The Dark Knight Rises (2012) de Christopher Nolan

par Selenie  -  19 Avril 2021, 08:33  -  #Critiques de films

Suite et fin de la trilogie après "Batman Begins" (2005) et "The Dark Knight" (2008), que Christopher Nolan avait imaginé depuis le début comme une trilogie mais avec changement de poids : normalement ce 3ème opus était basé sur le procès du Joker et le personnage de Double face ne devait pas mourir. La mort prématurée de Heath Ledger alias Joker a bouleversé les plans du cinéaste. Le scénario, débuté par Christopher Nolan et son co-scénariste David S. Goyer a donc été modifié en conséquence par les frères Nolan, Jonathan poursuivant sa collaboration avec Christopher. Les scénaristes avouent avoir puisé leur histoire dans les séries Comics "The Dark Knight Returns" (1988), "Batman Knightfall" (1993-1994) et "No Man's Land" (1999), mais ils avouent également avoir été inspiré par le roman "Le Conte de Deux Cités" (1859) de Charles Dickens. Christopher Nolan réalise ce troisième opus après avoir entre temps signé "Inception" (2010) ce qui reste sans doute son chef d'oeuvre dans lequel joue une bonne partie des acteurs principaux de la trilogie Batman... Huit années ont passé depuis la mort de Harvey Dent et Batman a disparu, Bruce Wayne est devenu un ermite enfermé dans son domaine. La criminalité semble "contrôlée" grâce aux lois promulguées d'après les projets posthumes du procureur défunt. Mais l'arrivée à Gotham d'un terroriste nommé Bane replonge Gotham dans la peur et oblige Batman à reprendre du service tandis qu'une mystérieuse cambrioleuse nommée Catwoman use de ses charmes...

Pour la troisième et ultime fois l'acteur Christian Bale reprend la cape du superhéros après avoir tourné dans "Terminator Renaissance" (2009) de McG et "Public Enemies" (2009) de Michael Mann. Plusieurs protagonistes récurrents sont toujours présents avec Gary Oldman qui en a profité pour clore la saga "Harry Potter" et pour jouer dans l'excellent "La Taupe" (2011) de Tomas Alfredson, Michael Caine vu entre temps dans "Harry Brown" (2009) de Daniel Barber, Morgan Freeman vu entre temps dans "Invictus" (2009) de Clint Eastwood, tandis qu'on retrouve un certain Liam Neeson après "Batman Begins". Le méchant Bane est incarné par Tom Hardy qui retrouve un bon nombre de partenaires après "Inception" et qui retrouve Gary Oldman après "La taupe" et "Des Hommes sans Loi" (2012) de John Hillcoat. Un allié de poids  joué par Joseph Gordon-Levitt alors à l'affiche dans deux autres succès "Premium Rush" (2012) de David Koepp et "Looper" (2012) de Rian Johnson. Citons les atouts charme avec Catwoman incarnée par Anne Hathaway alors à l'affiche de "Les Misérables" (2012) de Tom Hooper et qui retrouvera Nolan pour "Interstellar" (2014), comme Michael Caine, la frenchy Marion Cotillard alors à l'affiche de "De Rouille et d'Os" (2012) de Jacques Audiard, Juno Temple vue dans "Cracks" (2009) de Jordan Scott et "Kaboom" (2010) de Gregg Araki, puis la toute jeune Joey King vue déjà dans "Crazy, Stupid, Love" (2011) de John Requa et Glenn Ficarra. Pour terminer, dans des rôles secondaires il y a l'excellent Ben Mendelsohn remarqué juste avant dans "Animal Kingdom" (2010) de David Michôd, puis Matthew Modine alors plutôt has been malgré des débuts tonitruands dans "Birdy" (1984) de Alan Parker et "Full Metal Jacket" (1987) de Stanley Kubrick. Et donc, pour en revenir au film "Inception", précisons que Nolan retrouve ainsi les acteurs Michael Caine, Tom Hardy, Joseph Gordon-Levitt, Cillian Murphy et Marion Cotillard. Par contre, cette fois le compositeur Hanz Zimmer assume seul la musique, James Newton Edwards qui était sur les deux premiers n'est plus de l'aventure... Le film était un des 2-3 films les plus attendus de l'année. Après le triomphe du numéro 2 de la saga ce dernier épisode n'est qu'une formalité, on sait tous très bien que les billets verts vont coulés à flot. Le premier vrai bon point est que Nolan a réussi une trilogie hyper cohérente, au réalisme bien venu (sur l'ensemble), et où les idées anarchistes plus ou moins éveillés par le Joker sont ici portées encore plus haut et assumées pleinement par un Bane hyper charismatique. On passera sur les polémiques lors de sa sortie en salle qui fustigeaient un fond soit disant réac du film symbolisé stupidement par les partis politiques de tous côtés qui dénonçaient tous leurs adversaires respectifs. Ridicule. 

Tourner en IMAX plutôt qu'en 3D mérite des bravos. Faire le choix de la pellicule plutôt que du numérique aussi prouve une force de caractère digne des plus grands tandis que les effets spéciaux en CGI (images de synthèse) limités sont un choix tout aussi remarquable. Les personnages sont toujours aussi riches et aux psychologies intéressantes ; Catwoman est bien écrite même si Anne Hathaway (charmante) manque d'une fibre action-woman, on ne la sent super à l'aise; Le gros bonus du film est et restera bien la méchant Bane (parfait Tom Hardy) qui égale un temps le Joker au niveau icône du mal mais dont la mort déçoit un tantinet car trop expéditive. Sinon, pas trop le choix de revenir sur la polémique Marion Cotillard alias Miranda Tate dont la performance a été moquée lorsque son personnage passe de vie à trépas. Le scandale ce n'est pas elle, mais tous les procureurs qui n'y connaissent rien, car si la prise a été gardée dans le montage final c'est qu'elle a plu et a été choisi par la maître à bord, un certain Christopher Nolan ! Si il y en a un à blâmer c'est donc le réalisateur lui-même et sa direction d'acteur ni plus ni moins. Tout un pataquès pour un court passage certe maladroit, mais pas catastrophique non plus. Passons... Car le vrai soucis du film réside dans un scénario où les ellipses sont légions et créent des incohérences, ou du moins des interrogations, si nombreuses que ça atténue forcément les passages plus réussis. Les personnages semblent se déplacer à la vitesse de la lumière tant ils sont omniprésent (surtout Bane et Batman), comment croire à un gouvernement qui laisserait aussi longtemps un terroriste annexée une metropole sans réagir ?! Et c'est dingue comme le temps (plusieurs mois semble-t-il) ne semblent pas avoir de conséquences sur les corps et les esprits ! Mais le pire est comment croire à un Wayne/Batman qui guérit aussi facilement après un dos brisé ?!?! Et la liste pourrait aisément être encore plus longue. Dommage tant d'autres points sont intéressants (le nihilisme ambiant, le charisme de Bane, l'évolution de Robin, les scènes d'action...) et surtout un épilogue idéal qui comble tous les espoirs et les fantasmes. En tous cas l'attente était telle que le film a suivi les scores faramineux du précédent et atteint plus de 1 milliards de dollars au box-office mondial mais avec un budget plus conséquent de 250 millions de dollars ce qui reste un chiffre mirobolant. En conclusion, ce 3ème opus est à l'image de sa place, terminer une trilogie est rarement un gage de réussite. Ce n'est pas le chef d'oeuvre mais ça reste un film spectaculaire, divertissant où les morceaux de bravoures font le job et qui a le mérite de laisser une place non feinte aux personnages ce qui est une qualité rare dans les blockbusters. Un bon moment à défaut de transformer l'essai.

 

Note :            

 

13/20

 

Pour info bonus, Note de mon fils de 11 ans :               

11/20
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2
Pas le meilleur (cela reste pour moi le 2 le meilleur) mais tout à fait honorable. Et, il est vrai que le film est parsemé d'incohérence physique.

Pour ce qui est du Gotham qui ressemble à New-York, je pense que cela clôt l'idée que Gotham est une ville protéiforme : quasi futuriste dans le premier, elle devient une réplique de Chicago dans
le second (pour le coté gangster) pour devenir un clone de New York (foyer de la crise financière) dans cet opus.
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A
je vais le voir ce soir normalement: je reviendrai donc ici pour dire ce que j'en pense.
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W
Une conclusion à la hauteur pour une trilogie qui a tutoyé les sommets en cours de route.
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