Aviator (2004) de Martin Scorcese

par Selenie  -  2 Mars 2026, 09:46  -  #Critiques de films

Biopic sur l'un des hommes les plus puissants des Etats-Unis (et donc du monde) des années 30-60 et peut-être même au-delà, Howard Hugues (Tout savoir ICI !), qui est avant tout un projet de Michael Mann, mais ce dernier venait de réaliser deux autres biopics avec "Révélations" (1999) et "Ali" (2001) et préfère offrir les commandes à un confrère. Tandis que le sujet intéresse aussi Christopher Nolan et William Friedkin qui travaillent sur leur propre film, Michael Mann préfère ainsi signer "Collateral" (2004) mais reste producteur et choisit d'offrir les commandes à Martin Scorcese qui s'y connaît en biopic avec plusieurs grands films comme "Raging Bull" (1980), et son dyptique mafieux "Les Affranchis" (1990) et "Casino" (1995). Le scénario est écrit par John Logan qui venait d'écrire pour les films "L'Enfer des Dimanches" (1999) de Oliver Stone, "Gladiator" (2000) de Ridley Scott ou "Le Dernier Samouraï" (2003) de Edward Zwick. Une partie du scénario serait adapté du livre "L'Aviateur : la Vraie Vie de Howard Hugues" (1993) de Charles Higham ; auteur polémiste et sensationnaliste dont il faut se méfier sur ce qu'il a pu écrire. A la production, outre Michael Mann, il y a aussi la Miramax des frères Weinstein et la star Leonardo Di Caprio via sa société Appian Way fondée en 2001. Le film doté de 110 millions de dollars reçoit un très bon accueil public et critique, d'abord en récoltant plus de 213 millions de dollars au box-office Monde, puis notamment en recevant 5 Oscars (majoritairement techniques) sur les 11 nominations... Le film est donc un biopic sur le milliardaire Howard Hugues, passionné de cinéma et d'aviation, souffrant de mysophobie et de hypocondrie héritées de sa mère. Le film début vraiment au début du tournage du film "Hell's Angels" (1930) jusqu'à 1966...

Howard Hugues (Tout savoir ICI !) est donc incarné par Leonardo Di Caprio alors en pleine ascension après entre autre "Roméo + Juliette" (1996) de Baz Luhrmann, "Titanic" (1997) de James Cameron ou "Arrête-Moi si tu Peux" (2002) de Steven Spielberg et retrouve Scorcese après "Gangs of New-York" (2002). Citons ensuite quelques stars de cinéma interprétées par Cate Blanchett vue dans "Elizabeth" (1998) de Shekhar Kapur ou "Intuitions" (2000) de Sam Raimi, retrouvant après "Le Talentueux Mr. Ripley" (1999) de Anthony Minghella son partenaire Jude Law vu dans "Bienvenue à Gattaca" (1997) de Andrew Niccol ou "A.I. Intelligence Artificielle" (2001) de Steven Spielberg, Kelli Garner remarquée dans "Bully" (2001) de Larry Clark, Gwen Stefani chanteuse du groupe No Doubt, puis Kate Beckinsale vue dans "La Coupe d'Or" (2000) de James Ivory ou "Underworld" (2003) de Len Wiseman. Parmi les employés ou alliés citons Ian Holmqui retrouve Jude Law après "eXistenZ" (1999) de David Cronenberg et Cate Blanchett après la trilogie "Le Seigneur des Anneaux" (2001-2003) de Peter Jackson, Josie Maran qui retrouve Kate Beckinsale après "Van Helsing" (2004) de Stephen Sommers, Adam Scott apparu dans "Crimes et Pouvoirs" (2002) de Carl Franklin ou "Torque, la Route s'enflamme" (2004) de Joseph Kahn, Danny Huston vu dans "Leaving Las Vegas" (1995) de Mike Figgis ou "21 Grams" (2003) de Alejandro Gonzales Inarritu, John C. Reilly  qui retrouve Scorcese et Di Caprio après "Gangs of New-York" (2002) et vu entre temps dans "Chicago" (2002) de Rob Marshall ou "The Hours" (2002) de Stephen Daldry, Matt Ross vu dans "L'Armée des 12 Singes" (1995) de Terry Gilliam ou "Volte-Face" (1997) de John Woo et retrouve après "American Psycho" (2000) de Mary Harron l'acteur Willem Dafoe qui retrouve Scorcese après "La Dernière Tentation du Christ" (1988). Parmi les antagonistes citons Alec Baldywn vu dans "A la Poursuite d'Octobre Rouge" (1990) de John McTiernan ou "Malice" (1993) de Harold Becker et retrouve Kate Beckinsale après "Pearl Harbor" (2001) de Michael Bay, Alan Alda vu surtout chez Woody Allen avec "Crimes et Délits" (1989), "Meurtres Mystérieux à Manhattan" (1993) et "Tout le Monde dit I Love You" (1996), Edward Herrmann vu dans "Reds" (1981) de et avec Warren Beatty ou "La Rose Pourpre du Caire" (1985) de Woody Allen, Frances Conroy apparue dans "La Chasse aux Sorcières" (1996) de Nicholas Hytner ou "Catwoman" (2004) de Pitof, Kenneth Welsh aperçu dans "Légendes d'Automne" (1994) de Edward Zwick ou "Les Pleins Pouvoirs" (1997) de et avec Clint Eastwood, puis Arthur Holden apparu dans "Bone Collector" (1999) de Phillip Noyce ou "Nous étions Libre" (2004) de John Duigan, puis enfin n'oublions pas Scorcese lui-même qui prête sa voix au projectionniste lors de la séance de "Hell's Angels"... Pour ce projet aussi ambitieux Scorcese est resté fidèle à ses collaborateurs habituels comme Robert Richardson son Directeur Phot sur "Casino" (1995) et "A Tombeau Ouvert" (1999), Thelma Schoonmaker sa monteuse depuis "Raging Bull" (1980), Dante Ferretti son Chef décorateur depuis "Le Temps de l'Innocence" (1993), puis Sandy Powell Chef Costumière et Howard Shore compositeur qui se retrouvent juste après "Gangs of New-York" (2002)... Le film débute alors que nous sommes déjà sur le tournage dantesque de "Hell's Angels" (1930) qui permet alors au milliardaire de réunir ses deux passions en une unique oeuvre, l'aviation et le cinéma. Howard Hugues est déjà milliardaire, déjà producteur de cinéma, déjà une personnalité haute en couleurs, ambitieuse et flamboyante. Le film retrace plus de trois décennies du destin hors norme de Howard Hugues, et il est évident que le scénario doit faire en sorte de raconter l'essentiel en 2h45 ce qui est précisé par le scénariste : "près de trois décennies en 2h45 m'obligea à résumer certains personnages et à chambouler un peu la chronologie." Néanmoins, si on comprend que ses liaisons sont ici réduites à "seulement" 3-4 femmes, on est plus perplexe, ou plus déçu par d'autres choix, comme la production de "Scarface" (1932) de Howard Hawks occulté et la fin de sa vie inutilement résumé et expédié dans un gloubiboulga chronologique. 

Pourtant, Scorcese arrive parfaitement à retranscrire la personnalité de Howard Hugues et à retenir l'essentiel  d'un "jeune homme incroyablement séduisant, intelligent et plein de vie, se métamorphoser en un adulte hanté par ses failles et ses tares." On comprend qu'il n'est véritablement heureux que lorsqu'il est obnubilé par ses passions, tandis que lorsqu'il commence à perdre pied seules les femmes de sa vie sont des garanties de sérénité, le film met ainsi à l'honneur les deux sublimes stars katherine Hepburn/Blanchett et Ava Gardner/Beckinsale qui, "toutes deux ont contribué à dissiper temporairement ses doutes et ses angoisses." Mégalo Hugues/Di Caprio veut devenir le plus grand producteur de cinéma et le plus à la pointe de l'aviation, on comprend que pour le cinéma bien qu'il ait réussi à se faire une place malgré l'hostilité  des Majors hollywoodiennes, c'est bel et bien l'aviation qui va accaparer son temps, sa fortune et son esprit. Film hyper documenté, Scorcese va soigner la reconstitution historique, avec surtout une impressionnante partie aérienne ; en effet, il a fallu (re)trouver 14 biplans d'époque à travers tous les Etats-Unis, sans compté sur des reproductions au 1/4 radioguidées et motorisées. On note également un travail inouï sur les images des films, mêlant judicieusement images originels des films et nouveaux plans en recréant le Noir et Blanc. D'ailleurs la couleur a été aussi travaillé en conséquence, ainsi la première partie (années 20-30) le film reprend un Technicolor bichrome avec dominance du rouge et du vert avec donc l'absence de bleu authentique, tandis qu'ensuite le choix s'est porté sur le Technicolor trichrome avec des couleurs plus éclatantes. Le film occulte plusieurs pans de sa vie, comme son soutien à la CIA qui fera dire au Président Harry Truman "Howard est la cheville ouvrière humain de la défense aérienne de l'Amérique." et qu'après une période difficile il est revenu au plus haut milieu des années 60 investissant dans la télévision et à Las Vegas. Le plus gênant est que le film semble mixé deux périodes, recréant ses dernières années à la fin des années 50 début 60, puis en remettant les pendules à l'heures par un simple encart. Est-ce que ce processus était bien utile ?! Mais le film reste aussi passionnant que l'était sans nul doute Howard Hugues, un film dense malgré les résumés plus ou moins nécessaires, avec des acteurs magnifiques, inspirés et investis. A voir et à conseiller.

 

Note :                 

17/20
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