The Plague (2026) de Charlie Polinger
Premier long métrage de Charlie Polinger après plusieurs courts métrages comme "Austin" (2013), "Muckland" (2015) ou "Putain, Richard" (2023). Pour ce projet le réalisateur-scénariste explique : "Je voulais explorer la violence et la vulnérabilité de l'enfance d'une manière inédite. De nombreux films consacrés au passage à l'âge adulte, en particulier aux garçons, penchent du côté de la comédie ou de la nostalgie. Mais pour moi, l'âge de 12 ans ressemblait davantage à un enfer d'anxiété sociale. (...) Bien que l'histoire soit fictive, le noyau émotionnel - les dynamiques de pouvoir, la peur de l'humiliation, et même certains dialogues - provient d'une expérience vécue." précisant alors qu'il a aussi puisé dans ses journaux intimes qu'il avait rédigé adolescent lors d'un camp d'été en 2003. Le cinéaste cite comme inspiration "Shining" (1980) et "Full Metal Jacket" (1987) tous deux de Stanley Kubrick ou "Beau Travail" (2000) de Claire Denis. Le film est déjà multiprimé, outre un sélection à Un Certain Regard au Festival de Cannes 2026 il a reçu le Grand Prix et le Prix de la Critique au Festival de Deauville 2025. Le film est interdit au moins de 12 ans...
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Ben, 12 ans, rejoint un camp de water-polo où il se rend compte que Eli, un camarade est marginalisé par les autres qui le font passer pour malade de La Peste. Au fur et à mesure Ben est contraint de participer à ce jeu malsain mais il commence à craindre que cette "maladie" ne dissimule quelque chose de plus terrible... Ben est joué par Everett Blunck surtout aperçu dans des westerns avec "Murder at Yellowstone City" (2022) de Richard Gray, "The Old Way" (2023) de Brett Donowho, "Outlaw Posse" (2024) de et avec Mario Van Peebles ou "Rust" (2024) de Joel Souza. L'enfant "pestiféré" Eli est joué par Kenny Rasmussen aperçu dans "Encore Noel ?" (2021) de Andy Flickman ou la série TV "Work in Progess" (2019-2021), tandis que les autres enfants sont incarnés par Elliott Heffernan remarqué dans "Blitz" (2024) de Steve McQueen, puis citons les premières fois des jeunes acteurs Lennox Espy, Kayo Martin, Lucas Adler, Caden Burris ou Kolton Lee... Puis enfin n'oublions pas l'adulte joué par Joel Edgerton vu entre autre "Animal Kingdom" (2010) de David Michôd, "Warrior" (2011) de Gavin O'Sonnor, "Loving" (2016) de Jeff Nichols, "The Green Knight" (2021) de David Lowery ou "Master Gardener" (2022) de Paul Schrader... Le harcèlement est souvent abordé au cinéma mais quasi exclusivement via le harcèlement sexuel, le harcèlement scolaire est un sujet beaucoup plus rare. L'un des grands précurseurs a été "Carrie au Bal du Diable" (1976) de Brian De Palma mais sous le genre du film d'horreur, sinon les films se font rares mais citons l'excellent "Despuès de Lucia" (2012) de Michel Franco, le téléfilm aussi "Marion 13 Ans pour Toujours" (2016) de Bourlem Guerdjou, puis plus récemment le très bon "Un Monde" (2022) de Laura Wandel et "TKT" (2025) de Solange Cidurel. Ces derniers s'ancrent dans une réalité et un réalisme quasi documentaire ce qui est d'autant plus terrifiant tant la banalité se mêle au danger. Charlie Polinger débute son film dans la même vaine, une immersion clinique et réaliste d'un stage de water-polo mais très vite il impose un virage vers le thriller psychologique jusqu'à initier des éléments du fantastique.
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Mais dans un premier temps on reste surtout perplexe par les enfants (il paraît que ce sont des ados, mais à 12 ans la question se pose ?!) qui semblent obnubilés uniquement par le sexe et la jouissance (?!). Autant en 2026 après deux décennies de smartphone, de réseaux sociaux et d'internet ou pourrait en débattre on est loin de trouver ça convaincant, probant ou légitime pour ce film dont l'histoire est censé se dérouler en 2003 et c'est peu de le dire. Ainsi, on pense aussi un peu au film "Naissance des Pieuvres" (2007) de Céline Sciamma pour cette plongée dans un microcosme adolescent avec le fond sportif de la natation. La vraie force du film est cette façon de disséquer le processus du harcèlement, une mécanique qui fait froid dans le dos accentuer par une mise en scène clinique qui prend son temps et une bande-son inspiré du film d'horreur qui accentue la tension puis la sensation que le drame peut surgir à tout instant. L'autre excellent point repose sur ls enfants, un casting à saluer avec des enfants acteurs impressionnants de justesse, qui ne surjouent jamais, qui oscillent toujours entre le naturel joueur en plan large et les instants figés où les regards ou les petits tics en disent si long. On est un peu décontenancé par le choix de la scène finale, comme une petite leur d'espoir qui ne correspond pas à la lente descente aux enfers que raconte pourtant le film. Un film dur, d'autant plus de par son choix visuel et sensoriel, des artifices qui poussent le curseur.
Note :
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