Mort d'un géant, mort de Kirk Douglas

par Selenie  -  6 Février 2020, 08:58  -  #Décès de star - Bio

Un des derniers géants, sans doute le dernier monstre sacré de l'Âge d'Or de Hollywood nous a quitté. Kirk Douglas est mort ce 05 février 2020 à lÂge canonique de 103 ans !

Né en 1916 à Amsterdam dans l'état de New-York, Yssur Danielovitch Demsky est le seul fils sur 7 enfants et de parents juifs, ayant immigré de l'actuelle Biélorussie pour sortir de la pauvreté et fuir l'antisémitisme de l'Empire Russe. Arrivée aux Etats-Unis toute la famille prend un nom plus américain, c'est ainsi que le jeune Yssur grandit avec le nom de Izzy Demsky. Le jeune Izzy décide de devenir acteur après avoir lu un poème à l'école et avoir été applaudi. Mais son ambition n'est pas du goût de ses parents. A l'université, il souffre de l'ostracisme due à sa faible condition de fils de chiffonnier mais finit par imposer le respect en se lançant dans la lutte. 

 

Malgré la désapprobation familiale le jeune Izzy décide de partir à New-York pour se former au métier de comédien. Au théâtre Tamarak, on lui propose de changer de nom, ce sera Kirk Douglas. Il entre ensuite à l'Académie d' Art Dramatique où il fait la connaissance de Diana Dill sa future première épouse et il fait la connaissance de Betty Bacall future Lauren "The Look" Bacall. Il obtient quelques rôles mineurs dans des pièces de théâtre dans les années 1940-1942. C'est à cette période qu'il effectue les démarches administratives pour devenir officiellement Kirk Douglas. Peu de temps après il s'engage dans la Marine.

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Il épouse Diana Dill lors de son engagement, mais il est réformé peu de temps après pour une dysenterie chronique et retourne à la Grosse Pomme au printemps 1943. Il remplace bientôt l'acteur Richard Widmark sur scène dans la pièce "Kiss and Tell". Sa carrière prend un virage important en 1946 : Lauren Bacall qui est devenue une star entre temps, intervient auprès du producteur Hal B. Wallis et obtient ainsi le rôle de l'époux de Barbara Stanwick dans ce qui sera son premier long métrage, l'excellent "L'Emprise du Crime" (1946 - ci-dessus) de Lewis Milestone.

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Il donne la réplique à Robert Mitchum dans le Film Noir "La Griffe du Passé" (1947 - ci-dessus) de Jacques Tourneur et à Burt Lancaster dans "L'Homme aux Abois" (1947) de Byron Haskin. Il est un époux dans le jeu de "Chaînes Conjugales" (1949) de J.L. Mankiewicz avant de refuser une superproduction MGM pour le rôle d'un boxer dans "Le Champion" (1949 - ci-dessous) de Mark Robson. C'est un succès, il est nommé à l'Oscar. Cette fois, après avoir gravi les échelons, il devient une star.

C'est à cette période que Kirk Douglas, père de deux enfants (Michael et Joel) se sépare de son épouse dont il divorce en 1951. Il signe un contrat avec la Warner qui lui permet d'asseoir son statut notamment avec les films "La Femme aux Chimères" (1950) de Michael Curtiz et "Le Gouffre aux Chimères" (1951 - ci-dessous) de Billy Wilder. Sa notoriété est alors en plein boum et il séduit les plus belles femmes de Hollywood dont Rita Hayworth et Gene Tierney.

Mais très vite l'acteur ne se complaît pas dans le système des studios et il décide de ne pas poursuivre avec la Warner après le film "La Vallée des Géants" (1952). Fait rarissime à l'époque, Kirk Douglas prend son indépendance.

Il enchaîne avec le western "La Captive aux Yeux Clairs" (1952 - ci-dessus) de Howard Hawks et surtout le chef d'oeuvre "Les Ensorcelés" (1952 - ci-dessous) de Vincente Minnelli pour lequel son rôle de producteur de cinéma lui permet d'être de nouveau nommé à l'Oscar qu'il rate au profit de Gary Cooper dans "Le Train sifflera Trois Fois" (1952) de Fred Zinneman.

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Il tombe amoureux de l'actrice Pier Angeli, qu'il suit alors en Europe où il tourne coup sur coup dans "Le Jongleur" (1953) de Edward Dmytryk, "Un Acte d'Amour" (1953) de Anatole Litvak et le péplum "Ulysse" (1954) de  Mario Camerini. C'est à cette période qu'il rencontre une assistante, Anne Buydens dont il tombe amoureux et qu'il épouse quasi aussitôt au printemps 1954, ils auront deux enfants (Peter Vincent et Eric).

Il tourne ensuite dans la superproduction Disney "20 000 Lieues sous les Mers" (1954 - ci-dessus) de Richard Fleischer suivi de "Le Cercle Infernal" (1955) de Henry Hathaway et surtout le sublime "L'Homme qui n'a pas d'Etoile" (1955 - ci-dessous) de King Vidor, un de ses meilleurs rôles.

Il accentue encore son indépendance vis-à-vis de Hollywood et devient producteur sur son film "La Rivière de nos Amours" (1955) de André de Toth. Il crée sa société La Bryna (du nom de sa mère).

Il achète lui-même les droits du roman "Lust for Life" de Irving Stone et confie la réalisation à Vincente Minnelli pour l'adaptation "La vie passionnée de Vincent Van Gogh" (1956 - ci-dessus) qui lui vaut une nouvelle nomination à l'Oscar, pour lequel il était favori après son Golden Globes mais il est une nouvelle fois battu au profit cette fois de Yul Brynner dans "Le Roi et Moi" (1956) de Walter Lang.

Il retrouve son ami Burt Lancaster pour un western mythique, "Règlement de Compte à O.K. Corral" (1957 - ci-dessus) de John Sturges avant de produire un chef d'oeuvre, "Les Sentiers de la Gloire" (1957 - ci-dessous) pour lequel il choisit un réalisateur encore méconnu : Stanley Kubrick. L'acteur-producteur tient beaucoup au film, qui ne connaîtra pas le succès et sera interdit dans plusieurs pays (dont en France interdit jusqu'en 1975 !).

L'acteur-producteur enchaîne avec un énième chef d'oeuvre, "Les Vikings" (1958 - ci-dessous) de Richard Fleischer avec Tony Curtis et Janet Leigh. Cette fois c'est un succès considérable. Il poursuit avec "Le Dernier Train de Gun Hill" (1959) de John Sturges où il retrouve Anthony Quinn qui était Gauguin auprès de Douglas/Van Gogh.

Alors qu'il était sur les rangs pour incarner "Ben-Hur" (1959) de Wylliam Wyller, qui sera finalement dévolu à Charlton Heston, Kirk Douglas décide de produire lui-même son péplum. Il jette son dévolu sur l'histoire d'un esclave qui fit trembler Rome. Pour l'adaptation, il impose comme scénariste Dalton Trumbo sous son vrai nom alors qu'il est blacklisté depuis la commission Maccarthy, ce choix symbolique et ce geste fort fera date... "Spartacus" (1960 - ci-dessous) est d'abord dirigé par Anthony Mann mais l'entente entre le réalisateur et sa star producteur a comme résultat que Kirk Douglas fait remplacer le cinéaste par Stanley Kubrick. Le succès est au rendez-vous et le film entre dans la postérité comme un péplum majeur malgré un tournage particulièrement compliqué.

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Il retrouve Mitchum pour "El Perdido" (1961) de Robert Aldrich avant de refaire appel au scénariste Dalton Trumbo pour écrire "Seuls sont les Indomptés" (1962 - ci-dessous) de David Miller. 

Il joue et produit également "Le Dernier de la Liste" (1962) de John Huston, "Sept Jours en Mai" (1964) de John Frankenheimer et "L'Ombre d'un Géant" (1966) de Melville Shavelson.

 

Mais il tourne aussi régulièrement pour d'autres comme sur "Quinze Jours Ailleurs" (1962) de Vincente Minnelli, "Les Héros de Telemark" (1965 - ci-dessous) de Anthony Mann (sans rancune !) et "Première Victoire" (1965) de Otto Preminger.

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Il passe en France et tourne ainsi dans "Paris brûle-t-il ?" (1966 - ci-dessous) de René Clément participant alors à l'un des génériques les plus prestigieux du cinéma, à l'instar de "Le Jour le plus Long" (1962) auquel il est presque incroyable et/ou incompréhensible qu'il n'ait pas participé.

Après "L'Ombre d'un Géant" il retrouve John Wayne pour un western "récréatif", "La Caravane de Feu" (1967 - ci-dessous) de Burt Kennedy. Mais il faut attendre "L'Arrangement" (1969) de Elia Kazan pour revoir Kirk Douglas dans une production de prestige.

Il tourne ensuite un western particulièrement savoureux et trop méconnu, l'excellent "Le Reptile" (1970 - ci-dessous) de J.L. Mankiewicz qu'il retrouve plus de 20 ans après "Chaînes Conjugales" (1949).

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Les années 70 marquent tout de même un vrai ralentissement dans la carrière de l'acteur, il tourne moins et surtout dans des productions de plus en plus confidentielles. On notera surtout le film de pirates "Le Phare du Bout du Monde" (1971 - ci-dessous) de Kevin Billington et "Furie" (1978) de Brian de Palma.

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Mais les seventies sont marquées surtout par les deux seuls films réalisés par l'acteur. Kirk Douglas signe ainsi "Scalawag" (1973) sorte de variation de "L’île au trésor", puis le western "La Brigade du Texas" (1975). Les deux films sont des échecs cuisants qui le pousseront à abandonner la réalisation. 

 

Kirk Douglas tourne de plus en plus des films alimentaires mais débute les années 80 avec "Nimitz, retour vers l'enfer" (1980 - ci-dessous) de Don Taylor, un film fantastique et de guerre original et méconnu où il joue un amiral commandant le porte-avion Nimitz qui se retrouve téléporté en 39-45 après une tempête. Il retrouve son ami Burt Lancaster pour la sixième et dernière fois pour la comédie policière "Coup Double" (1986) de Jeff Kanew.

Sa carrière marque le pas, à tel point qu'il commence à tourner pour des téléfilms à partir du milieu des années 80. Il en profite pour écrire la première partie de son autobiographie, "Le Fils du Chiffonnier" (1988) qui sera un best seller.

 

Si sa dernière apparition sur grand écran est "Illusions" (2004) de Michael A. Goorjian son dernier "gros" film est un petit rôle dans la comédie "L'Embrouille est dans le sac" (1991) de John Landis avec Sylvester Stallone en tête d'affiche.

 

Il est victime d'un accident cérébral en 1996 et d'une attaque cardiaque en 2001.

 

En 2003, la star accepte de tourner dans la comédie "Une si Belle famille" (ci-dessus) de Fred Shepisi, si ce film n'est pas un succès, il est connu pour regrouper plusieurs membres de la famille Douglas, Kirk jouant aux côtés de son fils Michael, de son petit-fils Cameron et de son ex-épouse Diana Hill Douglas.

 

Kirk Douglas a été marié avec Diana Hill (1943-1951), mère de ses fils Michael et Joel, suivi d'un second mariage avec Anne Buydens (depuis 1954 !) mère de ses fils Peter Vincent (producteur dont le premier film est "Nimitz...") et Eric (mort d'une overdose en 2004).

Le 9 décembre 2016, son fils Michael Douglas et son épouse Catherine Zeta-Jones organisent une soirée d'anniversaire pour ses 100 ans.

Kirk Douglas, un des plus grands monstres sacrés du 7ème Art est mort ce mercredi 05 février 2020 à l'âge exceptionnel de 103 ans, laissant ainsi quelques rares stars de l'Âge d'Or lui survivre comme Olivia De Havilland...

Kirk Douglas est à jamais parmi les étoiles de 7ème Art...

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Un très bel hommage qu'il méritait bien !
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