Dark Blue (2002) de Ron Shelton
Auteur auréolé pour plusieurs romans James Ellroy a pu voir adapté deux de ses oeuvres au cinéma avec les films "Cop" (1988) de James B. Harris et surtout "L.A. Confidential" (1997) de Curtis Hanson, il signe cette histoire qui est proposé au réalisateur Ron Shelton connu entre autre pour ses comédies "Les Blancs ne savent pas Sauter" (1992) et "Les Adversaires" (1999) et juste avant de réalisateur un autre polar avec "Hollywood Homicide" (2003). L'histoire de Ellroy est repris par David Ayer scénariste alors en pleine reconnaissance après "Training Day" (2001) de Antoine Fuqua et "Fast and Furious" (2001) de Rob Cohen et qui va donner ses lettres de noblesse au polar en passant lui-même derrière la caméra pour les remarquables "Bad Times" (2005) et "End of Watch" (2012), sans oublier qu'il retrouvera James Ellroy pour "Au Bout de la Nuit" (2008). L'histoire est une pure fiction mais placé dans le contexte réel et sensible des émeutes raciales de 1992 à Los Angeles en marge de l'affaire Rodney King (Tout savoir ICI !)... Printemps 1992, alors que la ville est sous tension dans l'attente du procès des policiers ayant brutaliser Rodney King. En attendant, sortant tout juste d'une enquête de la Police des Polices, Eldon Perry, un flic aux méthodes musclés est chargé par son supérieur de résoudre un quadruple meurtres accompagné de son jeune partenaire. Alors que le procès arrive, il continue à obéir aux ordres aveuglément tandis que Bobby, son collègue commence à avoir des remord...
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Eldon Perry est incarné par Kurt Russell vu auparavant dans "New-York 1997" (1981) de John Carpenter, "Backdraft" (1991) de Ron Howard ou "Stargate, la Porte des Etoiles" (1994) de Roland Emmerich, tandis que son jeune collègue est joué par Scott Speedman remarqué dans "Duos d'un Jour" (2000) de Bruce Paltrow et qui sera surtout reconnu avec la franchise "Underworld" (2003-2006) de Len Wiseman. Parmi la hiérarchie citons Ving Rhames vu dans "Pulp Fiction" (1994) de Quentin Tarantino ou "Hors d'Atteinte" (1998) de Steven Soderbergh et retrouve après "Mission Impossible 2" (2000) de John Woo son partenaire Brendan Gleeson vu dans "Le Général" (1998) de John Boorman ou "Gangs of New-York" (2002) de Martin Scorcese, puis Jonathan Banks remarqué dans les polars "48 Heures" (1982) de Walter Hill ou "Le Flic de Beverly Hills" (1984) de Martin Brest, et retrouve après "L'Extrême Limite" (1993) de James B. Harris l'actrice Lolita Davidovich qui retrouve son réalisateur Ron Shelton après "Cobb" (1994), "Les Adversaires" (1999) et "Hollywood Homicide" (2003) dans lequel sera également Kurupt apparu juste avant dans "Mission Alcatraz" (2002) de Gregory Hoblit. Citons encore l'actrice Michael Michele vue dans "New jack City" (1991) de Mario Van Peebles et "Ali" (2001) de Michael Mann, Khandi Alexander révélation 93 avec "Poetic Justice" (1993) de John Singleton, "Menace II Society" (1993) des frères Hugues et "Tina" (1993) de Brian Gibson, Dash Mihok apparu dans "Sleepers" (1996) de Barry Levinson, "Romeo + Juliette" (1996) de Baz Luhrmann ou "la Ligne Rouge" (1998) de Terrence Malick, Graham Beckel vu dans "Jennifer 8" (1992) de Bruce Robinson, "L.A. Confidential" (1997) de Curtis Hanson ou "Le Témoin du Mal" (1998) de Gregory Hoblit, puis enfin Marin Hinkle aperçu dans "Fréquence Interdite" (2000) de Gregory Hoblit ou "I Am Sam" (2001) de Jessie Nelson... D'emblée on peut se dire qu'on reconnaît le canevas très "Ellroyien" dont le chef d'oeuvre cinéma reste et demeure "L.A. Confidential" (1997), mais que le scénariste David Ayer va quasiment copié-collé ensuite personnellement avec "Au Bout de la Nuit" (2008). Ici le vrai atout du film réside dans son contexte, dans un récit contemporain de l'affaire Rodney King, et qui précède donc les importantes réformes de l'institution à Los Angeles qui va purger les services policiers. Entre temps, les ripoux et/ou les flics aux méthodes musclés survivent encore à une époque où "L'Inspecteur Harry" (1971) de Don Siegel n'a plus sa place. En plein marasme l'institution policière est encore parasitée par des décennies à oeillères tandis que la ville s'apprête à s'embraser à l'issue du procès. Eldon/Russell est un policier à l'ancienne, qui a fait son job en croyant en sa mission, en sachant fermé les yeux sans pour autant s'enrichir personnellement mais en voulant nettoyer les rues des pires délinquants et criminels. Il sait qu'il franchit la ligne jaune trop souvent, il est lucide mais sait aussi que sinon les pires énergumènes s'en sortiraient trop facilement.
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En parallèle, deux grains de sable de profilent, d'abord le jeune collègue Bobby qui n'est pas encore trop "sali" par le quotidien policier, puis ensuite les collègues afro-américains forcément touchés par l'affaire Rodney King dont un officier ambitieux, assez pour vouloir devenir le premier noir chef de la police du LAPD ; néanmoins sur ce point, le film est un peu trop manichéen, il y avait aussi des policiers ripoux noirs ce que semblent omettre le film, rappelons entre autre que si les policiers "frappeurs" de Rodney King étaient blancs, plusieurs policiers étaient présents et témoins dont des afro-américains qui n'ont pas bougé. Néanmoins, le jeune symbolise le renouveau mais surtout l'espoir d'un avenir plus lucide et moral, tandis que l'officier afro-américain est tout aussi un symbole de réussite pour sa communauté. Le film montre parfaitement les failles et surtout la lutte ange-démon du policier de terrain Eldon/Russell croit en sa mission, les années à lutter dans les bas-fonds marquent un homme même si il se ressaisit, peut être un peu tard. Les scènes d'action évitent le passage obligatoire du genre du gunfight, les fusillades ou les assauts sont courts, aussi efficaces que réalistes avec un dénouement qui se lie aux premières heures des émeutes. Un très bon polar à conseiller.
Note :
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