Libre Echange (2025) de Michael Angelo Covino

par Selenie  -  11 Septembre 2025, 12:27  -  #Critiques de films

Après la comédie "The Climb" (2020) voici le retour du duo Michael Angelo Covino Producteur-réalisateur-scénariste-acteur et son acolyte Kyle Marvin comme Producteur-scénariste-acteur. Le duo s'est inspiré d'un réalisateur français pour le ton de leur comédie, Bertrand Blier, au point qu'ils ont montré plusieurs films de ce réalisateur à leur équipe dont "Les Valseuses" (1974), "Préparez vos Mouchoirs" (1978), "Buffet Froid" (1979) et "Tenue de Soirée" (1986). Carey apprend avec surprise que sa femme désire divorcer. Carey part demander du soutien auprès d'un couple d'amis, Julie et Paul qui lui avouent que leur secret de bonheur est qu'ils sont un couple libre... 

Carey est incarné par Kyle Martin, qui retrouve donc après "The Climb" (2020) son partenaire et ami Michael Angelo Covino vu entre temps dans "La Mission" (2020) de Paul Greengrass ou "Riff Raff" (2024) de Dito Montiel. Les deux épouses respectives sont jouées par deux co-productrices, Adria Arjona vue dans "Hit Man" (2023) de Richard Linklater, "The Absence of Eden" (2024) de Marco Perego et "Blink Twice" (2024) de Zoë Kravitz, puis Dakota Johnson vue dans "Madame Web" (2024) de S.J. Clarkson et "Materialists" (2025) de Celine Song. Citons ensuite Nicholas Braun vu dans "Cat Person" (2023) de Susanna Fogel et "Dream Scenario" (2023) de Kristoffer Borgli, David Castaneda vu dans "Sicario : la Guerre des Cartels" (2018) de Srefano Sollima ou "Ballerina" (2025) de Len Wiseman, O.T. Fagbenle apparu dans "Par Effraction" (2006) de Anthony Minghella ou "Black Widow" (2021) de Cate Shortland, Tyrone Benskin vu dans "Les Immortels" (2011) de Tarsem Singh ou "Pieces of a Woman" (2020) de Kornel Mundruczo, puis Simon Webster aperçu dans la série TV "Lucas the Spider" (2021-2023) ou le film "The Invisibles" (2024) de Andrew Currie... Le début est un peu violent, et un peu gratuit aussi mais la course effrénée comme une fuite en avant pour oublier rattrape un peu pour nous emmener vers un premier acte plutôt jouissif, comme un plaisir coupable inoffensif mais qui pose sur la table les thématiques du film comme la jalousie, la fidélité, le désir et le sexe et surtout dans quelle proportion tout ça devrait être dosé pour un bonheur conjugal.

Ainsi deux couples d'amis se retrouvent confronter à leurs pulsions, à leurs rêves du couple idéal qu'ils sont ou qu'ils ne sont peut être pas. Le scénario est plein de trouvailles, quelques punchlines bien vues, quelques séquences vraiment hilarantes (la bagarre homérique ou les poissons manège !), et un ton qui oscille constamment entre fantaisie, humour satirique, et un mélange entre cruauté et absurde. On aime la description des couples et leurs contradictions, la lucidité sur le sujet, il manque sans doute juste un peu plus de drôlerie et/ou d'acidité, mais surtout la sous-intrigue financière paraît un brin superflue. Le plus décevant est que le rythme prend un coup de frein sur tous les paramètres dans la dernière partie, néanmoins, le duo Covino-Marvin signe une comédie pleine d'acuité et drôle juste assez pour passer un vrai bon moment.

 

Note :                 

14/20
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
A
"Libre échange", Scénario et réalisation Michael Angelo Covino.<br /> Une comédie qui démarre sur les chapeaux de roues, sans mauvais jeu de mots car au deuxième ou troisième plan du film une voiture s'envole littéralement sur le bas côté de l'autoroute sous le regard médusé d'un couple de vacanciers en pleine turlutte foireuse dans le véhicule d'à côté. Et on se dit que ça démarre fort et que le scénariste et réalisateur Michael Angelo Covino va nous emmener très loin sur un sujet certes convenu mais assez crucial: que faut-il sacrifier pour faire durer un couple? Le libre échange (des partenaires) est-il un remède efficace à l'extinction programmée du désir ou, une illusion trompeuse, une solution nettement plus couteuse au final que le délitement irrémédiable de la relation monogame? Le débat est lancé dans un enchainement de situations toutes plus explosives les unes que les autres au fur et à mesure que les 4 personnages (2 couples) explorent différentes formes de cocufiage plus ou moins assumées. On casse beaucoup de mobilier design très cher et c'est incontestablement jouissif pour le public. Le "truc" (scénar et realisation) est donc bien foutu et bien lancé mais, passées les 50 premières minutes, on commence à s'apercevoir que Michael Angelo Covino use et abuse de "trucs de comédie", certes portés par des comédiens bien castés et qui font très bien leur boulot, mais quand même des trucs de comédie derrière lesquels on voit, à mesure que film avance, des recettes déjà éprouvées. La dose d'absurde qui au début est charmante devient systématique et rend le visionnage du film de plus en plus laborieux. Les 20 à 25 dernières minutes sont épuisantes car après une galerie de personnages truculents, et de moins et moins truculents au fur et à mesure qu'ils se multiplient, on comprend que les auteurs du film sont dans une impasse tant philosophique que cinématographique. Michael Angelo Covino esquisse une conclusion intéressante: après une énième scène de cocufiage qui reforme les couples initiaux, sans pour autant résoudre quoique ce soit. Le bordel des relations de couple ne finira jamais; le couple est un problème, pas une solution. Et puis voilà qu'il remet le métier sur le fil: non en fait l'enfantement est une solution à l'angoisse métaphysique du couple; avec la paternité vient la sagesse et, si les mecs n'avaient pas autant de testostérone, la vie conjugale ne s'en porterait pas plus mal. L'ironie se perd tout au long du film et avec elle se perd doucement le rire du spectateur. La scène finale est un vrai suicide artistique tant elle contredit tout ce que la première moitié du fil promettait. A. de la B., Romainville, le 14 septembre 2025.
Répondre
S
Plutôt d'accord avec cette critique... Critique qui n'est donc as un commentaire !... Peut-être est-ce plus simple de créer votre site pour le publier... Merci de votre visite