Comment je suis devenu Super-Héros (2021) de Douglas Attal

par Selenie  -  5 Août 2021, 11:25  -  #Critiques de films

Un film de super-héros à la française ! Déjà une curiosité en soi même si certains évoquent la comédie pour enfant "Benoît Brisefer : les Taxis Rouges" (2014) de Manuel Pradal ou la comédie "Black Snake, la Légende du Serpent Noir" (2019) de et avec Thomas Ngijol et Karole Rocher, mais surtout on aura une pensée pour "Vincent n'a pas d'écailles" (2015) de Thomas Salvador dont le côté naturaliste donne une dimension singulière plus proche de ce nouveau projet. Un projet de Douglas Attal, dont le nom renvoie logiquement à un certain Alain Attal, un des plus gros producteurs français dont il est le fils. Rien d'étonnant donc à voir papa producteur via sa société Trésor Films. Auparavant, Douglas Attal aura réalisé des courts métrages comme "Santa Closed" (2006) et "Soul Walsh" (2011) mais aura surtout été vu devant la caméra dans "Radiostars" (2012) de Romain Lévy et "Fonzy" (2013) de Isabelle Doval. Le projet a été dévoilé dès 2015 au Comic-Con de Paris. Doté d'un budget de près de 15 millions d'euros, le film est un gros budget même si on est loin des blockbusters hollywoodiens. Douglas Attal co-signe le scénario avec Mélisa Godet et Charlotte Sanson qui ont surtout travaillé pour la télévision, mais aussi avec l'auteur Gérald Bonner le film étant une adaptation de son roman éponyme (2007)...

2020 à Paris, les surhommes sont parfaitement intégrés à la société. Mais comme tous, certains sont hors-la-loi et le lieutenant Moreau est particulièrement chargé des enquêtes concernant les personnes qui ont des pouvoirs. Des incidents de plus en plus nombreux surviennent et il semble que la cause soi en fait une mystérieuse substance qui procure des super-pouvoirs mais aux effets dignes de produits stupéfiants. Moreau doit composer avec une nouvelle coéquipière, tandis qu'il va également recevoir l'aide de deux ex-superhéros... L'inspecteur est incarné par Pio Marmaï vu dans "Felicita" (2020) de Bruno Merle et "Médecin de Nuit" (2021) de Elie Wajeman, sa partenaire est interprétée par Virmala Pons vue dans "Bécassine !" (2018) de Bruno Podalydès et "Allons Enfants" (2018) de Stéphane Demoustier. Les deux ex-héros sont joués par Leïla Bekhti vue dans "Chanson Douce" (2019) de Lucie Borleteau et bientôt dans "Les Intranquilles" (2021) de Joachim Lafosse, puis Benoît Poelvoorde actuellement en salles dans "Mystère à Saint-Tropez" (2021) de Nicolas Benamou et "Profession du Père" (2021) de Jean-Pierre Améris. Citons ensuite Clovis Cornillac qui retrouve Douglas Attal après "Radiostars" et actuellement en salles dans "Kaamelott : Premier Volet" (2021) de et avec Alexandre Astier, Gilles Cohen bientôt en salles dans "OSS 117 : Alerte Rouge en Afrique Noire" (2021) de Nicolas Bedos, Camille Japy vue dernièrement dans "Rendez-Vous chez les Malawas" (2019) de James Huth, en enfin le grand méchant incarné par Swann Arlaud qui retrouve Poelvoorde après "Les Emotifs Anonymes" (2010) de Jean-Pierre Améris et qui a depuis gravit les échelons notamment avec les films "Un Beau Voyou" (2018) de Lucas Bernard et "Grâce à Dieu" (2018) de François Ozon... Ce qu'on aime d'abord c'est déjà l'audace, à l'instar de la SF à la française avec "Le Dernier Voyage" (2021) de Romain Quirot, Douglas Attal ose un film de super-héros avec des moyens bien moindre qu'outre-Atlantique et donc le choix d'un film réaliste et naturaliste afin de compenser quelques millions de billets verts.

On peut y croire en pensant par exemple à l'Italie et son excellent super-heros dans "On l'appelle Jeeg Robot" (2017) de Gabrieli Maineti. On est dans un Paris d'aujourd'hui, sans décors superflus, sans esbroufe, où des surhommes vivent en (presque) harmonie au sein de la communauté. Le personnage principal est un enquêteur solitaire et mutique, mais pour une fois pas alcoolo ni badass, juste un flic qui fait son job bien que l'usure du métier fait son oeuvre. Sa partenaire semble son opposé et on peut s'interroger par contre sur leur évolution respective ; en effet, il est à priori expérimenté mais il est d'abord montré comme un "j'en-foutiste" voir faineant avant d'assumer son rôle, elle est pro, on sent de l'envie mais elle va finalement être sous-exploitée par la suite et devenir surtout une spectatrice. Dommage, on aurait aimé un héros plus "cohérent" et surtout une partenaire moins "accessoire" même si on apprécie leur alchimie. Niveau acting c'est d'ailleurs très hétérogène, une Leïla Bekhti peu à l'aise à côté d'un Poelvoorde aussi drôle que touchant, et un grand méchant un poil surjoué par un Swan Arlaud en roue libre. Heureusement le film a deux points forts. Un scénario cohérent et prenant, bien construit même si on est finalement plus dans un polar à la trame assez classique plutôt que dans un film de super-héros à proprement dit. Et sinon on salue les effets spéciaux particulièrement réussis et efficaces, du très bon boulot qui permet une vraie crédibilité forcément nécessaire vu le sujet. On peut aisément croire qu'une grosse partie du budget est allé aux effets spéciaux. Par contre la réalisation manque un peu de panache, un académisme qui pousse parfois vers le téléfilm qui déçoit au vu de l'ambition d'un tel projet. Néanmoins, Douglas Attal signe un premier film intéressant, courageux, avec des personnages attachants et une vraie densité qui doit beaucoup à quelques passages précis et à des effets spéciaux solides et bien gérés. Un très bon moment à défaut de pouvoir encore concurrencer les mastodontes du genre.

 

Note :            

 

13/20

 

Pour info bonus, Note de mon fils de 12 ans :               

12/20
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