ou "La Bonne Etoile" (2025) de Pascal Elbé. Et enfin des rôles fictifs joués par Pierre-François Garel apparu dans "La Bête" (2023) de Bertrand Bonello ou "Nouvelle Vague" (2025) de Richard Linklater, Florence Muller aperçue dans "Le Comte de Monte Cristo" (2024) de Mathieu Delaporte et Alexandre de La patellière et "L'Attachement" (2024) de Carine Tardieu, Eva Huault aperçue dans "Coka Chicas" (2025) de Roxine Helberg, "Des Preuves d'Amour" (2025) de Alice Douard et "Bagarre" (2026) de Julien Royal, Catherine Davenier qui retrouve son réalisateur et quelques unes de ses partenaires après "La Vie d'Artiste" (2007), "Copacabana" (2010) et "Les Apparences" (2020), puis enfin Bernard Verley apparu dans "La Reine Margot" (1994) de Patrice Chéreau, "Lady Chatterley" (2006) de Pascale Ferran ou "Grâce à Dieu" (2018) de François Ozon et qui est malheureusement décédée il y a seulement quelques jours avant la sortie du film... L'idée du film est d'emblée assez savoureuse, d'autant plus que le casting est tout autant jubilatoire avec une des plus grandes stars dans un "simple" rôle de figurante entourée d'une flopée de collègues dans leurs propres rôles. Le grand intérêt du film réside avant tout sur ce casting, ses interprètes et leurs rôles. Evidemment Isabelle Huppert qui incarné une figurante qui n'a jamais réussi à percer malgré un talent certain, mais comme elle le dit "pas aidée par son caractère". Puis une dizaine de vedettes dans leur propre rôle, ou presque, qui montre et démontre surtout qu'elles sont toutes dotées d'autodérision. Il en faut assurément dans certains passages qui éreintent le "star system".
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Mais si le film pointe du doigt l'énorme écart de traitement entre les vedettes/ stars et les figurants/ troisième, quatrième, cinquième etc rôle, le film pointe aussi l'aigreur et la frustration pas toujours très objectives des figurants. Le film évite donc un manichéïsme ou une généralité trop démago. Bon point. Le scénario est intelligent car il montre bien les causes et conséquences des petites actions-réactions des uns et des autres, souvent guidées par un malaise, une maladresse ou une culpabilité. Il y a une pincée de cynisme mais sans méchanceté, un regard plein d'acuité mais avec une pointe satirique, et la mauvaise foi ou l'hypocrisie qui semble omniprésent ne s'avère pourtant pas plus singulière que dans les autres domaines ou communautés. Par contre, la fantaisie reste un peu trop sage, restant dans un ton doux-amer qui aurait sans doute pu être plus drôle encore et/ou plus caustique, tandis que les dialogues semblent parfois trop écrit ou trop récités manquant un peu de naturel. Néanmoins, cette chronique immersive reste savoureuse avec quelques séquences qui méritent vraiment le détour.
Note :
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