Le Héros de Berlin (2026) de Wolgang Becker

par Selenie  -  17 Juillet 2026, 16:11  -  #Critiques de films

Attention, Wolfang Becker est aussi un réalisateur mort en 2005, réalisateur entre autre de "Peter Foss, le Voleur de Millions" (1958) ou "Ja couche avec mon Assassin" (1970)... Ici, il s'agit de son homonyme, Wolfgang Becker  surtout connu pour la tragi-comédie "Good Bye, Lenin !" (2003), malheureusement mort en 2024 en laissant son dernier film inachevé. En effet, le cinéaste a su très tôt qu'il s'agirait de son dernier film après avoir appris pour son cancer. Ayant le choix entre un ultime voyage à travers le monde et un dernier film il a opté pour le cinéma et a pour se faire choisit d'adapter le roman éponyme (2022) de Maxim Leo et ainsi renouer avec le sous genre de la tragi-comédie sur fond d'Allemagne de l'Est. Réalisateur-scénariste, Becker co-écrit son scénario avec Constantin Lieb qui a écrit auparavant pour les films "Fabian ou le Chemin de la Décadence" (2023) de Dominik Graf ou "Welcome Home Baby" (2026) de Andreas Prochaska. Malheureusement donc, Wolfgang Becker est décédé à la fin du tournage en décembre 2024 et est achevé par son confrère et compatriote Achim Von Borries, connu pour ses films "Parfum d'Absinthe" (2004) ou "Quatre Jours en Mai" (2011)... Micha Hartung, propriétaire d'un vidéoclub berlinois au bord de la faillite, voit sa vie basculer. En effet, à l'occasion du 30ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin, un journaliste le présente comme le cerveau d'une évasion massive historique de la RDA vers l'ouest. Devenu héros malgré lui, il se retrouve pris dans un engrenage dont il n'a pas le contrôle... 

L'équipe technique a été choisi parmi les fidèles de Wolfgang Becker, vu les circonstances la production a misé sur un cercle de fidèles et le casting ne fait pas exception avec des acteurs qu'il connaît bien et dont il a même lancé la carrière pour la plupart. Outre l'anti-héros Micha qui est incarné par Charly Hübner vu dans "La Vie des Autres" (2006) de Florian Henckel Von Donnersmarck, "Stefan Zweig, Adieu l'Europe" (2016) de Maria Schrader ou "Trois Jours à Quiberon" (2018) de Emily Atef et retrouve après "La Comtesse" (2009) de Julie Delpy son partenaire Daniel Brühl star de "Inglourious Basterds" (2009) de Quentin Tarantino ou "Rush" (2013) de Ron Howard, il a surtout été révélé par Wolfgang Becker dans "Good Bye, Lenin !" (2003) suivi de "Moi et Kaminski" (2015), et retrouve donc après ce film phare ses camarades Peter Kurth qui était donc dans "Good Bye Lenin !" (2003) et aussi "Un Ami à Moi" (2006) de Sebastian Schipper dans lesquels étaient aussi Jürgen Vogel qui était également dans "La Vie est un Chantier" ( 1997) de leur réalisateur, l'acteur retrouve également après ce dernier film puis après "La Vague" (2008) de Dennis Gansel l'actrice Christiane Paul vue entre autre dans "Julie en Juillet" (2000) de Fatih Akin ou "La Poussière du Temps" (2008) de Theo Angeopoulos. Citons ensuite Holger Handtke apparu dans "Stalingrad" (2001) de Jean-Jacques Annaud ou "Monuments Men" (2014) de et avec George Clooney et qui retrouve Daniel Brühl après "Parfum d'Absinthe" (2004) de Achim Von Borries et "Seul dans Berlin" (2016) de Vincent Perez, Leon Ullrich apparu dans "Faites l'Amour pas la Guerre" (2021) de Petra Lüschow, "Parole Donnée" (2021) de Ilker Catak ou "Berlin Boys" (2023) de David Wnendt, Leonie Benesch révéle dans le chef d'oeuvre "Le Ruban Blanc" (2009) de Michael Haneke puis dans "Les Leçons Persanes" (2020) de Vadim Perelman, "La Salle des Profs" (2024) de Ilker Catak, "September 5" (2024) de Tim Fehlbaum ou "En Première Ligne" (2025) de Petra Volpe, puis enfin n'oublions pas Katarina Witt, championne de patinage sur glace icône des années 80 qui joue sons propre rôle après déjà quelques apparitions notamment dans "Jerry Maguire" (1996) de Cameron Crowe ou "Ronin" (1997) de John Frankenheimer... Les affabulateurs  sur des tragédies historiques ont décidément le vent en poupe, certains véridiques et récents comme certains parasitent pseudo-victimes des attentats en France des ces dernières années, mais aussi au cinéma où on pense forcément aux films "Marco, l'Enigme d'une Vie" (2025) de Aitor Arregi et Jon Garano ou encore "Eleanor the Great" (2025) de Scarlett Johansson. Mais le réalisateur allemand choisit le genre de la comédie, un contexte bien moins puissant que la Shoah, et un mensonge bien moins grave que ce soit sur les faits eux-mêmes ou sur leurs éventuelles conséquences. 

Ici, Micha Hartung/Hübner ne pense pas à mal au départ, il est question plus d'omission que d'un réel mensonge, manipulé par un journaliste peu scrupuleux et certainement plus lucide et opportuniste que le pauvre gérant de vidéoclub. L'imposture est surtout le premier maillon incontrôlable d'une machine médiatique prompte à s'emballer. Le scénario est impeccable dans le déroulé et l'évolution de l'intrigue focalisée sur cet imbroglio dont l'événement fondateur est un fantasme héroïque auquel tous et tout le monde veut finalement croire. Ainsi, malgré d'autres citations utilisées dans le film nous préférons rappeler celle du chef d'oeuvre "L'Homme qui tu Liberty Valance" (1962) de John Ford : "Quand la légende devient la réalité, imprimez la légende !" ; la légende ici étant juste un petit mensonge dont Micha Hartung serait presque lui-même la victime. Par contre, les faits étant datés de 1984, on se dit que le mensonge est d'emblée bien fragile tant on imagine que les témoins encore vivants sont nombreux, et notamment les survivants, et bien non et c'est bien là le véritable soucis du film ; comment croire qu'un tel déballage médiatique ne ferait pas réagir plusieurs dizaines de personnes, a minima ?! Dommage... Sinon, on pourrait aussi se dire que la cinéaste aurait pu pousser le curseur de la satire et/ou du gag plus en avant. La vraie bonne idée est le second rôle de Daniel Brûhl qui mix ainsi du clins d'oeil en un, entre "Good Bye, Lenin !" (2003) et son personnage dans "Inglourious Basterds" (2009) de Quentin Tarantino. En conclusion, un chouette film, une comédie savoureuse et un excellent moment même si cela aurait pu être plus incisif à tous les niveaux.

 

Note :                 

13/20
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :