Predator 2 (1991) de Stephen Hopkins

par Selenie  -  14 Juin 2022, 21:06  -  #Critiques de films

Après le succès de "Predator" (1987) de John McTiernan, la production lance l'idée d'une suite, logiquement boostée par les succès du producteur Joel Silver avec les deux premiers "L'Arme Fatale" (1987-1989) de Richard Donner, les deux premiers "Die Hard" avec le succès "Piège de Cristal" (1988) de John McTiernan qui s'impose définitivement comme une valeur sûre du cinéma d'action, et sa suite "58 Minutes pour Vivre" (1990) de Renny Harlin, mais justement McTiernan préfère finalement s'atteler à son projet "À la Poursuite d'Octobre Rouge" (1991), tandis que la star Arnold Schwarzenegger s'avère trop gourmand pour son cachet et de son côté préfère finalement aller vers d'autres projets comme "Total Recall" (1990) de Paul Verhoeven ou "Terminator II" (1991) de James Cameron où il touchera 3 à 4 fois plus. La production engage à nouveau les frères Jim et John Thomas, déjà scénariste du premier opus, mais à la réalisation c'est un autre débutant qui est choisit, Stephen Hopkins qui venait de signer "Freddy 5 : l'Enfant du Cauchemar" (1989) et qui prouvera plus tard qu'il est capable du pire ("Perdus dans l'Espace" en 1998) comme du bon ("Suspicion" en 2000)... Los Angeles 1997, le détective Mike Harrigan et son équipe lutte contre les cartels qui sont en guerre pour le marché des stups mettant la ville à feu et à sang. Mais soudain les uns et les autres comprennent qu'un intrus mystérieux et implacable se mêle à la guerilla, d'autant plus mystérieux qu'une agence gouvernementale tente d'écarter le détective de l'enquête...  

Le détective Harrigan est incarné par Danny Glover, qui après "Witness" (1985) de Peter Weir et surtout "La Couleur Pourpre" (1985) de Steven Spielberg est devenue une vraie star mondiale grâce au succès de "L'Arme Fatale" (1987) de Richard Donner, film après lequel il retrouve ses partenaires Steve Kahan pour toute la saga jusqu'à "L'Arme Fatale 4" (1998), puis surtout Gary Busey une des gueules de méchants les plus connues du cinéma américain de "Le Canardeur" (1974) de Michael Cimino à "Piranha 3DD" (2012) de John Gulager en passant par "Point Break" (1991) de Kathryn Bigelow ou "Lost Highway" (1997) de David Lynch. Les coéquipiers flics sont joués par Ruben Blades, star de la salsa mais aussi acteur vu entre autre dans "Milagro" (1988) de Robert Redford ou "Mo'Better Blues" (1990) de Spike Lee, Maria Conchita Alonso vue dans "Extrême Préjudice" (1987) de Walter Hill, "Running Man" (1987) de Paul Michael Glaser et "Colors" (1988) de et avec Dennis Hopper, puis Bill Paxton remarqué dans "Terminator" (1984) et "Aliens" (1986) tous deux de James Cameron et qui retrouve après "Un Flic à Chicago" (1989) de John Irvin son partenaire Adam Baldwin révélé quant à lui dans "Full Metal Jacket" (1987) de Stanley Kubrick. Citons Calvin Lockhart ayany débuté dans les années 60 notamment dans "Le Dernier Train du Katanga" (1968) de Jack Cardiff et surtout vu dans "Sailor et Lula" (1990) et "Twin Peaks" (1992) tous deux de David Lynch, et n'oublions pas deux vétérans du premier "Predator" (1987) avec un caméo discret de Elpidia Carrillo et surtout le retour de l'alien toujours incarné par Kevin Peter Hall peu de temps malheureusement avant sa mort... D'emblée on ne peut que remarquer le lien subliminal (ou pas !) avec un autre film, Los Angeles 1997 est d'un tel chaos qu'on ne peut que penser au "New-York 1997" (1981) de John Carpenter, ce qui est assez amusant quand on pense à la future suite "Los Angeles 2013" (1997). Les premières minutes du film est une véritable guerre urbaine entre flics et gangs, un jeu de massacre assez surréaliste, un tel chaos pousse le film vers le sous-genre de la SF de l'Anticipation comme un prélude américain à un futur "Mad Max".

Ca tire dans tous les sens sans que ce soit constructif que ce soit pour les protagonistes ou pour le spectateur. Le réalisateur s'est lâché jusqu'aux armes aussi diverses et variées que l'arsenal américain (recordmen mondial), mais qui devient très fantaisiste quand il s'agit d'une institution comme la police. Mais finalement ce qui retient notre intérêt est qu'on a aucune info sur le Predator qui se trouve en ville sans qu'on sache rien, ni pourquoi ni comment de son arrivée dans cette ville dix ans après les événements du Val Verde. Après la jungle tropicale dense et verdoyante voici donc qu'on nous plonge dans le béton de la jungle urbaine où la guerilla semble avoir explosée même si on se dit que les cartels ne sont pas bien malins alors que le métier impose plutôt une industrie souterraine. On aurait aimé peut être une sorte d'alliance entre police et gang plutôt que la sempiternelle agence secrète. Plusieurs passages sont clairement des erreurs ou des maladresses comme un Predator qui joue le paratonnerre, ou pire le Predator qui voit en infrarouge sans son masque (?!). Niveau action il est dommage que le hors champs soit si systématique, le gore ne peut se satisfaire de quelques corps plus ou moins sanguinolents et un simple flic survit trop facilement face au Prédator. Pourtant la bête reste fascinante, un des meilleurs aliens du cinéma, et la chasse reste captivante tandis les acteurs font le job. En prime à la fin un joli clin d'oeil à un autre Alien. En conclusion, une suite qui ne manque pas d'idées mais qui joue trop la carte du jeu de massacre gratuit, une mise en scène un peu fouillie sans inspiration mais comme séance pop corn décérébré ça reste efficace.

 

Note :      

 

10/20

 

Pour info bonus, Note de mon fils de 13 ans :               

09/20
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