Butterfly Jam (2026) de Kantemir Balagov
Après ses longs métrages "Tesnota, une Vie à l'Etroit" (2017) et "Une Grande Fille" (2019) pour lequel il a été reçu le Prix de la Mise en scène à Un Certain Regard au Festival de Cannes 2019, le russo-tcherkesse Kantemir Balagov revient avec une co-production germano-franco-belge mais à forte majorité française via Why Not Production de Pascal Caucheteux, qui est derrière les films de Arnaud Desplechin, Philippe Garrel, Bruno Podalydès ou Xavier Beauvois, mais aussi un fidèle du britannique Ken Loach, de l'amricain Gregg Araki ou du roumain Cristian Mungiu, il a produit récemment plusieurs oeuvres singulières à travers le monde dont "Faute d'Amour" (2017) de Andreï Zviaguintsev, "A Beautifil Day" (2017) de Lynne Ramsay, "Les Nuits de Mashhad" (2022) de Ali Abbasi ou "Harvest" (2024) de Athina Rachel Tsangari. Réalisateur-scénariste, Kantemir Balagov co-écrit son scénario avec Maria Stepnova qui a signé auparavant les films "Plotnik" (2022) de Avdotya Smirnova et "Ognennyy Malchik" (2025) de Nadezhda Mikhlakova. L'histoire se déroule au sein de la diaspora tcherkesse dans le New Jersey aux Etats-Unis mais le tournage a eu lieu dans le nord de la France. Pour l'anecdote, ce cinéaste peu connu citent comme les trois meilleurs films du cinéma soviétiques "Quand passent les Cigognes" (1957) de Mikhaïl Kalatozov, "Mon Ami Ivan Lapchine" (1984) de Alexeï Guerman et "Vols entre Rêve et Réalité" (1982) de Roman Balaïan. Le film est interdit au moins de 12 ans...
Dans le New Jersey, un ado de 16 ans surnommé Pyteh partage son temps entre le tapis de lutte et le petit restaurant tcherkesse de sa famille. Mais alors que le restaurant est au bord de la faillitte, une décision impulsive de son père, éternel opportuniste, vient bouleverser son destin... L'ado Temir/Pyteh est incarné par le jeune turoc-américain Talha Akdogan dans son premier rôle au cinéma. Il est entouré d'acteurs américains plus connus avec Riley Keough vue récemment dans "Jay Kelly" (2025) de Noah Baumbach et "Rosebush Pruning" (2026) de Karim Aïnouz et retrouve après "Hurry Up Tomorrow" (2025) de Trey Edwards Shults son partenaire Barry Keoghan vu dans "Bird" (2024) de Andrea Arnold, "Le Clan des Bêtes" (2024) de Christopher Andrews ou "Peaky Blinders : l'Immortel" (2026) de Tom Harper, Harry Melling vu dans "The Pale Blue Eye" (2022) de Scott Cooper, "Harvest" (2024) et "Pillion" (2026) de Harry Lighton. Citons ensuite Zaramok Bachok apparu dans "Love Kills" (2024) de Duke et "Sex Love Venice" (2024) de Steve Balderson, Tommy McInnis aperçu dans de petites apparitions ou figuration dont la plus notable serait dans "The Irishman" (2019) de Martin Scorcese, puis enfin une apparition pour la star Monica Bellucci vue récemment dans "Beetlejuice Beetlejuice" (2024) de Tim Burton et "Histoires de la Nuit" (2026) de Léa Mysius... D'abord il faut saluer la direction artistique, le travail sur les décors où comment nous plonger dans une diaspora très méconnu avec une production américaine, tourné en anglais avec un casting essentiellement anglo-saxon et tourné en France ! L'illusion est remarquable avec dans le style une filiation avec des films comme "Brûle le Sang" (2025) de Akaki Popkhadze. Les personnages sont attachants, l'atmosphère entre bonheur simple et la débrouille fonctionne bien même si les poncifs du genre s'accumulent vite : le fils prodigue qui fait la fierté d'un père peu responsable et immature mais pas méchant, un oncle omniprésent qu'on devine déjà ambigu, une femme évidemment responsable et guide du groupe, un "caïd" à la fois menace éventuelle ou peut-être pas, et le grain de sable...
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Les relations au sein de la famille sont touchants, les acteurs sont excellents et sont un atout non négligeable avec la révélation du jeune Tahla Akdogan, un Barry Keoghan toujours excellent mais dans sa zone de confort, Riley Keough presque méconnaissable et surtout un Harry Melling dans un rôle de composition étonnant. Alors que le récit distille avec parcimonie et de façon insidieuse les petits grains qui vont mener au drame on remarque aussi au fur et à mesure que le réalisateur annihile juste après chaque tentative de twist ou de montée en tension... ATTENTION SPOILERS !... il y a trois paramètres qui annoncent un drame éventuel ou un rebondissement fatal à venir, le membre Tcherkesse qui veut ouvrir un restaurant et qui veut engager Azik/Keoghan mais qui va finalement rien donner, Azik refuse puis fin du deal. Ensuite il y a le pélican, ça sent l'arnaque et/ou la trahison, mais non jamais l'oiseau aura une cause ou conséquence réelle. Puis enfin il y la petite copine afro-américaine, une histoire d'amour adolescente pouvant mener à tout, ou à rien et ce sera rien de bien probant ou essentiel... FIN SPOILERS !... Ainsi, à chaque fois que se dessine une intrigue ou une évolution qui devrait être crescendo arrive un choix narratif qui fait tout retomber jusqu'à cette révélation, ce face à face presque inattendu qui va là aussi n'avoir finalement aucune conséquence. En conclusion Kantemir Balagov avait dans les mains un matériau au potentiel énorme mais à chaque promesse il y a comme une non décision, comme l'impossibilité d'assumer sa propre histoire. Malgré un menu plus qu'alléchant on reste sur notre faim on avait la dalle. Dommage... Note indulgente.
Note :
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