Une Poignée de Neige (1957) de Fred Zinnemann
Un titre évocateur pour un des premiers films à pointer du doigt la toxicomanie, mais en surfant justement sur le maître étalon du genre, à savoir le grand film "L'Homme au Bras d'Or" (1955) de Otto Preminger. Le projet est d'abord celui de Michael V. Gazzo membre de l'Actors Studio qui a été professeurentre autre de Henry Silva ou Debra Winger et vu au cinéma dans "Sur les Quais" (1954) de Elia Kazan et remarqué aussi plus tard dans "Le Parrain II" (1974) de Francis Ford Coppola. Le film est en effet l'adaptation de la pièce de théâtre éponyme (1955-1956) de Gazzo qui a été joué sur les planches par Ben Gazzara et Shelley Winters. La réalisation est confiée à Fred Zinnemann qui a signé quelques grands films comme "C'étaient des Hommes" (1950), "Le Train sifflera Trois Fois" (1952) et surtout son chef d'oeuvre "Tant qu'il y aura des Hommes" (1953). L'auteur, Michael V. Gazzo co-écrit lui-même le scénario en collaboration avec Alfred Hayes qui retrouve Zinnemann après "Teresa" (1951), scénariste talentueux qui a écrit pour des films devenus des classiques comme "Païsa" (1946) de Roberto Rosselini, "Les Indomptables" (1952) de Nicholas Ray ou "Désirs Humains" (1954) de Fritz Lang. La production de Buddy Adler, déjà derrière "Tant qu'il y aura des Hommes" (1953) mais aussi "Les Inconnus dans la Ville" (1955) de Richard Fleischer ou "Bus Stop" (1956) de Joshua Logan, croit au film est espère bien réitérer le succès de Preminger ainsi Zinnemann est enturé d'une équipe chevronnée avec notamment Bernard Herrmann compositeur qui vient de débuter sa fructueuse collaboration avec Alfred Hitchcock, Joseph MacDonald Directeur Photo connu our son travail sur des films comme "La Ville Abandonnée" (1948) de William A. Wellman ou "Niagara" (1953) de Henry Hathaway, ou encore Dorothy Spencer, monteuse de plusieurs classiques comme "La Chevauchée Fantastique" (1939) de John Ford, "To Be or Not to Be" (1942) de Ernst Lubitsch ou "L'Aventure de Mme Muir" (1947) de J.L. Mankiewicz...
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Johnny Pope est un vétéran de la guerre de Corée, il vit avec son épouse Celia qui attend leur premier enfant, et avec Polo, le frère de Johnny qui est amoureux de Celia. Le père des deux frères arrive pour quelques jours pour demander à Polo de lui rendre 2500 dollars, mais Polo doit avouer qu'il n'a plus l'argent. Le père traite alors son fils comme un bon à rien tandis qu'il reste fier de Johnny. Mais un secret qui lie les deux frères détruit à petit feu les uns et les autres... Les deux frères sont incarnés par Anthony Franciosa remarqué la même année dans "Cette Nuit ou Jamais" (1957) de Robert Wise et "Un Homme dans la Foule" (1957) de Elia Kazan et vu ensuite surtout dans "Les Feux de l'Eté" (1958) de Martin Ritt ou "Rio Conchos" (1964) de Gordon Douglas, puis Don Murray révélé dans "Bus Stop" (1956) de Joshua Logan et vu plus tard dans "Duel dans la Boue" (1959) de Richard Fleischer ou "Tempête à Washington" (1962) de Otto Preminger, l'épouse Celia est jouée par Eva Marie Saint remarquée dans "Sur les Quais" (1954) de Elia Kazan ou "L'Arbre de Vie" (1957) de Edward Dmytryk et future star de "La Mort aux Trousses" (1959) de Alfred Hitchcock, tandis que le père est interprété par Lloyd Nolan vu dans "La Légion des Damnés" (1936) de King Vidor, "Johnny Appolo" (1940) de Henry Hathaway ou "Le Lys de Brooklyn" (1945) de Elia Kazan. Citons ensuite Henry Silva remarqué dans "Viva Zapata !" (1952) de Elia Kazan et future second rôle de luxe de "Bravados" (1958) de Henry King à "Ghost Dog : la Voie du Samouraï" (1999) de Jim Jarmush en passant par "Le Boss" (1973) de Fernando Di Leo ou "Virus" (1890) de Kinji Fukasaku, William Huckey apparu plus tard dans "L'Etrangleur de Boston" (1968) de Richard Fleischer, "Little Big Man" (1970) de Arthur Penn ou "Le Nom de la Rose" (1986) de Jean-Jacques Annaud, Paul Kruger apparu dans plus de 240 rôles et qui retrouve Zinnemann après "La Septième Croix" (1944) et "Le Train sifflera Trois Fois" (1952), puis enfin Herb Vigran apparu dans plus de 400 rôles entre "La Joyeuse Aventure" (1935) de Nick Grinde à "Cheeseburger Film Sandwich" (1987) de Joe Dante en passant par "Monsieur Verdoux" (1947) de et avec Charles Chaplin, "La Peur au Ventre" (1955) de Stuart Heisler ou "Y a-t-il un Pilote dans l'Avion ?" (1980) des ZAZ... Souvent les résumés du film sont légèrement mensongers, en fait Johnny/Murray est déjà revenu depuis un moment de la guerre et est déjà un accroc dépendant à la drogue quand le film débute, et le secret des frères est déjà un ver dans le fruit depuis plusieurs mois. C'est plutôt judicieux, le film aurait fait facilement 15-20mn de plus s'il avait fallu un prologue explicatif, et surtout cela permet d'imposer un premier drame, un premier accrochage entre les frères et leur père sans qu'on sache de quoi il s'agit réellement même si one le devine ensuite très vite. Ensuite on a 2-3 questions qui nous taraudent l'esprit... ATTENTION SPOILERS !... Comment l'épouse n'a-t-elle rien vu venir depuis tous ces mois ?! Comment et pourquoi le couple vit-il en avec le frère, surtout depuis aussi longtemps ?!... FIN SPOILERS !...
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Le triangle amoureux est un peu téléphoné, et pas franchement utile même si Eva Marie Saint joue parfaitement la femme émotionnellement perdue et qui permet à Polo/Franciosa de confirmer qu'il est la véritable victime de l'histoire. Mais forcément le plus intéressant reste la crise intestine entre les frères et le père, où comment un homme devient le vilain petit canard par amour et loyauté envers son frère héros de guerre et surtout héros du père tout aussi aveugle que l'épouse. Le récit s'enfonce doucement mais sûrement dans la tragédie inévitable au fil des crises de manque qui se font de plus en plus terrible. La partie polar nourri cette crise, montre le danger en filigrane du milieu sans pour autant parasiter le drame familial. Les acteurs sont impeccables, Eva Marie Saint n'est pas aidée par un personnage trop indécise oui trop naïve et un peu effacée face à un trio masculin qui porte l'intrigue et la tragédie avec un point bonus pour l'excellent Polo/Anthony Franciosa. Il est certain qu'il subit la comparaison avec son aîné "L'Homme au Bras d'Or" (1955) mais s'en sort magnifiquement, avec une descente en enfer crédible et réaliste avec un dimension "préventive" inattendue et salutaire en avance sur son temps. A voir et à conseiller.
Note :
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