L'Espèce Explosive (2026) de Sarah Arnold
Premier long métrage de Sarah Arnold après quelques courts métrages comme "Leçon de Ténèbres" (2010), "Totems" (2014) et "L'Effort Commercial" (2020). La cinéaste a trouvé son sujet à la lecture d'un fait divers sur un conflit entre des agriculteurs aux cultures ravagées à des chasseurs qui nourrissaient le gibier : "Le projet n'était pas de faire un film sur la chasse, mais d'évoquer les mécaniques de pouvoir et de prédation économique qui sous-tendent nos sociétés contemporaines." Réalisatrice-scénariste elle co-écrit son scénario avec Mehdi Ben Attia réalisateur de "Le Fil" (2009), "Je ne suis pas Mort" (2012) et "L'Amour des Hommes" (2017) et qui a écrit pour d'autres "Impardonnables" (2021) de André Téchiné ou "L'Etrangère" (2026) de Gaya Jiji, Jérémie Dubois qui a signé "Grand Ciel" (2025) de Akihiro Hata, puis Olivier Seror qui a écrit auparavant "Diamant Noir" (2015) de Arthur Harari ou "Ils sont Vivants" (2022) de Jérémie Elkaïm. Sarah Arnold cite comme références les films "Simple Men" (1992) de Hal Hartley et "Inherent Vice" (2014) de Paul Thomas Anderson... Dans le nord-est de la France, des sangliers qui ravagent les cultures provoquent une guerre ouverte entre chasseurs et agriculteurs. Brun, un céréalier en faillitte déraille quand un notable du coin le pousse à bout. Un an plus tard, Fulda, un gendarme corse arrive après une mutation disciplinaire. Entre intuitions fulgurantes et râtés spectaculaires il mène l'enquête sur les sangliers qui semblent avoir des proportions hors normes tandis qu'une nouvelle psy arrive à la gendarmerie...
Le gendarme Fulda est interprété par Alexis Manenti vu récemment dans "Le Dossier Maldoror" (2025) de Fabrice Du Welz, "Ad Vitam" (2025) de Rodolphe Lauga ou "L'Etrangère" (2026), le fermier Brun est joué par Jean-Louis Coulloc'h vu entre autre dans "La Fracture" (2021) de Catherine Corsini ou "Dalva" (2022) de Emmanuelle Nicot, tandis que la psy est incarnée par Ella Rumpf vue dans "Zone(s) de Turbulence" (2023) de Hafsteinn Gunnar Sigurosson et "Des Preuves d'Amour" (2026) de Alice Douard et retrouve après "Coutures" (2026) de Alice Winocour son partenaire Pascal Rénéric vu dans "Le Gang des Amazones" (2025) de Mélissa Drigeard et "Jean Valjean" (2025) de Eric Besnard. Citons ensuite Vincent Dedienne vu dans "Natacha (presque) Hôtesse de l'Air" (2025) de Noémie Saglio, "Les Rêveurs" (2025) de Isabelle Carré ou "Ni Vue, Ni Connue" (2026) de Marc Fitoussi, Thierry Godard apparu dans "Le Monde d'Hier" (2022) de Diastème ou "La Gravité" (2022) de Cédric Ido, Bertrand Belin aperçu dans "Le Roman de Jim" (2024) des frères Larrieu ou "Sauvage" (2026) de Camille Ponsin, Bernard Blancan vu dans "Kika" (2025) de Alexe Poukine ou "La Vie d'une Femme" (2026) de Charline Bourgeois-Tacquet et qui retrouve après "Le Comte de Monte Cristo" (2024) de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière son partenaire Xavier de Guillebon vu dans "Furcy, Né Libre" (2025) de Abd Al Malik ou "Les Héros du Louvre" (2026) de Elie Chouraqui, Olivier Martin-Salvan apparu dans "La Folle Histoire de Max et Léon" (2016) et "Les Vedettes" (2022) tous deux de Jonathan Barré, puis enfin Jacques Develay aperçu dans "Bienvenue parmi Nous" (2012) de Jean Becker ou "Miséricorde" (2024) de Alain Guiraudie... Dans le style on pense à l'univers Groland avec par exemple "Le Grand Soir" (2012) ou "Saint-Amour" (2016) du duo Delépine-Kervern, ou encore "Oranges Sanguines" (2021) et "Les Pistolets en Plastique" (2024) tous deux de Jean-Christophe Meurisse. Mais il y a une différence importante, le fait que ces derniers raconte vraiment quelque chose, ont un rapport avec l'actualité ou notre société, il y a de l'à-propos même si l'humour noir, le sarcasme ou la satire se mêle à tout ça. Avec ce film, a contrario, Sarah Arnold ne semble pas avoir de but ou de message réel sur le fond. Tout semble assez gratuit jusqu'à cette scène finale dans la voiture qui est complètement gratuite, et ce, même sur la forme.
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Sur l'intrigue, la lutte fermier-chasseur rappelle trop les récentes comédies "Chasse Gardée" (2023-2025) de Antonin Fourlon et Frédéric Forestier qu'on aurait retirer toute la substance de la "comédie populaire" dont le but est le rire pour en faire une comédie noire siglée film d'auteur à l'humour très et trop élitiste à tel point qu'on sait déjà que le box-office aura certainement du mal à atteindre les 6 chiffres. Et pourtant, on apprécie le style très terre à terre du début, le grain de l'image qui colle à l'atmosphère champêtre avec ce côté "redneck franchouillard", les personnages sont bien croqués avec un bel équilibre entre réalisme et les petits délires qui permettent un surréalisme mesuré. Malheureusement, au fur et à mesure qu'on en apprend plus sur le gendarme Fulda/Manenti le film perd de sa saveur... ATTENTION SPOILERS !... on apprend donc que ce gendarme est un simplement un criminel qui a assurément un soucis psychologique, à savoir monsieur casse la gueule à un collègue pour une raison futile ou du moins sans preuve en amont, puis met le feu au domicile de son ex parce qu'elle ne veut pas lui parler ! Et avec ça il serait encore titulaire à la gendarmerie ?! N'importe quoi... FIN SPOILERS !... Invraisemblable et surtout comment suivre et avoir de l'empathie pour un tel énergumène ?! Dommage, là aussi un Fulda/Manenti moins cinglé aurait été judicieux, ajouté à la dernière scène ces deux paramètres retirent l'essentiel des points. Dommage car le reste est savoureux, caustique à souhait, oscillant entre la fantaisie simple et l'humour dépressif avec quelques idées bien trouvées (Attila ou le placard à balai par exemple).
Note :
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Pour info bonus, Note de mon fils de 17 ans :
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