Pressure (2026) de Anthony Maras
Avant d'être un film il s'agit en premier lieu d'une pièce de théâtre éponyme, "Pressure" (2014) de David Haig qui est surtout connu outre Manche comme acteur remarqué dans "Quatre Mariages et un Enterrement" (1994) de Mike Newell et vu plus tard dans "L'Amour sans Préavis" (2002) de Marc Lawrence, "Florence Foster Jenkins" (2016) de Stephen Frears ou "Downton Abbey" (2019) de Michael Engler. L'acteur devenu auteur a lui-même incarné son personnage principal, James Stagg (en savoir plus ICI !) dans plus de 300 représentations dont quelques extraits ont également été joué devant un parterre de chefs d'état lors de la 75ème commémoration du Débarquement. La pièce a attiré l'attention de Joe Naftalin, vice-président et patron de la branche britannique de StudioCanal, passionné d'Histoire il avait écrit lui-même son mémoire de fin d'études sur le leadership du général Eisenhower. La réalisation fut ensuite confiée à Anthony Maras remarqué pour son unique et premier film "Attaque à Mumbai" (2018). Réalisateur-scénariste Anthony Maras a collaboré avec David Haig pour écrire le scénario adapté... Trois jours avant le Jour J, une seule décision peut changer le cours de l'HIstoire. Alors que les Alliés s'apprêtent à lancer le plus grand débarquement jamais organisé, une violente tempête menace de faire échouer l'opération. Le général Eisenhower s'entoure alors de météorologues dont le capitaine Stagg qui est le premier conseiller du général pour savoir si le débarquement est maintenu pour le 5 juin au matin...
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L'officier météorologue James Stagg est incarné par Andrew Scott qui ferme la boucle puisqu'il a débuté sur la plage de "Il faut sauver le Soldat Ryan" (1998) de Steven Spielberg et vu depuis dans les conflits de "Assassinez Hitler" (2003) de Jeremy Lovering ou "1917" (2019) de Sam Mendes ou plus récemment dans le plus léger "Wake Up Dead Man" (2025) de Rian Johnson. Le général Eisenhower est incarné par Brendan Fraser vu dernièrement dans "Killers of the Flower Moon" (2023) de Martin Scorcese, "Brothers" (2024) de Max Barbakow ou "Rental Family" (2025) de Mitsuyo Miyazaki. Citons ensuite Kerry Condon vue dans "Three Billboards" (2017) et "Les Banshees d'Inisherin" (2022) tous deux de Martin McDonagh ou "F1" (2025) de Joseph Kosinski, Chris Messina vu dans "Air" (2023) de et avec Ben Affleck, "Le Croque-Mitaine" (2023) de Rob Savage ou "Juré n°2" (2024) de Clint Eastwood, Damian Lewis vu notamment dans "Queen of the Desert" (2014) de Werner Herzog, "Un Traître Idéal" (2016) de Susanna White ou "Once Upon a Time in Hollywood" (2019) de Quentin Tarantino, Con O'Neill apparu dans "The Kid" (2010) de Nick Moran ou "The Batman" (2022) de Matt Reeves, puis Daniel Quinn-Toye surtout vu dans la série TV "Sterling Point" (2026-...)... La musique est signée de Volker Bertelmann qui retrouve son réalisateur après "Attaque à Mumbai" (2018) et qui a surtout été oscarisé pour laB.O. de "A l'Ouest Rien de Nouveau" (2022) de Edward Berger avant de signer la musique de "La Bataille de Gaulle : l'Âge de Fer" (2026) de Antonin Baudry... Le film débute avec un moment intime et familial, puis une arrivée au quartier-général allié, soit une dizaines de minutes qui ouvrent la porte à plusieurs interrogations et/ou erreurs historiques pas spécialement graves mais qui sèment une légitime réserve quant à la suite des faits que le film va s'évertuer à raconter comme étant véridiques ; ainsi, citons : le couple Stagg a eu un fils en 1941 (qui deviendra un joueur pro de rugby) et qui aurait donc 3 ans lors des faits relatés dans le film et l'épouse n'était donc pas enceinte ce qui fait qu'une partie du film est simplement fausse. Le QG allié se trouvait à Southwick House, un QG bien moins solennel et prestigieux que l'impressionnant Mentmore Towerssans compter l'architecture très différente, ce qui est sans doute anecdotique mais il est étonnant de faire un choix si différent et erroné alors que le réalisateur a insisté sur une authenticité historique sur des détails comme les cartes météorologiques et plans réels à l'époque alors que le spectateur ne peut rien déceler sur ces points précis. Enfin on passera sur la description de ce colonel James Stagg, montré comme un officier plutôt condescendant, hautain, sans la moindre once d'humour, voir austère et intolérant, en sommes plutôt très antipathique alors même qu'il nous est montré autrement en grand héros de guerre. Ce qui là aussi, sur ce dernier point fait oublier bien vite le travail d'équipe derrière.
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C'est là le grand point faible du film. En effet, si James Stagg est le référent et chef qui permet de réunir les trois groupes de météorologues (armées de terre, mer et air pour simplifier), sans compter les différentes origines des scientifiques et techniciens du service, il est particulièrement dommageable que le norvégien Sverre Petterssen ait été complètement effacé du récit alors qu'il était au moins aussi important que l'américain et finalement peu compétent Irving P. Krick et même de Stagg lui-même. On sent un forcing pro-Stagg, ce qui nous rappelle que le film est une co-production franco-britannique, mais peut-être n'y a-t-il rien à voir ?! Il y a un côté manichéen au sein des liens intra-services un peu gênant. Et pourtant, le réalisateur réussit à instiller une tension palpable, et plus que sur la rivalité Krick-Stagg, il réussit à rendre la pression et l'angoisse palpable. C'est le vrai bon point du film. Les autres bons points sont la relation Eisenhower-Summersby bien retranscrite avec nuances ce qui était nécessaire au vu de l'ambiguité et des avis d'historiens très contradictoire sur cette relation, puis les reconstitutions courtes mais efficaces du Débarquement, et enfin un avant-dernier acte plein d'émotions un peu parasiter par une ultime partie trop gratuite et pathos pour servir à bien un film qui aurait dû être plus scrupuleux sur plusieurs points historiques.
Note :
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