Un Talent en Or Massif (2022) de Tom Gormican

par Selenie  -  21 Avril 2022, 16:21  -  #Critiques de films

Second long métrage de Tom Gormican après sa comédie romantique "Célibataire... Ou Presque" (2014), et après un passage télé avec la série TV "Ghosted" (2017-2018). Le cinéaste continue dans la comédie mais cette fois avec un grain de folie beaucoup plus appuyé puisqu'il met en scène la star Nicolas Cage dans son "presque" propre rôle. Tom Gormican explique plus précisément : "Nick est devenu un phénomène qui dépasse son statut d'acteur. Il est à présent une icône culturelle. Alors que la culture devient de plus en plus surprenante et la mode, de plus en plus excentrique, Nicolas Cage s'impose comme le saint patron de l'étrangeté ! Les gens sont contents rien qu'en voyant son visage. C'est franchement intéressant et j'ai donc voulu creuser le sujet et mieux cerner sa personnalité." Tom Gornican co-signe son scénario avec Kevin Etten surtout connu comme réalisateur-scénariste-acteur sur la série TV "Workaholics" (2011-2017)... Nicolas Cage est un acteur endetté, sa carrière est au ralenti et il attend avec impatience le rôle qui relancerait sa carrière. En attendant, pour toucher un gros cachet son agent le pousse à se rendre à l'anniversaire d'un milliardaire qui est un de ses grands fans. Mais lors de son séjour, la CIA le contacte pour qu'il espionne son hôte et en apprendre davantage sur ses activités criminelles. L'acteur accepte voyant dans cette mission l'opportunité d'assurer le rôle de sa vie... 

Evidemment, Nicolas Cage est incarné par Nicolas Cage, dans un rôle plus vrai que nature puisqu' effectivement l'acteur est quasi has been depuis plus d'une dizaine d'années surnageant de temps à autre avec notamment l'excellent "Joe" (2013) de David Gordon Green, "Dog Eat Dog" (2016) de Paul Schrader, "Snowden" (2016) de Oliver Stone ou récemment "Pig" (2021) de Michael Sarnoski. Le milliardaire est incarné par Pedro Pascal remarqué dans la série TV "Game of Thrones" (2014) puis au cinéma dans "La Grande Muraille" (2016) de Zhang Yimou, "Triple Frontière" (2019) de J.C. Chandor ou "Wonder Woman 1984" (2020) de Patty Jenkins. L'acteur a une ex-femme alias Sharon Horgan vue dans les comédies "Game Night" (2018) de John Francis Daley-Jonathan Goldstein et "The Singing Club" (2019) de Peter Cattaneo, tandis qu'il a une fille jouée par la méconnue mais pas pour longtemps Lily Mo Sheen qui n'est autre que la fille de Michael Sheen et Kate Beckinsale. L'agent de l'acteur est interprété par Neil Patrick Harris particulièrement rare sur grand écran n'ayant par exemple tourné que deux films ces huit dernières années avec "Downsizing" (2017) de Alexander Payne et "Matrix Resurrection" (2021) de Lana Wachowski. Citons ensuite Ike Barinholtz vu dernièrement dans "The Hunt" (2020) de Craig Zobel et "Moxie" (2021) de Amy Poehler mais ayant débutée dans les comédies potaches signées Jason Friedberg et Aaron Seltzer dont "Spartatouille" (2008) après lequel il retrouve sa partenaire Tiffany Haddish vue récemment dans "Like a Boss" (2020) de Miguel Arteta et "The Card Counter" (2021) de Paul Schrader, , Alessandra Mastronardi vue dans "To Rome with Love" (2012) de Woody Allen et "Life" (2015) de Anton Corbijn, et enfin Jacob Scipio vu dans "Bad Boys for Life" (2020) de Adil El Arbi-Bilall Fallah et "Sans Aucun Remords" (2021) de Stefano Sollima, et en prime un petit caméo de  Demi Moore qui a en commun avec Nicolas Cage d'avoir une carrière en déclin depuis des années mais vue récemment dans "Pire Soirée" (2017) de Lucia Aniello ou "Songbird" (2020) de Adam Mason... Evidemment, les stars qui jouent leur propre rôle est un sujet déjà maintes fois abordés, un sous-sous-genre qui a déjà offert quelques pépites. On peut citer les réunions de stars avec "Les Acteurs" (2000) de Bertrand Blier et "Le Bal des Actrices" (2008) de et avec Maïwenn, le côté fun ou délirant avec "Last Action Hero" (1993) de John McTiernan et  "Dans la Peau de John Malkovich" (1999) de Spike Jonze, l'option narcissique avec "Grosse Fatigue" (1994) de et avec Michel Blanc ou "Rock'n Roll" (2017) de et avec Guillaume Canet, mais si on pense aux côtés has been ou presque vu les dernières années de Nicolas Cage on a une petite pensée pour le joli "JCVD" (2008) de Mabrouk El Mechri.

Pour ce film on peut dire que ça mix la fiction d'un "Last Action Hero" et la nostalgie de "JCVD", Nicolas Cage fait montre d'une auto-dérision fun où il n'est pas question de s'apitoyer mais plutôt d'assumer sa carrière et ce qu'il est devenu. Ainsi, au bord de la banqueroute Nick Cage accepte un gros cachet pour participer à l'anniversaire d'un milliardaire qui s'avère un fan absolu. Mais alors que finalement l'acteur passe un bon moment avec son hôte la CIA le force à les aider afin de confondre ce criminel. Soudain tout change. Ironiquement tout change aussi pour le film. Dans la première partie, on suit un Nick Cage en quasi dépression qui est petit à petit séduit par son hôte, vrai fan qui semble avoir un talent d'écriture. Entre délire entre amis, clins d'oeil à sa filmo cette première partie est vraiment savoureux. Le rythme s'accélère après que Cage devienne espion à l'insu de son plein gré, le jeu du chat et de la souris reste efficace tout en s'amusant autant que les acteurs sur leurs délires plus ou moins inspirés. Malheureusement à partir de là, plus ça va moins il y a de finesse (si on peu appeler ça comme ça), moins il y a d'idées et de trouvailles, le récit se focalisant ensuite plus sur l'intrigue criminelle plutôt que de rester sur le duo créateur. Le final est donc plus classique, comme n'importe quel final de blockbuster façon 007. En gros la dernière demi-heure est la moins originale, la plus basique, la moins surprenante. Dommage car l'introspection de Nicolas Cage et les réflexions sur sa carrière sans être trop explicatives, sont souvent pertinentes, les références placées avec parcimonie et surtout permet d'être compréhensibles des fans comme des néophytes. En prime une sorte de double démoniaque, "Nicky", symbolise son apogée des années 80-90, obsédé par un passé qui semble de plus en plus loin. Le film est parsemé d'idées géniales mais la plupart rassemblées dans la première heure, tandis que la dernière demi-heure offre plus d'action mais moins d'humour ce qui crée un décalage trop important. Néanmoins, il y a les atouts, en premier lieu la performance de Nicolas Cage en très grande forme, qui s'amuse clairement et ça imprime la pellicule, puis la bonne surprise avec Pedro Pascal qui tient la dragée avec dérision. En conclusion, un film jouissif et délirant, parodique aussi et souvent foutraque mais le plaisir prend le pas et quelle joie de voir un Nicolas Cage aussi en forme !

 

Note :                  

14/20
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :